Publié le 12 May 2026 - 17:08
MIGRATION DE RETOUR  

Le Sénégal se dote d’un mécanisme structurant de réinsertion

 

Le gouvernement sénégalais a franchi une étape décisive ce lundi à Dakar avec la validation du Mécanisme national d’orientation des migrants de retour (MNO). Ce dispositif, soutenu par l’OIM et l’Union européenne, vise à offrir une prise en charge structurée et humaine aux Sénégalais de retour au pays.

 

Le Sénégal renforce son arsenal stratégique pour mieux gérer la délicate question du retour des migrants. Amadou Chérif Diouf, secrétaire d’État chargé des Sénégalais de l’extérieur, a annoncé officiellement l’engagement de l’État à pérenniser le Mécanisme national d’orientation (MNO). Cette volonté se traduira prochainement par la publication d’un arrêté ministériel destiné à ancrer définitivement ce dispositif dans l’architecture institutionnelle du pays.

Financé par l’Union européenne et mis en œuvre par l’OIM dans seize pays d’Afrique subsaharienne, le MNO ambitionne de transformer le retour en une opportunité réelle de réinsertion économique, sociale et psychosociale pour la jeunesse sénégalaise. Ainsi, la remise officielle des documents stratégiques, comprenant les termes de référence et les procédures opérationnelles, marque un tournant. Selon le secrétaire d’État, cet outil est indispensable pour harmoniser les efforts des différents intervenants. « La cérémonie d’aujourd’hui marque l’aboutissement d’un processus rigoureux, participatif et inclusif », a déclaré M. Diouf.

 Il a précisé que ces documents constituent désormais « le socle stratégique, technique et juridique » du MNO, permettant une prise en charge « globale, continue et harmonisée » des migrants. Pour lui, le mécanisme représente « une avancée majeure dans la gouvernance migratoire au Sénégal ».

L’Organisation internationale pour les migrations (OIM), partenaire clé du projet, a profité de cette tribune pour dresser un bilan chiffré. Aïssata Kane, cheffe de mission de l’OIM au Sénégal, a rappelé que l’enjeu de coordination est au cœur de la réussite de la réintégration.

« Depuis 2022, 5 740 migrants ont été accompagnés dans le cadre du programme de retour et de réintégration, dont 2 300 ont déjà bénéficié d’un processus complet de réintégration, tandis que 800 autres poursuivent encore ce processus d’accompagnement », a-t-elle indiqué.  Dès la descente de l’avion, le migrant bénéficie d’un suivi spécifique. « Le migrant n’est pas laissé seul. Il dispose d’un espace où il peut exprimer ses besoins, ses difficultés et ses vulnérabilités », a assuré la responsable de l’OIM.

Le Sénégal s’illustre comme un pionnier en étant le premier pays du programme régional à finaliser ce mécanisme. Un leadership salué par l’Union européenne, qui plaide pour que la question migratoire ne soit pas traitée uniquement sous l’angle de la surveillance des frontières. Malt Sanders, représentant de l’UE, a insisté sur la nécessité de politiques « équilibrées, crédibles et humaines ».  « Les migrants ne doivent pas être considérés uniquement comme des bénéficiaires des politiques publiques, mais aussi comme des acteurs à part entière des solutions », a-t-il soutenu, avant d’ajouter que les « réponses exclusivement sécuritaires aux défis migratoires montrent rapidement leurs limites ».

Mamadou Diop

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