Idy reprend l’offensive

Signant son grand retour dans le débat public depuis le revers électoral de 2024, Idrissa Seck va rester dans l'opposition. Le président du parti Rewmi, qui a rompu le silence ce mardi, se positionne désormais clairement comme une alternative pour les échéances électorales futures, la présidentielle de 2029 par exemple, sa cinquième probable participation depuis 2007.
Le président du parti Rewmi interrompt sa longue hibernation en déjouant d’abord tous les pronostics. En effet, Idrissa Seck ne bascule pas dans l’escarcelle de la mouvance présidentielle portée par Kiiraay, Les Patriotes Républicains.
Cependant, pourquoi ce long silence ? Le cinquième à la dernière présidentielle répond de façon précise à cette question : « Depuis les dernières élections présidentielles de mars 2024, j’ai observé le silence. D’abord par respect pour le choix de mes compatriotes, car en démocratie le peuple seul est souverain. Et ensuite parce que l’inexpérience des nouvelles autorités nécessitait que leur soit accordé un temps d’observation plus long ».
L'ancien maire de Thiès, un peu plus provocateur, estime que le pouvoir actuel a largement été assez challengé : « Deux ans et demi (la moitié du mandat présidentiel) me paraissent suffire comme temps pour faire la preuve de ce dont on est capable ».
Lors de cet échange avec la presse qui a répondu massivement à l'appel de « Ndamal Kadior », ce dernier a continué de tout peindre en rouge : « Le Sénégal est aujourd’hui méconnaissable. Les notes économiques du pays sont dégradées par toutes les agences de notation. Le tissu social est déchiré ». À en croire l'ancien personnage important du Parti démocratique sénégalais (PDS), « le débat démocratique est remplacé par des menaces et des insultes ; les uns allant jusqu’à appeler les autres “kulunas” ou “moutons”, selon les camps d’appartenance, gommant ainsi tout respect et toute humanité entre concitoyens ».
Dénonçant par ailleurs l'effritement de la démocratie sénégalaise, M. Seck, se montrant encore beaucoup plus alarmiste, laisse entendre que les Sénégalais ne sont pas encore au bout de leurs peines.
Face à ce tableau de bord inquiétant, Idrissa Seck suppose que la « mobilisation d’un nombre considérable de compatriotes d’ici et de la diaspora, tous profondément peinés par les difficultés des populations et inquiets pour l’avenir immédiat du pays », demeure un bon signe d'espoir.
Pour lui, ce qui gangrène actuellement le Sénégal n'est pas uniquement d'ordre économique. Ainsi, à l'endroit de ceux qu'on pourrait qualifier de forces vives de la nation, indispensables pour la reconstruction nationale, M. Seck soutient ceci : « Nous saluons surtout leur engagement à tout mettre en œuvre pour se donner les moyens de redresser la situation, réparer ce qui est abîmé et remettre le pays sur le chemin de la prospérité économique et du rayonnement international. Nous saluons également leur volonté de construire un véritable cordon sanitaire contre le populisme trompeur, porteur de germes destructeurs pour notre pays ».
Si on se fie au président du parti Rewmi, la profondeur de la crise que traverse le pays appelle un véritable sursaut national pour sauver la République, les institutions, le « bien vivre ensemble », extirper la haine entre compatriotes et éviter le risque de continuer dans l’erreur. « Le moment est venu de redonner la parole au peuple et de l’accompagner dans sa volonté clairement perceptible de mettre fin à l’aventure populiste »
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Leçon sue pour Idy Mais à l’heure actuelle, que vaut réellement Idrissa Seck, quel est son poids électoral ? À ce propos, il faut d’emblée relever que l’ancien maire de Thiès n’a pas fait mieux qu’une cinquième place lors de la dernière présidentielle, avec 0,9 % des suffrages. À titre de comparaison, l’ancien Premier ministre sous Wade talonnait Macky Sall en 2019 avec un score de 20 %. Toujours est-il que le libéral n'a pas commis « l'erreur » de 2022, alors que nous étions à la veille des élections législatives. À l'époque, Idy avait rejoint Benno Bokk Yaakar dans la conquête de l'Hémicycle. Il n'aura pas été approximatif dans ses calculs politiques, car cette option faite de prêter allégeance à Macky, intervenue quatre ans en arrière, a sans doute eu un effet dans l'obtention d'un si faible score à l'échéance électorale de 2024. Il aura retenu la leçon. |
MAMADOU DIOP






