Publié le 25 Jun 2013 - 17:33
RAPPORT AMNESTY 2013

Le sombre legs de Wade

 

Le Rapport d'Amnesty international 2013 fait une étude de la situation des droits humains de 159 pays et territoires. Au Sénégal, le rapport dénonce des mauvais traitements, des violations des droits humains et des exactions, notamment en Casamance. Il souligne également la traduction devant les juridictions nationales des forces de l'ordre impliqués dans certains drames.

Dans le domaine des droits humains, l'année 2012 a été marquée au Sénégal par la violente répression par les forces de sécurité des manifestations contre la troisième candidature du président sortant Abdoulaye Wade à la présidentielle. Selon, le Rapport d'Amnesty international 2013, ce ''recours excessif à la force a fait plusieurs victimes parmi les opposants''. En Casamance, poursuit le document, ''les affrontements qui opposaient les forces nationales à un groupe armé se sont intensifiés en début d'année et des civils ont été arrêtés ou pris pour cibles''. Pour finir

Utilisation excessive de la force et mauvais traitements

Année électorale charnière, 2012 a été compliquée pour les forces de l'ordre sénégalaises qui ont été particulièrement sollicités durant les troubles prés-, électorales et post-électorales.  Selon la version finale et officielle du rapport d'Amnesty, au moins six personnes ont été tuées de forces de sécurité lors des émeutes qui ont précédé les élections. Notamment à Podor, en janvier, lorsque les gendarmes ont tiré à balles réelles sur des manifestants, faisant deux morts : Mamadou Sy et Bana Ndiaye, une femme d'une soixantaine d'années étrangère aux manifestations. Dans le même contexte et à la même période, Mamadou Diop a été tué, renversé par un véhicule de la police, à la place de l'Obélisque.
Ces forces de sécurité se sont également tristement illustrés dans le domaine de la torture et des traitements dégradants. Le rapport cite le cas d'Ibrahima Fall.

Le bonhomme revenait d'une manifestation contre la candidature du président Wade, lorsqu'il a été interpellé à Tivaouane, torturé et molesté. ''Des gendarmes l'ont frappé à coups de bâton, de tuyau d'arrosage et de câble électrique'', indique Amnesty. Idem pour Ousseynou Seck torturé en garde à vue. Le rapport ajoute que dans cette affaire, ''tous les policiers impliqués ont été arrêtés et étaient en attente de jugement à la fin de l'année''.  Même cas de figure pour Kékouta Sidibé, un homme sourd-muet arrêté pour consommation de chanvre indien, et mort suite à des tortures subies en détention. Le rapport indique le commandant adjoint de la gendarmerie a été reconnu coupable et condamné pour meurtre. Tandis que pour les cinq autres gendarmes impliqués, la procédure était en cours en fin d'année.

Violations des droits humains et exactions en Casamance

Selon Amnesty international, plusieurs civils ont été arrêtés en Casamance, lorsque l'année dernière, les tensions se sont accentuées entre le MFDC et l'armée. Le rapport évoque en janvier, l'arrestation de huit individus à Affiniam, un village situé à 30 kilomètres au nord de Ziguinchor. ''Les huit personnes, inculpées d'atteinte à la sûreté de l'État, ont été remises en liberté au mois de juin sans avoir été jugées''.  Selon Amnesty, ces arrestations avaient été motivées par une ''volonté de l'armée d'exercer des représailles'', car, quelques heures plus tôt un gendarme avait été tué et trois autres blessés, dans une attaque des membres supposés appartenir au MFDC. Le rapport évoque la remise en liberté de 8 otages du MDFC, dont des soldats sénégalais, au mois de décembre, en Gambie.

Procès Habré

Le rapport 2013 d'Amnesty évoque le procès à venir de l'ancien dictateur tchadien, pour regretté que certaines conditions nécessaires à la bonne marche d'un procès équitable ne soient pas respectées.  Amnesty regrette l'absence d'un ''programme de protection des victimes et témoins''. Il regrette aussi que le Sénégal n'ait pas conclu d'accord d'entraide judiciaire avec d'autres pays, tels la France et le Tchad où peuvent se trouver des victimes et des témoins.

 

Gaston COLY

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