Publié le 9 Dec 2012 - 10:00
FINANCE

La BCEAO gèle ses taux au plus bas, la balle dans le camp des banques

 

C'est le paradoxe au sein des économies de l'Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA). Le Comité de politique monétaire a décidé de maintenir inchangés les taux directeurs de la BCEAO (Banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest).

 

''Le taux d'intérêt minimum de soumission aux opérations d'appels d'offres d'injection de liquidités et le taux d'intérêt du guichet de prêt marginal reste respectivement fixés à 3% et 4%'', a informé le Gouverneur de la BCEAO, Tiémoko Meyliet Koné, vendredi, lors de la quatrième et dernière session ordinaire 2012 du Comité de politique monétaire, tenue hier au siège de l'institution à Dakar.

 

Ces taux, fixés après analyse de l'activité économique au sein de UEMOA, sont au niveau ''le plus bas actuellement'', a soufflé une source bien au fait de l'activité bancaire.

 

Malgré tout, les banques qui se refinancement à la BCEAO tardent à suivre la tendance baissière, ralentissant du coup les efforts communautaires pour le relèvement des taux de bancarisation anormalement bas. Vendredi dernier, lors de la rencontre entre les autorités de la BCEAO et l'Association professionnelle des banques et établissements financiers (APBEF) de l'UEMOA, la question de la baisse des marges d'intérêt a été évoquée. Le Gouverneur avait clairement formulé son vœu de voir les institutions financières classiques réduire leurs marges d'intérêt. L'APBEF, par la voix de son président Cheikh Tidiane Ndiaye, avait pris acte sans donner de délai d'application.

 

 

Perspectives meilleures

 

Par ailleurs, le tableau de l'activité économique au sein de l'UEMOA a été dressé lors de ce dernier Comité politique monétaire. Examinant les perspectives économiques, l'instance de décision a estimé que les performances en matière de croissance seraient meilleures que prévues. ''L'indice de la production industrielle est en augmentation de 3% au troisième trimestre, après des progressions de 1,4% et 3,2% au premier et au deuxième trimestre 2012.

 

L'indice du chiffre d'affaires du commerce de détail enregistre, pour sa part, un net accroissement de 17,6% sur les neuf premiers mois de l'année, comparé à la hausse de 6,5% sur la même période de 2011'', a fait savoir Armand Badiel, directeur des études à la BCEAO, donnant lecture d'un communiqué de presse.

 

En outre, le Comité a relevé une légère remontée de l'indice harmonisé des prix à la consommation au troisième trimestre, avant de connaître une décélération en décembre . ''Le taux est passé de 2,1% en juin à 2,7% en fin septembre, pour revenir à 2,5% en décembre. En moyenne annuelle, le taux d'inflation s'établirait à 2,3% en 2012 contre 3,8% en 2011'', note Armand Badiel.

 

 

PIERRE BIRAME DIOH

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