Publié le 19 Jan 2021 - 20:49
RECONNUE COUPABLE EN PREMIÈRE INSTANCE POUR ABUS DE CONFIANCE

L’avocat général requiert la relaxe d’Aya Pouye

 

La Cour d’appel de Dakar a statué, hier, sur l’affaire opposant Aïda Ndong à Rokhaya Pouye dite ‘’Aya’’. Se proclamant toutes les deux présidentes de l’Association des internationales et anciennes basketteuses du Sénégal (AIABS), elles ont saisi Dame justice pour solder leurs comptes. Condamnée en première instance à trois mois assortis du sursis, pour abus de confiance portant sur 40 millions, Aya a interjeté appel.

 

L’affaire opposant les membres de l’Association des internationales et anciennes basketteuses du Sénégal (AIABS) a été évoquée, hier, à la barre de la Cour d’appel de Dakar. En 2018, l’ancienne capitaine des Lionnes du basket, Rokhaya Pouye alias ‘’Aya’’, avait été reconnue coupable du délit d’abus de confiance par le tribunal correctionnel de Dakar. Elle avait écopé d’une peine de trois mois assortis du sursis. Elle avait également été contrainte d’allouer à la plaignante, Aïda Ndong, la somme de 10 millions de francs CFA, en guise de dommages et intérêts.

 Aya Pouye est traduite en justice par Aïda Ndong, qui lui reproche d’avoir dissipé 40 millions de francs CFA et d’avoir confisqué des biens sociaux de l’association. En outre, en dehors de ce chef, tout laisse croire que cette affaire est la continuité d’une guerre de positionnement qui mine l’association. En effet, les deux parties se réclament présidentes. 

Selon l’accusation, l’amicale recevait des subventions de 5 ou de 10 millions de la primature, des billets d’avion et des billets pour le pèlerinage à La Mecque ou à Rome. ‘’Nous, nous réclamons plus de 40 millions. A chaque fois qu’on lui demandait de faire les finances, elle nous montrait comme ça les chèques sans explication. Elle a donné notre argent à ses amies qui faisaient la bamboula. Quand on a donné 5 billets à l’amicale, elle les a remis à ses amies. Elle fait des financements sans informer le bureau. On lui réclame nos sous. Elle a même organisé une soirée’’, a soutenu à la barre la plaignante.

Cette dernière accusé Rokhaya Pouye de ne pas tenir une assemblée générale.

Pour conforter ces allégations, Aïssatou Bouna Seck, ancienne basketteuse et trésorière de l’association pendant six mois, a soutenu que la présidente Aya ne l’informait pas des encaissements et des décaissements. ‘’Lors d’une cérémonie familiale, on a mentionné un décaissement de 100 mille francs CFA à mon insu. Ça m’a paru curieux. C’est ainsi que je me suis rendue à la banque et je me suis présentée en tant que trésorière de l’association. A ma grande surprise, j’ai découvert que beaucoup de décaissements ont été faits à mon insu’’, a raconté la dame.

Poursuivant, Aïssatou Bouna Seck précise que c’est la présidente Aya qui détenait le chéquier de l’association. D’ailleurs, les témoins à charge ont tous balayé d’un revers de main les allégations de la prévenue, selon lesquelles elles auraient été bénéficiaires des largesses de l’amicale.

Pour sa défense, la partie appelant Rokhaya Pouye reste formelle, en soutenant que les subventions et les sorties d’argent étaient transparentes. Fustigeant une cabale contre sa personne, elle affirme : ‘’Je n’ai reçu que deux subventions. C’est en 2012-2013 qu'on a reçu 10 millions de francs. La subvention n’était pas annuelle. Du moins, quand j’étais à la présidence.’’ D’après elle, Aïda Ndong et ses amies ont quitté l’amicale pour des raisons qu’elle ignore. Toutefois, elle a campé sur sa position, en se vantant de sa gestion sobre.

Sur l’usage des fonds, l’ex-capitaine des Lionnes du basket, qui a refusé de répondre à plusieurs questions des avocats de la partie civile, soutient que l’argent a servi à l’achat de billets d’avion et aux frais de séjour, lorsque l’association était invitée dans la sous-région. Elle relève également que l’association a pour but d’aider ses membres.

Dans leur plaidoirie, les avocates de la défense appelante ont sollicité une infirmation de la peine d’instance, en renvoyant leur cliente des fins de la poursuite. ‘’Le fait de ne pas tenir une assemblée générale n’est pas un délit. En quoi peut-elle nous renseigner sur l’abus de confiance ? Le préjudice qui est subi n’est pas qualifié’’, a plaidé Me Anta Mbaye. Maitre Borso Pouye de poursuivre que sa cliente a même déboursé sur fonds propres pour les activités de l’association.

L’avocat général a requis la relaxe pure et simple de la prévenue, car la partie civile n’a pas, selon lui, mentionné dans sa plainte ce qu’elle reproche à la prévenue.

Réquisitoire qui ne conforte guère les avocats de la partie civile. Après avoir sollicité la confirmation de la première peine, Mes El Hadj Diouf et Ousseynou Gaye ont demandé la restitution des 40 millions de francs CFA que leur cliente réclame et les documents de l’association, dont le récépissé, confisqués par Rokhaya Pouye.

L’affaire mise en délibéré, la cour rendra sa décision, le 8 février prochain. 

MAGUETTE NDAO

 

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