Publié le 27 Jul 2017 - 03:48

Hommage à Cheikh Ababacar Mbengue directeur de la cmu

 

Il s’appelait Cheikh, il était des nôtres sans tout à fait être des nôtres ; des nôtres parce qu’imbu et pénétré de senegalite jusqu’ au plus profond de son être. Il me confia un soir de fin de «  diakarlo bi », préférer infiniment «  les douleurs de chez nous » aux douceurs d’ailleurs, de son exil européen doré. Bébé Mbengue comme nous l’appelions affectueusement dans les couloirs du fameux département de philosophie des années quatre-vingt, cultiva deux vertus essentielles : le culte du travail et l’Amour de la patrie. Ces vertus le conduisirent à renoncer au confort de l’occident pour répondre à l’appel de la patrie. Il fit de la CMU (couverture maladie universelle) l’expression la plus achevée de la capacité du sénégalais a atteindre les sommets de l’excellence. Cheikh mon cœur te pleurera éternellement car tu es de la race des saints, de ces hommes d’exceptions dont la société n’enfante qu’épisodiquement. Ils ne sont pas nombreux de tes compatriotes à savoir comme moi que tu as renoncé à des émoluments triplement supérieurs pour servir ton pays.

Cheikh tu n’es pas tout à fait des nôtres parce que sauvé des tares et maladies du type sénégalensis d’aujourd’hui : au pays de l’empire du mensonge, des faux semblants, des faux fuyants, tu parais goutte d’authenticités vertueuses dans un océan de simulacre. Tu auras préféré la Polis a la Techné, le vrai au vraisemblable, la vie réelle et authentique faite de solitude laborieuse a la lumière ténébreuse, déformante du battage médiatiques si chère aux politiciens de ton pays. Au pays de toutes les expertises d’emprunts tu refusas le piège de l’oralitude pour cultiver la vertu du silence agissant. J’écris ces mots avec l’intime conviction que le Sénégal tout entier vient de perdre l’un de ses fils les plus illustres. Dernièrement Cheikh, tu m’appelas longuement pour échanger sur des questions de développement. M’étonnant de l’heure tardive (2h du matin) tu m’avouas que tu étais encore… au bureau ! Tu balayas toutes mes objections sur les conséquences d’une telle quantité de travail sur ta sante.

Reconnaissons au Président Moustapha NIASS le mérite d’avoir été l’un des premier à découvrir le génie, la brillance, la faconde avec lesquels ton nom rime et a t’offrir les cadre indispensable à leur expression. Que Dieu me pardonne mon blasphème mais j’ai du mal à te croire sous terre, Cheikh Ababacar. Je reste persuadé que mon incrédulité à l’annonce de ta disparition est partagée de tous ceux qui t’ont connu. Mon cœur se fend à te pleurer Cheikh, mais aussi, j’en reste persuade, les cœurs de nos vénérables maitres à penser qui ont guidé tes pas sur les chemins de la philosophie : SOULEYMANE BACHIR DIAGNE ? MAME MOUSSE DIAGNE ? ALOYSE RAYMOND NDIAYE entre autres ainsi que tous tes compagnons du Département de philosophie.

A ton épouse, tes enfants, tes proches et à la nation entière nos sincères condoléances.

A DIEU CHEIKH.

PROFESSEUR EL HADJI SONGDE DIOUF 

 

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