Publié le 21 Aug 2020 - 23:22
MALI

Le M5 prend la défense de la junte

 

Prenant acte des décisions de la CEDEAO contre le Mali, le M5 a affirmé prendre son destin en main et compare l’institution sous-régionale à la Covid 19.

 

‘’Nous avons connu la Covid-19. La CEDEAO est la Covid-20’’, a conclu le porte-parole Me Mamadou Ali Bathily, un des responsables du M5-RFP (Mouvement du 5 juin-Rassemblement des forces patriotiques). D’après lui, les mesures adoptées contre le Mali ne sont ni plus ni moins qu’une décision d’embargo contre leur pays. ‘’Nous disons aux responsables des Etats de la CEDEAO qu’ils doivent bien lire la Charte africaine des Droits de l’homme et des peuples.

Les peuples africains ont des droits. Le protocole additionnel du 21 décembre 2001 sur la bonne gouvernance et la démocratie a pour objectif de conforter une gouvernance dans l’intérêt des peuples et non contre les peuples. Aussi, dans son dispositif, la CEDEAO n’a prévu aucune sanction contre les peuples. Elle peut, cependant, sanctionner les dirigeants coupables de mauvaise gouvernance. Ils devaient donc sanctionner Ibrahim Boubacar Keita qui est le symbole de la mauvaise gouvernance et non le peuple malien souverain’’, a déclaré Me Bathily.

Mieux, il rappelle qu’en 2012, c’est la même CEDEAO qui avait, en quelque sorte, provoqué la démission d’Amadou Toumani Touré, suite à un putsch effectué par des militaires. Il dit : ‘’La CEDEAO avait acté et presque provoqué la démission d’ATT. Ce dernier avait pourtant laissé une Assemblée nationale et des institutions en règle avec les lois maliennes. D’où la possibilité, pour la CEDEAO de nommer M. Dioncounda Traoré pour diriger la transition. A l’époque, toutes les institutions étaient en place. Pourquoi ils veulent maintenant refuser la démission d’IBK ? C’est deux poids deux mesures.’’

Maitre Bathily a lui-même apporté une réponse à sa propre interrogation. Pour lui, cette radicalisation de l’organe sous-régionale est liée à la situation dans les autres pays, dont celle de la Côte d’Ivoire. ‘’Les choses ont changé. A l’époque, Alassane Ouattara ne pensait pas encore à un troisième mandat. Idem pour Alpha Condé et Issoufou qui venait d’arriver. Je pense qu’il y a une interprétation non pas théologique des textes de la CEDEAO, mais une interprétation littérale, c’est-à-dire l’interprétation la plus pauvre. Que la CEDEAO sache qu’il est en marche un printemps des peuples ouest-africains contre les gouvernements et leur syndicat qui violent les lois. Le combat va continuer et nous allons le remporter contre ces dirigeants à la vue restreinte, qui veulent nous confiner dans leur ignorance totale de l’application de leur propre droit’’.

M. AMAR 

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