Publié le 11 Dec 2017 - 19:52
AMINATA DIALLO VICTIME DU VIH/SIDA

Le destin d’une mère courageuse

 

Depuis 2010, Aminata Diallo vit avec le Vih. Six ans de souffrance qu’elle porte avec résignation et beaucoup de philosophie. Mariée et mère de cinq enfants, elle raconte comment elle vit sa maladie. Elle suit régulièrement son traitement, mais ne croit pas à la fin de l’épidémie du Vih/sida.

 

Sa beauté peut pousser un homme à décrocher la lune pour l’avoir comme épouse. Teint clair, la mine bien soignée, Aminata Diallo est une perle. Agée de 35 ans, cette habitante de la région de Sédhiou, originaire de la Guinée, vit avec le Vih depuis 6 ans. Sa maladie, elle la supporte avec beaucoup d’aisance et de résignation. C’est en 2010, au cours d’un dépistage volontaire, qu’elle a été diagnostiquée positive. Très courageuse, elle a décidé de suivre le traitement, au lieu de rester chez elle à se lamenter sur son sort.

Très vite, le courage en bandoulière, elle adhère à l’association Kaïrou dont elle est la trésorière aujourd’hui. Cette association, composée de personnes vivant avec le Vih (Pvvih) permet à ses membres de se donner des conseils sur la maladie, d’animer des causeries en vue de l’épanouissement de ses membres. ‘’Toute femme qui a des difficultés dans sa prise en charge, l’association lui apporte de l’aide. Nous sommes plus à l’aise entre nous, parce que tout le monde se connait et il n’y a pas de discrimination. Parfois même, nos problèmes de foyer, nous les partageons ensemble’’, explique Aminata.

Mère de cinq bouts de bois de Dieu, ses enfants et son mari se portent bien. Ils n’ont pas étés contaminés par le virus. C’est d’ailleurs, dit-elle, ce dernier qui est son premier soutien et assistant. ‘’Mon mari est le seul à savoir que je vis avec cette maladie. Je n’ai pas voulu en parler à ma famille, parce que j’ai peur de la stigmatisation. Surtout pour mes enfants ; ils n’auront pas une vie tranquille. J’ai fait tout cela pour les mettre en sécurité. Nous sommes dans une société assez complexe’’, confie-t-elle.

Aminata fait partie de ces personnes qui ont une grande piété et une confiance aveugle au destin. Elle soutient qu’elle n’éprouve aucun déshonneur, encore moins une honte de sa maladie. ‘’Chaque personne a son destin. Ce n’est pas parce que je suis mauvaise que je suis victime du Vih, non. C’est mon destin. Ma vie a été tracée ainsi et je crois fermement en Dieu. C’est une maladie comme toutes les autres. Donc, il n’y a pas de gêne. Si on se traite correctement, on peut avoir une charge virale indétectable’’, rassure-t-elle.

‘’Il n’y a pas de réactifs dans la région de Sédhiou’’

Même si sa vie est difficile, Aminata ne cesse de montrer sa détermination à poursuivre le combat. ‘’Je ne vais jamais baisser les bras. Je vais continuer à me traiter. Vivre avec cette maladie n’est pas facile, parce qu’il y a beaucoup d’effets secondaires. Mais mon mari m’aide à surmonter toutes les épreuves, car il me comprend et je rends grâce à Dieu’’.  Elle dit n’avoir jamais rencontré de difficultés au cours de sa prise en charge. Mais elle ne peut pas en dire autant pour tous les autres patients.

Le seul problème qu’elle a vécu, dernièrement, c’est la rupture des réactifs. Cette situation est très difficile pour les malades. ‘’Depuis 2016, je n’ai pas suivi de bilan pour connaitre mon statut de charge virale. Il n’y a pas de réactifs dans la région de Sédhiou. La machine est là, depuis un an, mais sans réactifs. Ce qui est très difficile. Parce que ces analyses font partie de nos traitements. Je prends juste mes médicaments et j’attends. Même dans l’association, il n’y a plus d’activités. Parce que, quand il y a rupture, tout est bloqué. Nous sommes très fatigués’’, plaide-t-elle.

Toutefois, Aminata a affiché son pessimisme sur l’élimination de la pandémie du sida. Elle ne croit pas à cela. ‘’Nous n’allons pas atteindre les 3x90 dont on parle (c’est-à-dire de dépister 90 % de la population, de mettre sous traitement antirétroviral les 90 % qui sont positifs et de maintenir enfin 90 % les personnes à traiter). Parce que tous les jours que Dieu fait, il y a de nouvelles infections. En plus de cela, il y a des leaders qui ne connaissent même pas ce qu’ils doivent faire pour la réduction de l’infection. Si ces gens qui doivent piloter ignorent totalement tout de la maladie, je ne pense pas qu’on arrivera à cette élimination’’, se désole Mme Diallo.  

VIVIANE DIATTA

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Femmes travailleuses
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