Les grieffs du Sames et du Sutsas contre l’ARP

Autrefois présentée comme un pilier de la sécurité sanitaire nationale, l’Agence sénégalaise de Réglementation pharmaceutique (ARP) est aujourd’hui accusée d’être en état de « mort clinique ». Dans un document produit par le Syndicat autonome des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes du Sénégal (Sames) et la section ARP du Sutsas, un constat sévère de dysfonctionnements généralisés y est fait. Les syndicats appellent à un redressement immédiat de l’institution.
Créée pour garantir aux Sénégalais l’accès à des médicaments sûrs, efficaces et de qualité, l’ARP traverse une crise profonde selon les sections Sames et Sutsas de l’organe. Le document intitulé « L’Agence sénégalaise de Réglementation pharmaceutique : Une institution en danger » décrit une structure minée par des défaillances managériales, techniques et éthiques. En effet, lit-on dans le document signé par les deux entités syndicales, au sommet de l’institution, le Directeur général est présenté comme le principal responsable de la dégradation de la gouvernance. Alors que le poste exige expertise technique, intégrité et leadership fédérateur, le document évoque une gestion marquée par le népotisme, l’opacité et le mépris du dialogue social. Cette situation aurait profondément entamé la crédibilité de l’agence.
Le diagnostic est particulièrement alarmant au niveau de la Direction du Contrôle de la Qualité. L’absence de décisions sur des échantillons collectés dans le cadre de la surveillance du marché est dénoncée comme une mise en danger de la population.
Le document souligne également que les résultats d’analyses concernant l’iohexol et la bupivacaïne, deux produits utilisés respectivement en radiologie et en anesthésie, seraient attendus depuis près d’un an. Un retard jugé préoccupant compte tenu des effets secondaires graves signalés.
La gestion des ressources humaines est elle aussi pointée du doigt. Des nominations jugées irrégulières, des promotions de complaisance et des mutations arbitraires sont évoquées. Le document fait également état de conflits d’intérêts présumés dans la désignation de responsables, notamment au niveau des marchés publics.
Au-delà de ces postes clés, plusieurs autres directions sont critiquées pour des pratiques qualifiées de contraires à l’éthique administrative : voyages sans lien avec les missions officielles, détournement présumé de moyens logistiques, nominations ne respectant pas les fiches de poste.
Le remplacement d’un pharmacien expérimenté par un cadre ne répondant pas aux exigences techniques à la tête du service Logistique et Contrôle technico-réglementaire est notamment dénoncé. Cette situation placerait le laboratoire en non-conformité vis-à-vis de la norme internationale ISO 17025.
Il est enfin estimé que l’ARP ne remplit plus sa mission régalienne de protection sanitaire. L’agence est décrite comme une « coquille vide » dont les dysfonctionnements ne relèveraient pas d’une crise passagère mais d’une dégradation structurelle.







