Makhtar Cissé insiste sur la mobilisation des forces

À quelques jours de l’ouverture des Jeux olympiques de la jeunesse, le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique a rappelé les exigences de sécurisation de l’événement et défendu la suspension temporaire des Navétanes. Lors de l’accueil de 53 experts français, ce lundi 26 octobre à Dakar, Mouhamadou Makhtar Cissé a également annoncé la signature de l’arrangement administratif encadrant leur déploiement.
« Le risque zéro n’existe nulle part. » À quelques jours de l’ouverture des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ), Mouhamadou Makhtar Cissé a rappelé la nécessité de préparer les forces aux différents scénarios d’incident, tout en maintenant leurs missions quotidiennes de protection des populations. Le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique s’exprimait ce lundi 26 octobre à la Résidence de France, au Cap Manuel, lors de la cérémonie d’accueil des experts français venus appuyer le dispositif sénégalais. Composé de 53 policiers, gendarmes et spécialistes de la sécurité civile, ce contingent travaillera avec les services sénégalais dans plusieurs domaines techniques.
Le ministre a indiqué avoir signé, le matin même, l’arrangement administratif officialisant ce déploiement. En présence de l’ambassadrice de France, Christine Fages, et de responsables militaires et sécuritaires des deux pays, Mouhamadou Makhtar Cissé a salué l’accompagnement français en matière d’équipements, de financement et de formation. Il a également rendu hommage aux équipes sénégalaises chargées de préparer et de coordonner les opérations.
Déminage, lutte contre les drones et communications
Le déminage, la lutte contre les drones et les communications opérationnelles figurent parmi les spécialités mobilisées. Cet appui doit accompagner la sécurisation des sites et la coordination des services engagés pendant les Jeux. Pour le ministre, la mission commence dès l’arrivée des délégations sur le territoire et se poursuit jusqu’à leur départ. Elle implique la police, la gendarmerie, l’armée, les sapeurs-pompiers et la protection civile. Les exercices, tests et simulations réalisés en amont doivent permettre d’éprouver les procédures, de repérer les difficultés et de préparer les interventions.
Mouhamadou Makhtar Cissé a aussi rappelé que la mobilisation autour des JOJ ne dispense pas les forces de leurs responsabilités habituelles. La protection des athlètes, des délégations, des officiels et du public doit s’articuler avec la sécurité quotidienne des populations. Christine Fages a, pour sa part, replacé l’arrivée du contingent dans une coopération engagée depuis 2019 autour de la préparation des Jeux.
« Nous accueillons aujourd’hui 53 policiers, gendarmes, membres de la Sécurité civile française qui, sur des métiers d’expertise précis, collaborent avec leurs homologues sénégalais pour la sécurisation des JOJ de Dakar 2026 », a-t-elle déclaré. Cette coopération s’appuie notamment sur les échanges et les missions d’observation organisés autour des Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024.
Les Navétanes suspendus pour concentrer les moyens
Le ministre de l’Intérieur a également défendu la suspension temporaire des compétitions de Navétanes. Il a expliqué que ces rencontres mobilisent habituellement d’importants effectifs de police et de gendarmerie dans les stades. Leur interruption doit permettre de concentrer davantage de moyens sur la sécurisation des JOJ. Son intervention a toutefois dépassé la seule question des effectifs. Revenant sur les violences enregistrées autour de certaines compétitions, Mouhamadou Makhtar Cissé a appelé à une réflexion sur l’avenir du mouvement navétane et sur sa place dans les quartiers.
Il a insisté sur la nécessité de préserver ses dimensions culturelle, éducative et sociale : les retrouvailles entre jeunes, l’animation des quartiers, l’investissement humain et l’apprentissage du civisme. Pour le ministre, les violences autour des rencontres sportives compromettent cette vocation. La suspension intervient ainsi dans un contexte de mobilisation sécuritaire exceptionnelle, mais aussi de préoccupations sur les conditions de déroulement de ces compétitions populaires.
Une coopération au-delà de la sécurité
L’accompagnement français des JOJ comprend également des volets liés aux infrastructures sportives, à la formation et aux métiers de l’événementiel. Christine Fages a évoqué les interventions concernant le stade Iba-Mar-Diop et la piscine olympique, ainsi que la formation de 309 jeunes de la sous-région dans le cadre de la Learning Academy, en collaboration avec le comité d’organisation.
Elle a aussi présenté l’Alliance JOKO comme un cadre de partage de connaissances entre les équipes de Paris 2024 et celles de Dakar 2026. Mouhamadou Makhtar Cissé a salué la continuité de cette coopération entre le Sénégal et la France, malgré les aléas politiques. Avec l’arrivée du contingent et la signature de l’arrangement administratif, cet accompagnement entre désormais dans sa phase opérationnelle, à quelques jours de l’ouverture des Jeux.
Fatou BA






