Publié le 31 Aug 2013 - 19:07
MARCHÉ DE CASTORS

Une bagarre entre marchands et riverains fait plusieurs blessés

 

 

Commerçants et riverains se sont à nouveau battus, hier, au marché de Castors. Cela fait des années que les deux parties se regardent en chiens de faïence. Avant-hier jeudi, une bagarre générale a éclaté, lorsqu'un jeune baol-baol et une jeune fille du quartier se sont empoignés. Après cette dispute, ''les riverains sont sortis pour nous demander de nous en aller'', explique Mame Madiéri Sall, un marchand. A leur refus d'obtempérer, il y a eu une violente bagarre entre les marchands et les jeunes du quartier. Les vendeurs ont délaissé les limites du marché pour venir s'installer dans le quartier, en érigeant leurs tables dans les ruelles du quartier. Ce faisant, ils obstruent les passages et envahissent l'espace de vie des riverains qui ont fini par se lasser de cette situation.

El Hadji Ndiaye, un des jeunes du quartier, porte encore les stigmates de la violente bagarre. Il revient de l'hôpital, muni d'un certificat médical.  ''Cela fait deux jours qu'on se bagarre avec les vendeurs. Ils installent leurs produits jusque devant les portes de nos maisons''. Il laisse éclater son ras-le-bol. ''Le problème a assez duré. Je suis né, je les ai trouvés ici. Le problème est très sérieux. Les vendeurs arrivent tous les jours à 4h du matin, pour rentrer le soir à 23 heures''. Dans le quartier, les enfants ont du mal à s'épanouir, par manque d'espace. ''Ils sont obligés d'aller jouer ailleurs. ''Pour se rendre à l'école, ils sont contraints de faire un grand détour. Personne n'ose envoyer son enfant pour une commission à cause de l'insécurité''.

Voulant mettre un terme à cette situation, les jeunes du quartier expliquent qu'ils sont prêts à donner leur vie. Idem pour les marchands qui n'ont pas du tout envie de quitter les lieux. ''On ne va pas céder. Pour aller où?'', se demande Mame Madiéri Sall. Tout ce qu'ils demandent, c'est un endroit où vendre et subvenir à leurs besoins. ''Je suis ici depuis 6 ans'', dit-il. D'autres marchands sont sur les lieux depuis une dizaine d'années.  ''Peut- être que les riverains sont furieux contre nous à cause du bruit'', tente d'expliquer le commerçant.

 

Hier, il a fallu donc l'intervention de la police, pour mettre fin aux échauffourées. Outre, les nombreux blessés, de nombreux marchands ont été embarqués par la police. ''Ils sont toujours à la police'', a laissé entendre un marchand. Les hostilités ont repris tôt le matin. ''Ils ont commencé à s'installer vers 4 heures du matin'', raconte El Hadji Ndiaye. Rapidement le ton est monté. ''Les marchands nous ont lancé des pierres. Ils ont cassé les vitres de certaines voitures en stationnement''. À en croire le jeune riverain, si on en est arrivé là, c'est à cause de l'incurie des autorités municipales. ''J'habite ici, mais je ne connais pas le maire. On demande des autorités plus compétentes, sinon, il y aura mort d'homme''.

Khadim Tall, un autre riverain, partage cet avis. ''Malgré tous ces problèmes, on ne voit pas le maire. Il vient encaisser 100F ou 200F, par table. C'est  tout ce qui l’intéresse''. Et comme parmi les désagréments causés par l'installation des marchands, il y a l'insalubrité et le désordre, leur désir de mettre fin à cette ''pagaille''. En outre, les véhicules ne peuvent plus circuler à l'intérieur du quartier du fait de la présence des marchands. Les riverains qui sont véhiculés ont du mal à se garer. ''Le problème nous dépasse. Nous lançons un appel aux autorités'', plaide Khadim Tall .

 

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