Publié le 11 Sep 2014 - 02:18
AFFAIRE KARIM WADE

Soyez vigilants, messieurs les juges !

 

L’affaire Karim Wade, dans le cadre de la traque des biens mal acquis, suscite, depuis son entame, des réactions à charge ou à décharge du présumé coupable/innocent. Les commentaires vont bon train et certains s’y mettent avec un zèle inqualifiable. Le plus loquace, dans cette affaire, c’est que la plupart des gens qui en parlent, parfois de la manière la plus pédante, ne connaissent rien du fameux dossier. Ainsi va le Sénégal, d’ailleurs.

Tout le monde a tout à dire sur tout. Quand il y a un important match de football, tout le monde devient coach/entraîneur. Lorsqu’il s’agit d’un grand combat de lutte, chaque citoyen s’improvise grand connaisseur, super technicien en la matière. Le présent procès du fils de l’ex Président de la République n’échappe pas à la règle. Les partisans de ce dernier le disent innocent, alors que la Cour de Répression de l’Enrichissement Illicite (CREI) semble convaincue du contraire.

Les « justiciers » sénégalais étant… des sénégalais avant d’être des « robes noires », l’on ne saurait être surpris de retrouver en certains d’entre eux, les mêmes qualités et/ou les mêmes défauts que l’on pourrait retrouver chez tout autre sénégalais. Un sage homme disait qu’il y a trois types de juges en ce bas-monde : le juge qui ne connait rien au Droit et qui tient à juger quand-même, le juge qui connait le Droit et qui en fait fi lorsqu’il lui arrive de juger, et, enfin, le juge qui connait bien le Droit et qui en fait usage quand le devoir l’appelle.

Il va de soi que le souhait des nombreux sénégalais épris de justice est que les juges qui ont en charge les dossiers sur la traque des biens mal acquis soient de la dernière catégorie citée. Mais les avocats ne semblent pas leur faciliter la tâche. De bonne ou de mauvaise fois, chaque partie y va de son argumentaire, pour justifier la culpabilité de l’accusé, ou pour convaincre de son innocence.

A cela s’ajoute la manipulation de l’opinion publique, qui n’est pas pour faciliter les choses. Chercher à convaincre sans avoir raison semble être l’apanage de certains Sénégalais. Un ami vivant en Mauritanie m’a appris que nos voisins du Nord sont tellement convaincus de cela, que, parait-il, lorsqu’un Sénégalais a maille à partir avec la justice de ce pays, ils laissent rarement parler ce dernier, craignant qu’il les mène en bateau. Ils le mettent directement au frais, sans autre forme de procès, en attendant la suite des événements.  

Ce procès est une affaire très sérieuse pour être pris à la légère. Arrêtez donc, messieurs, d’abuser les  Sénégalais. Dans une seule et même affaire, il ne saurait y avoir deux vérités. Or, chaque partie, dans le présent procès revendique la vérité. Donc, il y a forcement une partie qui veut tromper le peuple sénégalais. Souvenez-vous qu’Allah, Lui, connait la moindre de vos intentions.   

Messieurs les juges, vous à qui il revient le redoutable honneur de rendre justice sans peur ni crainte, vous à qui il revient le devoir de condamner le coupable et/ou de libérer l’innocent, votre tâche est d’autant plus importante, que tout un peuple espère de vous que vous répondiez à ses attentes et rendiez justice en toute impartialité.

Votre responsabilité est d’autant plus impliquée dans cette affaire, que vous serez jugés un jour. « Les juges seront jugés à leur tour », disent les Ecritures Saintes. Par le Plus Juste des Juges, le Meilleur des Juges. Faites, donc, en sorte que ce procès ne soit pas une tache qui souillerait le Livre de vos Bienfaits auprès d’Allah. Votre conscience est ainsi interpellée. Que le Tout-Puissant vous assiste, en vous inspirant et en vous guidant par Sa Clairvoyance, dans les actes que vous allez poser dans cette affaire. Amine.                                                                  

Pape O.B.H. Diouf 

Septembre 2014

 

Section: 
Requiem pour le Sahel ou le dernier voyage de Maurice Freund
BAMAKO AU BORD DE LA PARALYSIE : BLOCUS, PÉNURIES ET GUERRE ÉNERGÉTIQUE. Le sabotage de Manantali : un tournant dangereux dans la crise malienne
LE CHEMIN DE L’ESPOIR : Pour une relation Sénégal-France apaisée, souveraine et équilibrée
TURBO-RÉVOLUTION FINANCIÈRE AU SÉNÉGAL Entre orthodoxie du FMI, défi de la dette et explosion des alternatives endogènes
LE DESTIN DU PRÉSIDENT DIOMAYE : Entre démission et cohabitation forcée
LETTRE OUVERTE : À Son Excellence le Président de la République,
PROPOSITIONS DE RÉFORME-DIVORCE : Mettez juste un trait d’union
Saisine du conseil constitutionnel et dispersion de la classe politique
Commentaires sur l’avant-projet de loi portant révision de la Constitution
LA RUE COMME MUSÉE : Pour une esthétique populaire de la ville africaine
Hommage à Mame Less Camara (3 ans déjà....)
YAKAAR-TERANGA : Les véritables pertes de l’État du Sénégal et les conséquences dévastatrices
YAKAAR-TERANGA : Les deux raisons du départ de kosmos
MÉMOIRE - TROIS ANS DÉJÀ : Malick Ndiaye, le veilleur de l’éthique Ceddo
REVALORISATION DE LA FORMATION DES JOURNALISTES DANS LE CADRE DU FADP ET RÔLE PIONNIER DU CESTI : Le pari de la qualité
DU TEXTE AU GESTE : L’ordre de préséance et la valorisation des élus à la lumière du décret n°99 252 du 19 mars 1999
AU SENEGAL, LES PAUVRES PAIENT PLUS POUR SE SOIGNER : Le paradoxe de notre système de santé
DE LA SUPRÉMATIE PRÉSIDENTIELLE : Entre conflits et primauté
Analyse de la décision n° 2/C/2026 du Conseil Constitutionnel
De grâce ne nous faites pas ça !