Publié le 7 May 2026 - 08:55
DÉCÈS ET COMPLICATIONS LIÉS AUX AVORTEMENTS NON SECURISES  

L’AJS lance un nouveau projet sur deux ans

 

« Promouvoir l’autonomie et l’intégrité corporelles : faire du Protocole de Maputo une réalité en Afrique ». C’est l’intitulé du nouveau projet de l’Association des juristes sénégalaises (AJS) qui a été lancé la semaine dernière. Mis en œuvre au Sénégal pour une durée de deux ans, dans le cadre du programme « AmplifyChange » et « Akina Mama Wa Africa », une organisation féministe panafricaine de développement du leadership, fondée en 1985 et basée à Kampala, en Ouganda, il s’inscrit dans la dynamique continentale portée par la coalition Solidarity for African Women’s Rights (SOAWR), un réseau regroupant plus de 70 organisations de la société civile dans plus de 30 pays africains, engagé pour la promotion, la ratification, la domestication et la mise en œuvre effective du Protocole de Maputo.

La mise en œuvre du projet, selon un document parcouru par EnQuête, s’appuie sur l’organisation de la coalition en clusters régionaux, qui constituent des cadres de coordination et de collaboration entre les organisations membres. Ainsi, les actions sont déployées à travers plusieurs clusters, notamment en Afrique de l’Ouest anglophone, Afrique de l’Ouest francophone (coordonné depuis le Sénégal), Afrique centrale, Afrique de l’Est, Afrique du Nord et Afrique australe.

L’objectif du projet est de contribuer à la réduction des décès et des complications liés aux avortements non sécurisés, en favorisant un environnement plus protecteur pour la santé de la reproduction des femmes et des filles. Plus spécifiquement, il vise à renforcer les capacités des acteurs juridiques, sanitaires et médiatiques, à sensibiliser les décideurs publics, à promouvoir un dialogue inclusif et à développer un plaidoyer stratégique fondé sur des arguments juridiques, sanitaires et socioculturels.

Le projet s’adresse aux autorités étatiques (ministères de la Santé, de la Famille, etc.), aux parlementaires, aux organisations de la société civile, aux journalistes, aux leaders communautaires, coutumiers et religieux, ainsi qu’aux acteurs de la santé sexuelle et reproductive. Le projet vise à renforcer les capacités des acteurs clés, à améliorer la qualité du débat public, à favoriser une meilleure appropriation du Protocole de Maputo, à influencer les politiques publiques et à contribuer à un environnement plus protecteur des droits de la santé reproductive des femmes et des filles. Il vise à transformer les engagements en actions concrètes, à travers un dialogue inclusif et informé. Il s’agit, au-delà des textes, de protéger la vie, la santé et la dignité des femmes et des filles. « Au Sénégal, malgré l’existence d’un cadre juridique encadrant la santé sexuelle et reproductive, le contexte demeure marqué par des restrictions importantes, notamment en matière d’accès à des services sécurisés », constate-t-on.

Conformément au plan d’action, les principales actions prévues sont l’organisation de l’atelier de lancement du projet, l’organisation d’un atelier de stratégies de plaidoyer, la réalisation d’une cartographie des acteurs en santé sexuelle reproductive (SSR) au Sénégal, l’élaboration de livrets d’argumentaires juridiques et religieux, l’organisation d’ateliers avec les parties prenantes, la production d’émissions radios de sensibilisation et l’organisation d’un atelier de capitalisation.

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