Le Front syndical dénonce des tentatives d’intimidation

Réagissant aux propos du Premier ministre tenus à l’Assemblée nationale, le Front syndical pour la défense des travailleurs dénonce une posture « hostile » et des tentatives d’intimidation à l’endroit des organisations syndicales. Tout en réaffirmant son attachement au dialogue social dans un communiqué reçu à EnQuête, la plateforme interpelle le gouvernement sur le respect des engagements pris dans le pacte de stabilité sociale et les accords sectoriels.
M. DIOP
Le Front syndical pour la défense des travailleurs hausse le ton. Dans une déclaration rendue publique, les organisations regroupées au sein de cette plateforme prennent acte des propos du Premier ministre tenus récemment à l’Assemblée nationale, mais disent en mesurer « pleinement la portée ». Elles dénoncent dans la foulée « toute tentative d’intimidation ou de dissuasion » visant à restreindre l’exercice des libertés syndicales et réaffirment leur attachement « indéfectible » à un dialogue social fondé sur le respect mutuel, l’écoute et la négociation. Les centrales signataires parmi lesquelles la CNTS, l’Unsas, la CSA, l’UDTS, l’UTS, la FGTS/A, la CDSL, l’UNTD, l’USDS, les UTLS A et B et l’OGTS, manifestent également leur soutien aux syndicats en lutte et appellent le gouvernement à agir dans le strict respect des engagements contenus dans le pacte national de stabilité sociale ainsi que dans les accords sectoriels déjà signés.
Dans le texte, le Front syndical affirme avoir suivi avec « une profonde préoccupation » l’intervention du chef du Gouvernement devant les députés. Il estime que le ton adopté était « particulièrement hostile » à l’endroit des forces syndicales nationales. Les propos du Premier ministre sont décrits comme marqués par une posture « belliciste » et assortis de « menaces à peine voilées » face aux actions syndicales. Pour les organisations signataires, ces déclarations s’apparentent davantage à une tentative d’intimidation qu’à une volonté sincère d’instaurer un dialogue social responsable et constructif.
Le Front syndical rappelle que l’expression revendicative, la mobilisation pacifique et la défense des intérêts matériels et moraux des travailleurs constituent des droits fondamentaux garantis par la Constitution et par les conventions internationales ratifiées par le Sénégal. Il insiste sur le fait que les syndicats ne sont « ni des adversaires politiques ni des ennemis de l’État », mais des acteurs essentiels de la démocratie sociale. Au-delà de la polémique sur les propos du Premier ministre, la plateforme syndicale évoque des engagements non respectés. Elle cite notamment la non-réintégration de travailleurs jugés abusivement licenciés au Port autonome de Dakar, au Grand Théâtre, au ministère des Mines et au ministère des Sénégalais de l’Extérieur. Elle soulève également la question du règlement de la situation des travailleurs des institutions et agences nationales supprimées. Cette prise de position intervient dans un contexte social déjà tendu. En affichant une posture de fermeté tout en réaffirmant son attachement au dialogue, le Front syndical met le gouvernement face à ses engagements et laisse entendre que l’évolution du climat social dépendra des réponses qui seront apportées dans les prochains jours.







