L’Osidea alerte sur le coût d’un blocage budgétaire

Les désaccords autour du Projet de loi de finances rectificative 2026 inquiètent l’Observatoire de suivi des indicateurs de développement économique en Afrique. Dans une note parvenue à la rédaction d’EnQuête, l’Osidea souligne que ces tensions interviennent dans un contexte de dégradation des équilibres macroéconomiques et appelle les institutions à rechercher un compromis.
À l’appui de son alerte, l’Observatoire relève plusieurs données du PLFR : une croissance révisée de 5 % à 2,7 %, un déficit budgétaire porté à 7,6 % du PIB, une baisse de 340 milliards de francs CFA des recettes budgétaires et une réduction de 555 milliards des investissements publics. Le besoin global de financement s’établit, selon la note, à 6 774 milliards de francs CFA, dont 4 516 milliards destinés au remboursement du principal de la dette publique.
Pour l’Osidea, ces chiffres soulèvent des interrogations sur la fiabilité des prévisions initiales, les résultats des mesures de mobilisation des recettes inscrites dans le Plan de redressement économique et social (Pres), ainsi que sur les arbitrages touchant l’investissement public. Ils doivent, estime-t-il, conduire les pouvoirs publics à préserver la stabilité économique et la crédibilité financière de l’État.
L’Observatoire attend ainsi de l’Exécutif une programmation budgétaire réaliste, transparente et soutenable, reposant sur des hypothèses crédibles et des priorités clairement justifiées. Il demande notamment une évaluation approfondie des conséquences de la réduction des investissements publics sur l’emploi, l’activité des entreprises et le développement territorial.
À l’Assemblée nationale, l’Osidea rappelle la nécessité d’exercer pleinement les prérogatives de contrôle, d’amendement et de vote du budget. Il invite toutefois les députés à mesurer les effets économiques et sociaux d’un blocage prolongé. À ses yeux, le contrôle parlementaire doit contribuer à améliorer la qualité de la dépense publique, sans déboucher sur une impasse institutionnelle.
Au-delà des divergences politiques, l’Observatoire insiste sur les risques d’une paralysie budgétaire. Celle-ci pourrait, prévient-il, affaiblir la confiance des investisseurs et des partenaires financiers, compliquer la mobilisation des ressources et retarder le règlement des 300 milliards de francs CFA d’arriérés intérieurs prévus. Autant de difficultés susceptibles de peser davantage sur les entreprises et les ménages.
Face à ces enjeux, l’Osidea appelle le Gouvernement et l’Assemblée nationale à privilégier le dialogue et à rendre plus transparents les arbitrages budgétaires. Le compromis recherché devrait permettre de préserver les investissements productifs et les dépenses sociales prioritaires, tout en assurant la soutenabilité des finances publiques.
L’organisation recommande également de renforcer les mécanismes de concertation et de redevabilité, afin que les choix budgétaires répondent aux exigences de performance économique, de justice sociale et de développement durable.
« Le Sénégal ne peut se permettre d’ajouter une crise institutionnelle prolongée aux difficultés économiques et financières auxquelles il est déjà confronté », avertit l’Observatoire. Il estime qu’une crise de confiance économique pourrait compromettre durablement les perspectives de développement du pays.






