Publié le 3 Jul 2025 - 23:27
INONDATIONS, FORTES CHALEURS, ÉROSION CÔTIÈRE…

La Senelec compte intégrer les exigences de résilience

 

Une étude sur la résilience du secteur énergétique face aux changements climatiques est réalisée. Elle propose un plan d’adaptation pour mieux faire face à ces aléas.

 

Les changements climatiques constituent-ils  un danger pour les installations de la Société nationale d’électricité (Senelec) ? Celle-ci organise depuis hier un atelier de restitution qui consacre l’achèvement d’une étude stratégique pour l’avenir du système électrique. Cette étude est réalisée dans le cadre du Padaes avec l’appui de la Banque mondiale.

"Notre réseau est en croissance, nos ambitions sont fortes, notre vision est claire. Mais il nous faut désormais l’admettre avec lucidité : le changement climatique impose une nouvelle réalité à nos infrastructures", a déclaré le directeur général de la Senelec, Papa Toby Gaye.

Les analyses menées dans cette étude montrent que plusieurs équipements postes HTA/BT, départs HTA, postes sources de la Senelec sont déjà exposés à des aléas récurrents. Il s’agit, en premier lieu, des inondations urbaines, comme à Hann où les installations ont été durement touchées en 2022. Deuxièmement, il y a des vagues de chaleur. Celles-ci réduisent la performance des centrales et des panneaux photovoltaïques. En troisième lieu, on note les feux de brousse, notamment dans les zones du Sud et du Centre, menaçant la fiabilité des lignes. Il y a aussi l'érosion côtière, affectant certains sites sensibles à proximité du littoral (centrales du CDB).

"Ce diagnostic n’est pas une surprise. Mais il est désormais documenté, quantifié et géographiquement localisé", a estimé le DG, soulignant que c’est l’outil qu’il faut mobiliser.

Selon M. Gaye, cette étude sur la résilience du secteur énergétique face aux changements climatiques vient d’enrichir "notre capacité collective" à répondre à l’un des plus grands défis de notre temps.

En effet, un plan d’action aligné avec une vision de long terme a été proposé. Ce rapport propose une feuille de route : un plan d’adaptation, avec des mesures classées par priorité, par type d’actif et par faisabilité. "Il répond aux exigences de rigueur technique, mais aussi à notre besoin d’efficacité opérationnelle", a soutenu Papa Toby Gaye.

Parmi les mesures phares à retenir, il y a la surélévation des cellules HTA dans les zones inondables, déjà mise en œuvre au poste de Hann. En outre, l’on note l’intégration des critères climatiques dans les études de faisabilité et la planification des nouveaux sites.

Il y a d’autres mesures que sont l’étanchéification renforcée des postes urbains ; le déploiement de postes HTA mobiles, pour renforcer la continuité de service ; la constitution de stocks stratégiques de pièces de rechange. Il est surtout demandé une meilleure coordination interinstitutionnelle, entre la Senelec, l’Aner, l’Aser, l’Anacim, l’ANDS, le Direc, le MPEM, etc.

"Chaque mesure a été analysée. Chaque action est justifiée. Le plan est prêt. Il nous appartient désormais de l’ancrer dans la réalité", a soutenu M. Gaye. À l’en croire, la Senelec s’engage avec responsabilité et ambition. "Face à ces constats, Senelec est déterminée à intégrer la résilience climatique dans toutes ses pratiques de la planification à l’exploitation, de la maintenance à la construction", a soutenu le DG.

Papa Tobby Gaye dit s’engager à intégrer  les exigences de résilience dans les projets, à accélérer l’adaptation des normes techniques et de nos doctrines de construction, à renforcer les capacités internes et la formation de nos agents sur les enjeux climatiques. Il compte aussi adopter  des procédures d’achat d’urgence en cas de sinistre climatique et entend être  un acteur moteur dans la coordination nationale pour une énergie résiliente.

"La transformation est déjà en cours. Le poste de Hann en est un symbole. Mais nous devons aller plus loin, avec constance, méthode et courage", relève M. Gaye.  Il souligne qu’il s’agit ici d’un chantier collectif, une responsabilité partagée. "La résilience du système électrique sénégalais ne peut reposer sur un acteur isolé. C’est un chantier collectif, qui appelle la mobilisation de tous : les agences d’exécution, les régulateurs, les ministères de tutelle, les partenaires techniques et financiers, les collectivités territoriales, les universités, et les acteurs de terrain’’, a-t-il dit, appelant à bâtir  un réseau électrique moderne, préparé, fiable et durable, pour nos villes comme pour nos villages.  

À l’en croire, l’adaptation climatique n’est pas une option, mais une nécessité. "Elle n’est pas une charge. C’est une opportunité pour améliorer nos services, protéger nos investissements et renforcer la confiance des citoyens", a soutenu Papa Toby Gaye.

BABACAR SY SEYE

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