Publié le 29 Jan 2026 - 09:51
CHEIKH TIDIANE DIEYE LORS DE LA RÉUNION PRÉPARATOIRE DE HAUT NIVEAU DE LA CONFÉRENCE DE L'ONU SUR L'EAU DAKAR 2026  

« Sans eau, aucun développement durable n’est possible »

 

Cheikh Tidiane Dièye a rappelé avec force que l’eau constitue le socle de tout développement durable. Selon le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, l’échec de l’Objectif de Développement Durable numéro 6, relatif à l’accès universel à l’eau potable et à l’assainissement, compromettrait l’atteinte de tous les autres objectifs.

 

Selon le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Cheikh Tidiane Dieye, sans eau, il ne peut y avoir ni santé, ni éducation, ni protection de l’environnement, ni prospérité économique. C’est précisément pour cette raison, explique-t-il, que le Sénégal a consenti des efforts historiques dans ce secteur stratégique. À ce titre, il indique que, pour la première fois dans l’histoire du pays, le budget du ministère de l’Hydraulique et de l’Assainissement a dépassé 1 700 milliards de francs CFA.

« Ce niveau inédit résulte non seulement d’un accroissement significatif des ressources publiques, mais également de l’intégration de grands projets d’investissement structurants réalisés dans le cadre de partenariats public-privé. Ces mécanismes ont permis d’attirer des investissements privés nationaux et internationaux dans le secteur de l’eau », se réjouit-il. Avant de souligner que Dakar constitue aujourd’hui une vitrine de cette ambition, en accueillant des discussions de haut niveau sur la place centrale de l’eau dans la vie des populations.

Ces échanges portent notamment sur le rôle de l’eau dans la préservation de la planète, la lutte contre le changement climatique, la protection de l’environnement, mais aussi sur sa contribution directe à la prospérité des nations. À titre d’illustration, Cheikh Tidiane Dieye met en avant les exemples de l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (OMVS) et de l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Gambie (OMVG). Grâce à une gestion concertée de la ressource en eau, ces organisations produisent de l’énergie, soutiennent l’agriculture et l’élevage, et renforcent la compétitivité économique des pays membres. « Ces expériences démontrent que l’eau peut être un puissant levier de développement, mais aussi un facteur de paix », souligne le ministre.

Dans la même dynamique, il rappelle que, depuis 1975, les pays membres de l’OMVS ont fait de l’eau un instrument de coopération plutôt qu’un motif de conflit, faisant de cette organisation un modèle mondial de gouvernance partagée de la ressource hydrique. Sur le plan diplomatique, il insiste sur le rôle du Sénégal comme acteur majeur du multilatéralisme de l’eau. « Le pays s’illustre, dit-il, comme un champion reconnu au niveau international, utilisant l’eau comme un espace de dialogue, de diplomatie et de coopération globale ».

Toutefois, nuance-t-il, le développement du secteur de l’eau nécessite des investissements lourds et durables. Si les efforts nationaux sont importants, le ministre plaide pour un traitement spécifique des financements dédiés à l’eau, soulignant que cette ressource ne peut être considérée comme un produit ordinaire. Il appelle ainsi à des mécanismes de financement concessionnels, avec des taux d’intérêt très bas, afin de permettre aux pays de supporter durablement ces investissements essentiels.

S’agissant des grands projets, Cheikh Tidiane Dieye met l’accent sur la correction des inégalités entre le monde rural et le milieu urbain. Il annonce le lancement d’un vaste programme de forages et de châteaux d’eau, avec plus de 100 nouveaux ouvrages prévus à travers le pays entre 2026 et 2027, afin de relever significativement le taux d’accès à l’eau potable en milieu rural.

Il renseigne que le gouvernement a mobilisé un programme d’urgence de 11 milliards de francs CFA pour réhabiliter des forages à l’arrêt, améliorer leur équipement et renforcer la solarisation, permettant ainsi d’accélérer l’accès à l’eau dès 2026. Dans les zones urbaines, le ministre évoque plusieurs projets structurants, notamment le grand transfert d’eau du lac de Guiers vers le triangle Dakar–Thiès–Touba, destiné à sécuriser durablement l’approvisionnement en eau potable, mais aussi à soutenir l’agriculture. Il cite également l’usine de dessalement de la Grande Côte, renégociée à des conditions favorables pour le Sénégal, ainsi que les projets de transferts hydrauliques vers le bassin arachidier et le sud du pays.

Les défis de l’assainissement

Concernant l’assainissement, Cheikh Tidiane Dièye reconnait que les niveaux d’accès restent encore insuffisants, malgré les progrès réalisés. Il assure toutefois que le gouvernement est engagé dans une accélération des chantiers, notamment à Dakar avec la finalisation de stations de traitement des eaux usées et la mise en place de solutions innovantes de réutilisation des eaux traitées pour l’agriculture et le reverdissement urbain.

Le ministre insiste, en outre, sur la dimension humaine et sociale de l’assainissement, qu’il considère comme une question de dignité. Des programmes spécifiques sont ainsi en cours pour développer les toilettes publiques et familiales, en particulier dans le monde rural, afin de garantir à chaque citoyen des conditions de vie décentes.

Une manière pour Cheikh Tidiane Dieye de souligner que l’eau et l’assainissement sont désormais au cœur des politiques publiques du Sénégal. « Tant qu’il restera un Sénégalais sans accès à l’eau potable ou à des installations d’assainissement dignes, notre mission ne sera pas accomplie », a-t-il déclaré, ce lundi, réaffirmant la détermination du gouvernement à aller plus loin et plus vite.

Ndeye Diallo

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