Vers la mise en place des pôles régionaux

Dans le cadre de la mise en œuvre de la Stratégie nationale de Protection sociale (SNPS), la Délégation générale à la protection sociale et à la solidarité nationale (DGPSN) a tenu, durant deux jours à Saly, un atelier d’harmonisation des projets d’arrêtés de création des pôles régionaux de protection sociale et des feuilles de route.
Saly a abrité, durant deux jours, l’atelier national de validation des arrêtés portant création, organisation et fonctionnement des pôles régionaux et des feuilles de route des plateformes régionales de protection sociale, une activité qui vient après l’organisation d’ateliers régionaux entre décembre 2024 et octobre 2025. La DGPSN, qui a fait le tour des 14 régions du Sénégal pour organiser des ateliers de renforcement des capacités, a retenu comme recommandation phare le renforcement du dispositif de coordination institutionnelle. C’est là toute l’importance de cet exercice qui a pris fin hier (mardi) sur une note d'espoir.
Il a permis à tous les acteurs intervenant autour de l’écosystème de la protection sociale de partager sur l’élaboration d’un arrêté qui va mettre en place des pôles régionaux, mais aussi des feuilles de route pour les plateformes régionales de protection sociale. « En réalité, cette importante réunion témoigne d’une volonté ferme des plus hautes autorités de renforcer la territorialisation des politiques de protection sociale, en faisant des Gouverneurs de région de véritables architectes du développement social dans leurs circonscriptions administratives respectives », a souligné Ababacar Sadikh Niang, adjoint chargé du développement au Gouvernorat de la région de Thiès, venu présider l’ouverture des travaux.
Les ateliers régionaux de renforcement des capacités organisés par la DGPSN entre décembre 2024 et octobre 2025 ont été révélateurs. Ils ont mis en lumière, dans chacune des régions, des réalités connues des acteurs sur le terrain : des besoins immenses, des ressources dispersées et des acteurs multiples mettant en œuvre des actions et stratégies insuffisamment coordonnées. Ils ont surtout confirmé une évidence : sans structures formelles de coordination au niveau territorial, il est illusoire de prétendre à une protection sociale véritablement accessible à tous les concitoyens, en particulier chez les plus vulnérables.
C’est pourquoi la création des pôles régionaux de protection, en tant qu’instances de coordination, de planification et de suivi-évaluation des interventions sociales au niveau territorial, représente une avancée structurelle saluée par l’autorité administrative.*
Les pôles régionaux conçus pour être la cheville ouvrière de l’inclusion
Au Sénégal, les régions ont la particularité de concentrer des dynamiques socio-économiques complexes et variées : une urbanisation rapide, un secteur informel prépondérant, un chômage endémique dans certaines localités, des poches de pauvreté persistantes, surtout dans les zones rurales, et l’existence de plusieurs groupes vulnérables, notamment des personnes en situation de handicap, des femmes en situation précaire, des enfants en difficulté, dont les besoins en protection sociale restent insuffisamment couverts.
Dans ce contexte, la mise en place de pôles régionaux de protection sociale structurés et opérationnels constitue une réponse prometteuse. Elle permettra de mieux articuler les interventions des services déconcentrés de l’État, des collectivités territoriales, des OCB et des partenaires au développement, dans une cohérence d’ensemble et une synergie d’actions, sous l’impulsion, la coordination et la supervision des autorités administratives.
La feuille de route régionale qui sera validée lors de ces travaux devra ainsi refléter les priorités spécifiques à chaque région, tout en s’inscrivant harmonieusement dans le dispositif national. C’est l’équilibre délicat entre cohérence nationale et adaptabilité territoriale que les acteurs sont invités à trouver ensemble.
Un bel arrêté sans moyens opérationnels risquerait de rester lettre morte aux yeux de l’Adjoint au Gouverneur de Thiès, qui dit compter sur la DGPSN et ses partenaires pour accompagner les régions dans la mise en œuvre concrète de ces instruments. Ababacar Sadikh Niang n’a pas manqué de réitérer l’engagement de toute l’Administration territoriale à accompagner la mise en œuvre et le suivi de ce processus.
Parlant au nom de la Plateforme des organisations de la Société Civile pour la promotion de la protection sociale, Mamadou Thiam a estimé que le rôle attendu de la Société Civile est de faire en sorte que ces structures-là ne soient pas des structures de plus, mais soucieuses de veiller à l’inclusion. « Nous espérons bien que cela va se faire, parce qu’à travers les ateliers régionaux qui ont déjà été tenus, il y avait une parfaite inclusion. Nous espérons vivement que l’ensemble des préoccupations de la Société Civile, mais aussi des communautés vulnérables, seront prises en charge pour une protection sociale inclusive, mais aussi un socle de protection sociale robuste. »
PAPE MBAR FAYE (MBOUR)






