Publié le 8 Jul 2024 - 15:45
SAINT-LOUIS :  JOURNÉE NATIONALE ‘’SETAL SUNU RÉEW’’

Le Premier ministre annonce de fortes mesures

 

La ville tricentenaire de Saint-Louis a accueilli, samedi dernier, le Premier ministre Ousmane Sonko et une forte délégation gouvernementale. Une visite qui entre dans le cadre de la Journée nationale ‘’Setal Sunu Réew’’ initiée par le président de la République Bassirou Diomaye Faye.  Une occasion qu’il a saisie pour appeler les populations à pérenniser de telles activités citoyennes. Avant d’annoncer que les travaux de la brèche seront entamés très prochainement et un audit du Programme d’assainissement des 10 villes bientôt lancé. 

 

Le Premier ministre n'a pas chômé, samedi dernier, lors de la deuxième édition de la journée nationale du programme ‘’Setal Sunu Réew’’.  Après avoir lancé les travaux de nettoiement sur la plage de la Chaumière, dans la langue de Barbarie, Ousmane Sonko s’est rendu successivement au bassin de rétention de Pikine 700, à la digue de protection de Guinaw-Rails et à l’UGB où il a constaté de visu les problèmes d'assainissement de l'université. 

À Guet-Ndar le Premier ministre a regretté   que les questions d'hygiène soient toujours négligées. Pour lui, aucun développement ne peut se faire sans hygiène, sans un cadre de vie assaini et adéquat. “L’hygiène et la propreté ne sont pas seulement l'apanage des pays développés. Toute communauté doit avoir la capacité à prendre en charge son cadre de vie, à le rendre propre et assaini. La propreté doit être une préoccupation humaine de développement social, avant d'être la base du développement économique", a déclaré Ousmane Sonko.

Mais pour y arriver, il est crucial de travailler sur les comportements à adopter.  "Le plus important, c’est le changement de comportements.    Nettoyer, c’est bien, mais ne pas salir c'est encore mieux. Il faut avoir des réflexes de ne pas salir la rue et les espaces publics. Ces comportements élémentaires nous interpellent tous”, a dit le chef du gouvernement. Raison pour laquelle il a appelé les populations à pérenniser les journées nationales de nettoiement.

"Le vrai problème que nous avons au Sénégal, c'est de maintenir la cadence quand il s'agit de faire des choses utiles. Il est important que chaque Sénégalais puisse sacrifier quelques heures de son temps pour se concentrer à son propre cadre de vie. Si le cadre de vie est assaini, il ne l'est ni pour le Premier ministre ni pour le président de la République, mais il l'est pour les populations qui y vivent", a-t-il soutenu. 

“Nous connaissons les problèmes de Saint-Louis” 

Le Premier ministre a profité de l'étape de la langue de Barbarie pour répondre aux différentes interpellations du maire Mansour Faye sans le nommer. Pour lui, tous les problèmes de   la commune sont connus par les nouvelles autorités. "Nous connaissons très bien les difficultés de Saint-Louis. Nous n'avons pas besoin qu'on nous interpelle ou qu'on nous remette un mémorandum. Nous allons axer notre politique sur une véritable maîtrise des problématiques de développement, des problématiques citoyennes et sociales pour pouvoir y apporter des réponses”, a-t-il expliqué. Avant d’indiquer que “l'un des problèmes de Saint-Louis, c’est l'avancée de la mer. Un problème qu'il partage avec toutes les villes, villages et hameaux côtiers du Sénégal. Nous sommes confrontés aux effets du réchauffement climatique, avec la remontée des eaux, la fonte des glaces impactant tous les sites côtiers du monde et plus particulièrement l'Afrique. Il est établi que les plages avancent de 4 à 6 m par an au niveau du littoral sénégalais et les effets sont sentis depuis quelques années avec des maisons abandonnées”.

Ainsi, pour un règlement durable de l’impact du réchauffement climatique à Saint-Louis, il faut des solutions de mise en œuvre extrêmement difficiles et très coûteuses. "Nous avons dénombré pas moins de six programmes dont les quatre sont financés par la Banque mondiale et les deux autres financés par l'Agence française de développement et l'Union européenne, sans oublier la contribution de l'État du Sénégal. Pour y voir plus clair, j'ai instruit le ministre de l'Environnement pour faire l'évaluation de tous ces programmes, afin de savoir ce qui a été fait, les résultats obtenus, ce qui bloque et pourquoi", a annoncé le Premier ministre. 

