Publié le 8 Mar 2014 - 22:52
JOURNÉE INTERNATIONALE DE LA FEMME 2014

 «Rôle et place de la gent féminine au menu des débats»

 

(…) L’idée de retenir comme thème officiel de la Journée internationale de la femme 2014 : «L'égalité pour les femmes, c'est le progrès pour tous et toutes» résulte sans nul doute du constat voire la réalité de combien l'égalité des sexes, l'émancipation des femmes, la pleine jouissance de leurs droits humains et l'éradication de la pauvreté sont essentiels au développement économique et social. Il met également l'accent sur le rôle primordial des femmes en tant qu'agents du développement.

En effet, au Sénégal, les femmes cultivent les champs, récoltent et s’occupent de tous les travaux ménagers. Elles allaitent et pourvoient à l’éducation des enfants. Elles contribuent de manière déterminante à l’économie locale et jouent un rôle crucial   dans le développement durable du pays.

Elles renforcent la production agricole, améliorent la sécurité alimentaire et aident à réduire les niveaux de pauvreté au sein de leurs communautés de base. Les femmes dépensent la majeure partie de leurs revenus pour assurer le bien-être de leurs enfants et de leur famille. Pourtant, ces charges considérables de la femme  dans la société sénégalaise ne se reflète ni dans l’éducation encore moins dans la répartition des redevances ou encore leur rang dans divers sphères de prise de décision.

Au Sénégal, l’alternance survenue a suscité un immense espoir chez les femmes dont l’électorat déterminant n’est plus à démontrer. Les SOXNA (femmes en wolof)  du troisième millénaire s’annoncent à travers diverses structures, aptes pour une représentativité hors des sentiers décriés. Il s’agit en fait de rompre avec les habitudes qui placent  la femme et les jeunes filles dans une situation de seconde zone fut-elle éducative, politique, économique, sociale ou culturelle.

La SOXNA dans cette vision, dessine et dévoile l’émergence d’une approche managériale de savoir faire propre au genre. Elle entend surtout évoluer dans un cadre de valeur et d’excellence. Nombre de sénégalaises, quelle que soit leur apparence et appartenance, s’inquiètent devant la montée de la marée de dégénérescence morale et spirituelle qui déferle dans le monde.

Des entités féminines sont construites, en tant qu’espace de concertation, d’action, d’appui fécond. Lesquels abreuvoirs entendent accueillir les femmes qui s’abreuvent de valeurs fondatrices de la nation Sénégalaise. Lesquelles renforcent leurs capacités et leurs raisons d’être, leur leadership au long cours. Voilà pourquoi les femmes doivent faire entendre la voix des femmes de divers horizons, tout en affirmant et en consolidant leur statut de SOXNA.

De cette analyse d’expert en la matière sur la teneur de ce qui précède, la Soxna conjugue les qualités et les valeurs de la femme (1). Les Soxna du troisième millénaire s’annoncent aptes pour une représentativité hors des sentiers décrits. La Soxna doit dessiner et dévoiler l’émergence d’une approche managériale du savoir, du savoir être et du savoir-faire propre au genre humain.

L’originalité de cette démarche permet à la Soxna de nos jours, d’innover en engageant les véritables actrices et bénéficiaires d’un développement durable sans heurt dans des voies de sortie heureuse. Poser clairement le vrai débat d’implication culturelle, sociopolitique et économique de la Soxna.

Les organisations de la société civile, particulièrement celles des femmes font vibrer leurs cordes vocales pour pratiquement une même cause: l'égalité, l'inclusion et la participation des femmes et des jeunes filles. Elles font par ailleurs enfler la polémique au sujet du renforcement de leur participation à la population active qui contribue considérablement à la croissance économique. Des solutions sont attendues pour une grande majorité de cette cible vulnérable écrasée par la pauvreté.

Il n’est plus question de voir ces femmes et jeunes filles languir sous le poids de la misère ou oublier dans les politiques de développement. Leur autonomisation est entravée par les obstacles de nature sociale, économique et politique comme conséquence du déséquilibre entre les sexes. Pourtant, donner aux femmes les moyens d'agir et de développer leur activité revient à soutenir toute la communauté qu'elles entretiennent.

Ces victimes de l’exclusion ne demandent que de se prendre en charge, certes avec l’assistance et l’action des politiques gouvernementales. Tous les observateurs et doctes analystes sont d’avis qu’il n’est plus question de reconduire les fautes du passé dans la conduite du pays. Des pans entiers sont dans le désarroi et appellent à l’assistance. Nous vivons un spectacle de désolation. Des familles entières sont dans le trouble. Les femmes  ont lancé un cri de détresse. Leurs besoins de première nécessité sont inestimables.

Convenons-en, les problèmes qui assaillent notre pays et portent atteintes au droit du bon vivre doivent être traités. Lesquelles perturbations nous interpellent au-delà des clivages, antagonismes, et obédience ou chapelle confrérique ou politique.

Les Soxna devraient à titre de générosité et par devoir civique ou patriotique sécuriser la génération future. Dès lors, les Soxna doivent s’attaquer aux maux de la société par différentes façons, dont les échanges, discussions, dialogues constructifs et partenariat. La revalorisation de l’expression citoyenne du leadership féminin est un terreau fertile dans l’option irréversible de promouvoir le leadership de la femme, dans un style de type nouveau. C’est  notre credo orienté sur les voies orthonormées au bénéfice du Genre.

 

(1) Définition de la Soxna selon Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké, fondateur du Mouridisme :

- Son esprit est droite, elle ne fait que du bien et en parle.

- Son cœur est bon. Elle est pieuse.

- Ses vertus sont nobles- Elle répare toujours ce qui dérive vers le mal.

Dakar, le 07 Mars 2014.

Soxna Awa Cheikh Thioune

Vice-présidente de l’Association Club Soxna.

clubsoxna@yahoo.fr

 

 

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