Publié le 21 Sep 2012 - 15:09
PROGRAMME DÉCENNAL DE 767 MILLIARDS POUR LES INONDATIONS

Les conditions posées par les sinistrés

 

 

Le gouvernement du Sénégal a adopté un programme décennal de 746 milliards pour venir à bout des problèmes liés aux inondations, au cours d'un conseil présidentiel tenu mercredi. Les sinistrés de la banlieue et les associations de lutte contre les inondations disent attendre de connaître les tenants et les aboutissants de ce plan.

 

 

 

L'idée du gouvernement de reloger certains sinistrés touchés par les inondations est prise avec beaucoup de pincettes par les populations de la banlieue. Elles veulent savoir où, comment et dans quelles conditions les relogements se feront.

 

Abibatou Sylla habite le populeux quartier de Médina Gounass. La trentaine bien sonnée, elle ne cache pas son scepticisme. ''Avant de reloger qui que ce soit, il faudra qu'on nous en explique les modalités. On ne veut pas revivre le calvaire qu'ont vécu les relogés de Jaxaay. Je suis partante, si c'est pour atténuer nos souffrances. Par contre, si c'est pour vivre le même calvaire que nous vivons depuis l’avènement des inondations, je suis contre'', dit-elle. A en croire la jeune dame, ces genres de décisions doivent être discutés avec les populations concernées.

 

 

Toutefois, de nombreux banlieusards agréent l'idée d'aller habiter ailleurs ; toutefois, ils veulent être édifiés le plus rapidement possible sur le lieu de leur délocalisation. Le mécanicien Babacar Diallo est de ceux-là. ''Quitter pour aller où ?'', se demande le mécanicien et habitant à Yeumbeul. ''Jusqu'à présent, dit-il, ils tergiversent sur les probables lieux de relogement. Ils nous parlent de Sangalkam, de Tivaouane Peul. Moi j'ai l'impression que l'actuel régime ne sait pas où il va''.

 

Dans la perspective d'un relogement, le vieux Diallo invite le gouvernement à repenser la construction des habitations sociales, puisque, constate-t-il, au niveau de Jaxaay, les maisons n'ont que deux chambres, ce qui n'arrange pas les familles nombreuses. ''Certains sinistrés sont polygames. Comment voulez-vous qu'ils vivent dans des conditions humaines avec cette promiscuité. Je ne saurais vivre dans une maison pareille, avec trois pièces pour une famille composée d'une dizaine de personnes'', tonne le vieux Diallo. Ainsi, il invite le gouvernement d'Abdou Mbaye à apporter des ''réponses sur plusieurs zones d'ombre''. ''Nous sommes pauvres certes, mais nous jouissons de toutes nos facultés'' avertit-il.

 

''Dix ans, c'est trop''

 

Dans la banlieue, d'autres habitants applaudissent des deux mains l'initiative du gouvernement. ''Personnellement, je loue cette idée, car avec le calvaire vécu cette année, je ne pourrais que remercier les gens qui nous aideront à trouver une solution'', souligne Mbaye Sarr, un Pikinois. Même son de cloche chez Laye Gaye, président de l'association Génération and defar Yeumbeul (GADY), une instance qui lutte contre les inondations. ''Nous saluons l'initiative de régler et définitivement le problème lié aux inondations. La seule solution, c'est le relogement. Les pompages n'y peuvent rien''. A l'en croire, il faudra aussi qu'il y ait un suivi et une association de toutes les composantes. A défaut, souligne-t-il, il y aura toujours des magouilles et le projet ne va pas aboutir. Comme sites de relogement, il propose Niagues, Tivaouane Peulh, Lac Rose et Jaxaay. Babacar Mbaye Ngaraf, de la Synergie des acteurs pour l'assainissement de la banlieue (SAABA), salue également l'initiative et se félicite de trouver une solution définitive aux inondations. ''Nous n'avons jamais manqué de dire que les inondations, on ne les gère pas pendant l'hivernage, mais durant toute l'année. Le programme de lutte contre les inondations doit fonctionner douze mois sur douze'', a déclaré M. Mbaye.

 

Toutefois, il trouve que le délai est long. ''A mon avis dix ans, c'est trop pour ce programme. Si le gouvernement le réduit jusqu'à cinq ans et que les moyens suivent, ce serait une bonne chose'', estime M. Mbaye qui pense que le gouvernement doit privilégier la restructuration, l'assainissement, et déplacer ceux qui ont besoin de l'être et non pas tout le monde.

 

CHEIKH THIAM

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