Le secteur privé africain interpelle sur la mobilisation des ressources et le financement des économies

À l’ouverture de « Africa Forward Connect & Inspire », hier à Nairobi, le président de Business Africa, Baïdy Agne, a mis en avant les défis liés à l’exploitation des ressources africaines et au financement des économies du continent. Devant des responsables politiques français et kenyans, il a appelé à un engagement accru des acteurs économiques et à des partenariats orientés vers l’investissement et la transformation locale.
La cérémonie d’ouverture de « Africa Forward Connect & Inspire » s’est tenue, hier à Nairobi (Kenya), sous la présidence du Premier ministre kenyan Musalia Mudavadi et du ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot. Cette séquence marque le lancement des travaux du sommet France-Afrique, axé sur les partenariats économiques, l’investissement et l’innovation. Après les interventions officielles des deux responsables, le président de Business Africa, Baïdy Agne, a pris la parole au nom du secteur privé africain. Il a centré son intervention sur la nécessité pour les entreprises africaines de jouer un rôle plus actif dans la transformation économique du continent.
Dans son propos, il a mis en avant quatre types de ressources qu’il juge insuffisamment exploitées : le capital naturel, le capital humain, le capital financier et le capital commercial. Il a notamment rappelé que l’Afrique concentre plus de 30 % des réserves minérales mondiales, tout en posant la question de leur valorisation locale et de leur intégration dans les chaînes de production. Concernant le capital humain, il a évoqué le poids démographique du continent, marqué par un âge médian de 19 ans, estimant que ce facteur pourrait contribuer à une croissance économique significative, sous réserve de politiques adaptées en matière de formation et d’emploi.
Sur le plan financier, il a cité les ressources issues des fonds de pension et des transferts de la diaspora, appelant à une meilleure structuration des marchés financiers africains. Il a également insisté sur les perspectives offertes par la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF), dont la mise en œuvre pourrait, selon lui, stimuler les échanges intra-africains et accroître les revenus du continent à moyen terme. Le président de Business Africa a par ailleurs évoqué les besoins d’investissements dans plusieurs secteurs clés. Il a mentionné un déficit annuel de plus de 120 milliards de dollars dans les infrastructures d’ici 2030, notamment dans les transports, l’énergie et le numérique. Il a également évoqué des besoins estimés à plus de 22 milliards de dollars pour la transition énergétique à l’horizon 2040, ainsi que des investissements importants dans le secteur des transports.
Dans ce contexte, il a appelé les acteurs économiques africains à renforcer leur implication, tout en plaidant pour des partenariats économiques davantage orientés vers le co-investissement, le développement de chaînes de valeur locales, le transfert de technologies et la formation professionnelle. Il a également évoqué plusieurs axes de coopération avec la France, notamment la facilitation des déplacements d’affaires, le développement du numérique et de la fintech, ainsi que les projets liés aux infrastructures et aux transitions énergétique et digitale.
Ce premier temps du sommet met en évidence les attentes du secteur privé africain en matière de financement, d’intégration économique et de rééquilibrage des partenariats. Les discussions doivent se poursuivre autour de ces enjeux, dans un contexte marqué par la volonté affichée de redéfinir les relations économiques entre l’Afrique et ses partenaires internationaux.
M. DIOP






