Publié le 3 Jul 2025 - 20:09

POUR UN PLAN DE STABILISATION DES FINANCES DE L’ETAT ET DE RELANCE ECONOMIQUE

 

Il faudra considérer que si la tendance de creusement du  déficit budgétaire de l’état du Sénégal  persiste autour de 10 % du PIB pour 2025, nous allons traverser une crise financière aigue, si aucune mesure de sauvegarde ne soit prise en urgence. En effet, lorsque les déficits s’accumulent, la tendance devient structurelle par entrainement et complexifient d’avantage les problèmes. Il faudra arrêter vie cette tendance hémorragique par la prise et l’application d’un plan d’urgence afin d’éviter une crise financière aigue consécutive à un surendettement exigible.

Pour une économie relativement forte à croissance économique robuste autour de 8 % pour 2025,  de surcroît productrice de gaz et de pétrole , il suffit simplement  de réduire  le déficit budgétaire par la  diminution  drastique du train de vie de l’état  et l’amélioration de la qualité de la dépense publique,  afin  que l’économie sénégalaise pusse   sortir la tête de l’eau.  Cette importante mesure de redressement financier devrait  être accompagnée  par  un refinancement de l’économie sénégalaise par un cash-flow d’argent frais quasiment  autour de 10000(dix) milliards de FCFA, soit la moitié du PIB  pour un crédit à long  terme. Le moins qu’on puisse dire, est que ces mesures  restent à notre portée ; Il suffit d’avoir la volonté politique, l’intelligence et la diplomatie économique qui y sied.

Nous pouvons comprendre qu’à la suite de chocs exogènes cumulatifs liés surtout à la crise sanitaire de la covid en 2020 et  2021 , la crise climatique avec les inondations en 2021 et 2022, la crise sécuritaire au Sahel avec le renforcement des dépenses militaires ainsi que la crise en Ukraine,, le déficit budgétaire puisse se creuser jusqu’en 2024 , en  plus des nombreuses dépenses d’investissement pour des projets structurants  au cours cette période.

C’est dire que, dès 2024 avec l’avènement des nouvelles autorités au pouvoir, nous pourrions opter pour cette politique économique de réduction du déficit de l’état et de refinancement de l’économie sénégalaise ,sans tambours  ni trompettes   auprès des  bailleurs de fond multilatéraux qui nous faisaient confiance par l’octroi de crédits à long terme à des taux concessionnels (FMI, BM , BAD ou d’autres fonds souverains européens ou arabes) . En 2024, le FMI était prêt à nous accorder des décaissements en 2024 et 2025 autour de 1200 milliards de FCFA. Malencontreusement, nous avons observé  la crise de confiance qui s’est installée principalement avec le FMI chef d’orchestre des bailleurs de fonds et les dégradations de la notation du Sénégal qui ont suivi.

Il ne s’agira pas d’un nouveau plan d’ajustement structurel à moyen long terme, mais , d’un plan d’urgence  de stabilisation des finances publiques à court moyen terme  par la réduction du déficit et un refinancement de l’économie par un crédit concessionnel à long terme, ou alors par un gel ou allégement  du service de la dette publique pour une période déterminée  .

Le Sénégal, dans le passé avait obtenu plusieurs refinancements de son économie auprès des clubs de Paris  et de Londres et même un  allègement  de la dette publique du Sénégal. Pourquoi pas de nos jours  en restaurant la confiance  auprès des bailleurs de fonds, la seule variable non aléatoire?

Kadialy  Gassama , Economiste

Rufisque

 

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