Publié le 23 Jul 2018 - 09:48
ENTRETIEN AVEC ASSOM AMINATA DIATTA, DIRECTRICE DU COMMERCE EXTERIEUR

‘’La balance commerciale entre les deux partenaires commerciaux est bien déficitaire’’

 

La Chine est devenue, ces dernières années, un des partenaires commerciaux privilégiés du Sénégal. Comment appréciez-vous cette coopération en tant que directrice du Commerce extérieur ?

 C’est un exemple de réussite de coopération Sud-Sud entre la République du Sénégal et la République populaire de Chine. En effet, l’ouverture de son marché aux pays les moins avancés d’Afrique dont le Sénégal, conformément à ses engagements contenus dans le Plan d’action d’Addis-Abeba adopté en 2003, lors du 2e Forum sur la coopération sino-africaine et de la mise en application de l’annexe F de la Déclaration ministérielle de Hong Kong en décembre 2005, a permis de bénéficier d’un cadre préférentiel avec un tarif zéro pour 97 % de lignes tarifaires (8 chiffres) dont 442 sont déjà en vigueur. Ce cadre préférentiel est une opportunité pour le secteur privé national, malgré les difficultés constatées sur l’opérationnalisation de ce dispositif, la concentration de notre fort potentiel à l’export dans les 3 % restants du tarif chinois.

A combien sont estimés les échanges commerciaux entre les deux pays ?

Les importations sénégalaises en provenance du la République populaire de Chine sont passées de plus de 185 milliards de francs Cfa en 2012 à plus de 321 milliards de francs Cfa en 2016, soit une hausse exponentielle de la dépendance du Sénégal face à ce marché. Les exportations sénégalaises à destination du la République populaire de Chine ont également connu une très forte hausse, passant de plus de 7 milliards de francs Cfa en 2012 à plus de 74 milliards de francs Cfa en 2016 (voir tableau statistique).

Le constat est que le Sénégal importe plus qu’il exporte vers la Chine. Y a-t-il une possibilité d’avoir des échanges équitables à ce propos ?

 La balance commerciale entre les deux partenaires commerciaux est bien déficitaire. En effet, le Sénégal importe plus de la Chine qu’il n’exporte vers ce marché. Il faut noter que la structure des importations révèle un besoin sénégalais en produits destinés à l’industrie nationale dans son ambition de transformation structurelle de son économie. Alors que les exportations portant sur des produits de base avec un rythme de croissance moins élevé que celui des importation, l’équilibre de la balance commerciale entre les deux partenaires pourra se prévoir avec beaucoup d’efforts de la part du Sénégal en diversifiant son offre exportable avec des produits à forte valeur ajoutée.

Est-ce que le gouvernement sénégalais est en train de mettre en place des stratégies pour booster ses exportations vers la Chine ?

 Bien évidemment, de manière structurelle, une stratégie globale de développement des exportations est mise en place au Sénégal avec une approche chaine de valeur pour permettre à l’offre sénégalaise de profiter des cadres préférentiels octroyés par des pays comme la Chine pour booster nos exportations.

Quels sont les enjeux de la visite prochaine du président Xi Jinping pour le Sénégal en général et votre département en particulier ?

La visite du président chinois peut servir de cadre pour la négociation de l’intégration de certains produits stratégiques pour le Sénégal, dans le cadre préférentiel existant. Conformément à la volonté des deux chefs d’Etat de porter la coopération bilatérale sénégalo-chinoise à une nouvelle étape de développement (2016), des possibilités d’accès au marché chinois des produits sénégalais compétitifs contenus dans les 3 % du tarif chinois sous droit de douane peuvent être négociées à l’occasion du séjour de Son Excellence le Président Xi Jinping.

 

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