Le chef du gouvernement a également rappelé qu’il lui serait impardonnable de passer à Guet-Ndar sans aborder les problèmes de la pêche et de la meurtrière brèche de Saint-Louis. ‘’Nous travaillons sur ce dossier pour la stabilisation de la brèche qui tue énormément de pêcheurs. De 5 m en 2003 pour sauver la ville des inondations, elle est aujourd'hui longue de plus de 6 km et cause des dégâts inestimables dans la vie et dans les activités des pêcheurs guet-ndariens. Pire, elle a anéanti des villages entiers dans le Gandiole. Ainsi, le gouvernement va d’abord accompagner les populations, mais aussi voir comment anticiper sur l'ensablement et les digues pour amoindrir les effets secondaires de la brèche”, a déclaré Ousmane Sonko. 

Le programme assainissement des 10 villes sera audité

Selon lui, les pêcheurs rencontrent aussi d'autres maux dans leur secteur, dont la rareté des ressources, les licences de pêche et les accords de pêche signés avec les Européens.  "La pêche est une activité noble et importante pour le pays. Elle fait travailler plus de 700 000 acteurs sénégalais et fait vivre des millions de personnes. Elle participe considérablement au PIB du pays. Donc, ce n'est pas un secteur à négliger. Nous venons d'arriver ; des solutions provisoires ont été élaborées. Déjà, les autorités mauritaniennes ont renouvelé et revu à la hausse le quota de licences accordées aux pêcheurs saint-louisiens. Une hausse qui va régler le problème de prises’’, a souligné le PM. 

Ensuite, il s'est attaqué aux accords de pêche qui ont été signés avec les bateaux européens. Pour le chef du gouvernement, ces accords seront réexaminés pour que les acteurs nationaux puissent tirer profit des produits halieutiques des côtes maritimes sénégalaises. “Le président de la République accorde beaucoup de prix à ce problème. Le ministre de la Pêche est à pied d'œuvre pour que notre pays puisse s'approprier de nos espaces maritimes pour faire vivre l'activité de pêche et rendre le poisson accessible aux Sénégalais. Nous prendrons toutes les dispositions pour que l'exploitation des ressources gazières au large des côtes saint-louisiennes et celles pétrolières à Sangomar ne puissent avoir d'impacts négatifs sur la pêche", a promis M. Sonko. 

À l’en croire, il serait irresponsable de sacrifier des activités principales telles que la pêche, l'agriculture et l'élevage au profit d'une autre activité fossile. "Quelle que soit la quantité de gaz et de pétrole que nous avons, cela va s'épuiser tôt ou tard. Il est important pour nous que la pêche reste ce qu'elle est et qu'elle soit plus forte. Ma conviction est qu'on peut beaucoup plus tirer d'une bonne exploitation de pêche que même du gaz et du pétrole. Si on prend des mesures pour une bonne pêche au Sénégal et qu'on implante des usines de transformation sur tout le littoral, avoir suffisamment de main-d'œuvre, de création de plus-value, d'amélioration de la consommation, de rentrées de devises par l’exportation, elle sera beaucoup plus importante", a-t-il poursuivi. 

La reprise du réseau d’assainissement de l'UGB annoncée 

À Pikine 700, dans le faubourg de Sor, Ousmane Sonko s'est rendu au bassin de rétention où les populations étaient sorties en masse en compagnie de détachements de militaires de Dakar-Bango pour nettoyer la zone. Sur les lieux, il a écouté les populations sur leurs nombreuses doléances, avant d’annoncer l’audit du Programme national d’assainissement des 10 villes. “Nous avons vu les dures conditions d'hygiène dans lesquelles vous vivez. Pourtant, depuis plusieurs années, un programme d’assainissement de plusieurs milliards est déroulé à Pikine sans aucun impact positif sur les populations du quartier. Les travaux d’assainissement peinent à se terminer et les réalisations existantes sont mal faites. Et on nous dit que le financement est fini. Raison pour laquelle nous demandons aux autorités sortantes où est passé l'argent. D’ailleurs, nous allons lancer très prochainement un audit pour tirer au clair la gestion de ce financement”, a annoncé le Premier ministre.

Ousmane Sonko a bouclé sa journée à l'UGB où il a constaté de visu l'état dégradé des installations d'assainissement. D’ailleurs, il a rassuré les étudiants que des instructions sont données aux ministres concernés pour la reprise des travaux. 

IBRAHIMA BOCAR SENE (SAINT-LOUIS)

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