Les travailleurs exigent l’indemnité de logement

Réunis en Assemblée Générale ce 14 février 2026, le CDS/3D et le Collège des délégués de Dakar Dem Dikk (DDD) ont rompu le silence. Face à une précarité grandissante et des promesses ministérielles non tenues, les travailleurs réclament une indemnité de logement de 100 000 F CFA et une revalorisation de la compensation financière de l'État.
Après des secteurs comme l'éducation ou encore l'enseignement supérieur, c'est le transport qui s'apprête à entrer en ébullition. En effet, réunis au centre culturel Léopold Sédar Senghor de Pikine, les travailleurs de Dakar Dem Dikk ont réussi une véritable mobilisation des troupes. Par la voix du coordonnateur des syndicats, Ibrahima Seck, ils estiment que l’heure n’est plus aux discussions répétitives, mais à la responsabilité syndicale face à une « réalité sociale lourde et persistante ».
« Le nécessaire, pas l’impossible »
Au cœur des revendications : la généralisation immédiate d’une indemnité de logement de 100 000 F CFA pour tous les agents. Alors que le coût de la vie explose dans la capitale, le syndicat rappelle que 90 % des employés sont locataires. « Le logement est devenu une source d’angoisse quotidienne. Un travailleur qui peine à se loger est un travailleur fragilisé, et un travailleur fragilisé ne peut pas être pleinement performant », a martelé Ibrahima Seck, précisant que cette demande est un droit fondé sur la dignité et non une faveur.
Le discours a pris une tournure plus politique lorsque la question des subventions étatiques a été abordée. Le CDS/3D dénonce une politique de « deux poids, deux mesures » entre les différents acteurs du transport public sénégalais. Les syndicalistes s'interrogent sur l'écart de traitement entre Dakar Dem Dikk, qui couvre l'ensemble du territoire national, et les nouveaux projets urbains. « Il est incompréhensible que la compensation financière de Dakar Dem Dikk ne soit pas revalorisée au même niveau que le BRT ou le TER, qui bénéficient de plus de 15 milliards pour une seule ligne. Où est l’équité ? », s’est indigné le coordonnateur.
Cette frustration est accentuée par le non-respect d'un protocole d'accord lié aux échelonnements salariaux. L’augmentation promise de 3 milliards de francs sur la compensation financière par le ministre de tutelle se fait toujours attendre, mettant en péril la « paix sociale » et les investissements prévus pour l'année 2026.
Sécurité et appel aux autorités
Outre les questions financières, le cri de cœur a également porté sur l’intégrité physique des agents. Le syndicat a dénoncé avec fermeté les violences récurrentes, qu'elles soient physiques ou verbales, dont sont victimes les chauffeurs et receveurs dans l'exercice de leurs fonctions, exigeant des « mesures concrètes et dissuasives ».
Dans le dernier virage de leur rencontre, les syndicalistes interpellent directement le Président de la République et le Premier ministre. Le message est clair : la pérennité du service public passera par le bien-être de ceux qui le font vivre. « Investir dans les travailleurs, c’est investir dans la stabilité du service public. Notre détermination est totale », a prévenu Ibrahima Seck.
MAMADOU DIOP







