Publié le 10 Feb 2015 - 10:31
LIBRE PAROLE

Dieudo au charbon de Gayssot ! Mais Canteloup c'est du Franc CFA!

 

L'Humoriste français Dieudonné vient d'être condamné par le tribunal correctionnel de Paris, à  payer 30000, euros, pour provocation à la haine raciale à la suite de propos visant le journaliste de France Inter Patrick Cohen qui avaient déclenché le processus d'interdiction de son spectacle "Le Mur" il y a un an.

C’est dans un reportage diffusé en décembre 2013 sur France 2 que l’humoriste avait lâché : "Tu vois, lui, si le vent tourne, je ne suis pas sûr qu'il ait le temps de faire sa valise. Quand je l'entends parler, Patrick Cohen, je me dis, tu vois, les chambres à gaz... Dommage" !

Ses propos ont été jugés comme une provocation à la haine et l’ont donc mené, une nouvelle fois, devant le tribunal correctionnel. Dieudonné s'en prenait depuis plusieurs mois au journaliste de Radio France qui avait publiquement assuré qu'il n'inviterait jamais le polémiste et égratigné des confrères refusant d'envisager un tel boycott.

Mais la large diffusion de ces propos avait déclenché une vive réaction de Manuel Valls, alors ministre de l'Intérieur, qui avait donné instruction aux préfets d'engager des mesures d'interdiction de représentations du spectacle pour risque de "troubles à l'ordre public".

La justice administrative ayant rejeté les recours de Dieudonné contre ces interdictions, et le polémiste avait  finalement présenté une nouvelle version de son spectacle, expurgée de ses attaques les plus frontales contre les Juifs.

Pourtant son alter ego, Nicolas Canteloup, n'a pas subi le même sort, quand —Imitant Julien Courbet— il s'adressait à un certain M. Hutu. Dans les pièces de l'un de ses sketchs macabre sur le génocide Rwandais "Vous avez découpé, macheté et carpaccioté sa famille, alors qu'apparemment il n'en avait pas exprimé le désir (...) Vous lui auriez également découpé les bras bien dégagés au dessus des coudes, il a d'ailleurs eu le plus grand mal à vous écrire, du coup, avec les conséquences désagréables qu'on imagine, perte d'une montre de famille, impossibilité désormais de faire du stop", imite-t-il. Les rires sont nourris en studio.

Et ce avant de renchérir:«Fais dodo, Colas mon petit frère / Fais dodo car les autres sont morts / Maman est en haut / Coupée en morceaux / Papa est en bas / Il lui manque les bras»

Un sketch "ignoble" et attentatoire à la mémoire et dignités des centaines de milliers de noirs qui sont morts dans le génocide. Ce qui avait provoqué l'indignation de (CRAN) conseil représentatif des associations Noirs qui —indigé de voir qu'il n'a suscité "aucune réaction" en studio— demandait auprès (CSA) d'appliquer des mesures énergiques.

Seulement "Quand il s'agit des Noirs, à l'évidence, on peut tout se permettre, se lamente, Louis-Georges Tin, président du CRAN.

Mais il est temps que cela cesse. Ce soi-disant humour masque mal une forme extrême de mépris et d'abjection. Devant le crime contre l'humanité, esclavage, Shoah, Rwanda, on ne rit pas, on fait silence".

La loi Gayssot, promulguée le 13juillet 1990, vise à réprimer tout acte raciste, antisémite ou xénophobe, et interdit la négation de l’Holocauste. Cette loi est Vivement critiquée par les uns, estimée nécessaire par les autres, elle a pris place dans l’appareil juridique que constitue la loi du 29 juillet 1881 sur la presse dont il faut rappeler qu’elle est d’abord la garante de la liberté d’expression. Comme droit fondamental de la personne humaine, la liberté d’expression est garantie par la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 inscrite au préambule de la Constitution, par la Déclaration universelle des droits de l’homme, par la Déclaration européenne des droits de l’homme puis réaffirmée encore dans la Charte européenne des droits de l’homme.

Comme il n’existe pas de liberté absolue, il est partout rappelé que chacun peut en jouir sauf à répondre des abus de cette liberté.

Seulement c'est Conscient que, cette innovation juridique entre en conflit directe avec la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, qui consacre la liberté d’expression, et avec la devise même de la République, la classe politique (députés et sénateurs quasi-unanimes, Président de la République, Président de l’Assemblée Nationale, Président du Sénat) décide de ne pas transmettre cette loi au Conseil Constitutionnel, de crainte qu’il ne soit contraint de la censurer.

Même en 2010, la Cour de Cassation, saisie au titre de la nouvelle procédure de la « Question Prioritaire de Constitutionnalité », entérine ce déni de droit en refusant à son tour de transmettre la loi au Conseil Constitutionnel, au motif qu’elle n’aurait pas de « caractère sérieux.

Mais ne s'arrête pas là mais réprime le blasphème a son égard c'est-à-dire l’irrévérence à l'égard de l'Holocauste.

Jean-Marie Le Pen en a vécu une amère expérience, avec son calembour scabreux sur « Durafour crématoire ».

Pourtant une société qui élève l’irrévérence en absolu, « ni Dieu ni Maître ». Laquelle société où un animateur de télévision est applaudi pour avoir demandé à un ancien Premier ministre si « sucer, c‘est tromper ». Une société où un crucifix noyé dans l’urine de l’ « artiste » (« Piss Christ ») est présenté dans les musées publics s’accommode mal du retour du délit de blasphème. (…)

On ne peut pas approuver le sacrilège ici et le réprimer là sans mettre en jeu sa crédibilité.

Serigne Fallou Dieng Abu loubaabat

Président du cercle des intellectuels soufis

 

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