Publié le 5 Aug 2012 - 08:10
PRÉSIDENCE DE L'ASSEMBLÉE NATIONALE (1ère partie)

Un désordre évité de justesse à Benno Bok Yaakaar !

 

 

Ce qui risquait de se dérouler au sein de la coalition Benno Bock Yaakaar aurait été sidérant pour ne pas dire plus, pour un début pourtant prometteur, d’un compagnonnage à succès. Qui eût cru que des leaders de partis politiques et des membres de la société civile, ayant décidé de faire front commun entre les deux tours des dernières présidentielles, sur la base d’un gentleman agreement, pour faire triompher Monsieur Macky Sall, sur « l’irremplaçable Abdoulaye », aient pu voir surgir de leur coalition un candidat non consensuel aux fonctions de président de l’Assemblée nationale, contre Monsieur Moustapha Niasse proposé par le chef de la coalition à laquelle appartient ce dernier, en l’ocurence l’Honorable député Moustapha Cissé Lo ?

 

La surprise qui a été créée par l’éclatement d’un tel pétard dans un ciel serein était d’autant plus grande, que la question de la candidature de la présidence de l’Assemblée nationale n’était pas ouverte dans la coalition Benno Bok Yaakaar ; il n’était un secret pour personne que le candidat de cette coalition devait être Monsieur Moustapha Niasse.

 

Deux candidats issus de la majorité, cela aurait été un grain de sable dans un plat de couscous, avant même qu’il ne fût servi aux convives.

Quel désordre en serait issu et, avec lui, une mesquine hilarité dans le camp du Président Wade, lui qui se serait sans doute dit que ses prières à son tombeur, lors de leur passation de témoin, seraient entrain d’être exaucées déjà. A y bien réfléchir, pour qui connaît « Maître », nuls autres que des naïfs mettraient la main sur le Coran ou sur la Bible, que ces prières d’un Wade sortant à un Macky entrant, étaient murmurées dans un sens souhaitables pour leur destinataire. A savoir pleins succès à ce dernier dans l’exercice de ses nouvelles charges.

Le maintien contre vents et marrées de la candidature de Monsieur Cissé Lô aurait constitué un véritable dilemme pour le Président Macky Sall, et allait empoisonner l’atmosphère au niveau de Benno Bok Yaakaar, en phase de consolidation. En effet, si M. Cissé Lô n’était pas finalement revenu à de meilleurs sentiments, en renonçant à sa candidature, le Président Macky Sall serait obligé d’assister impuissant à ce qui ressemblerait à l’éclatement de la coalition qui l’a porté au pouvoir, même si par dépit Monsieur Niasse lui aurait soufflé à oreille : «merci pour votre intention louable, mais je laisse tomber, m’étant rendu compte que je me suis trompé de milieu».

 

Dette de reconnaissance

Le Président Macky Sall n’avait d’autres choix que d’œuvrer, de manœuvrer comme il s’y était pris, afin d’arriver à la renonciation de l’Honorable député Moustapha Cissé Lô, à sa tentative politiquement injustifiable, de faire avorter le projet né d’une concertation entre partenaires du Benno Bok Yaakaar, qui a abouti à une candidature unique, celle de M. Moustapha Niasse.

 

Quelle que soit la dette de reconnaissance que le Président Macky Sall devrait à son compagnon d’infortune de la première heure, Monsieur Cissé Lô, le respect de ses engagements pris lors de la campagne électorale, avec les différents leaders au sein de Benno Bok Yaakaar, le tout en rapport avec les principes de bonne gouvernance édictés par les Assises Nationales, sont sans commune mesure avec une dette de tous ordres vis à vis de qui que ce soit.

Pour un responsable au sommet de l’Etat, aucune amitié politique, si mémorable soit-elle, n’aurait suffi pour qu’il renonçât au projet de faire passer M. Niasse au perchoir, une perspective manifestement populaire. J’invite  ceux, au nombre insignifiant, qui ont un avis contraire, à réfléchir sur les conséquences qui auraient découlé de la renonciation à un tel projet.

 

Si l’on ne perd pas de vue que pour constituer une équipe solide sur laquelle on pourrait compter pour mener à bon port la nouvelle Assemblée nationale, que tout le monde souhaite à mesure de donner les résultats attendus d’un parlement digne, d’un régime décidé à s’acquitter de sa mission multiforme de représentation, il fallait dépasser le critère d’amitié ou de militantisme, à l’heure du choix fatidique de son Président.

 

L’erreur de l’Honorable député Moustapha Cissé Lô serait de croire que personne d’autre que lui ne doit être pressenti Président de l’Assemblée nationale, parce qu’il ne verrait pas parmi tous les députés élus sur la liste de Benno Bok Yaakaar, un seul qui pourrait se prévaloir d’une proximité plus étroite avec le Président Macky Sall.

Il ne devrait quand même pas perdre de vue que même si des considérations de cette nature ne sont pas négligeables, elles ne pèsent pas lourd, comparées à des critères de compétence technique, d’expérience avérée dans la gestion des affaires à un certain niveau de l’Etat, de mesure et de sérénité dans le comportement de tous les jours.

 

Là alors, M. Moustapha Niasse en est bien doté, disons-le en toute indépendance d’esprit, d’où le Président Macky Sall a fait le bon choix, pour avoir décidé de s’en tenir à la candidature de M. Moustapha Niasse, que celui-ci n’aurait même pas posée personnellement, mais qui serait suggérée par le bon sens.

 

Dieu merci que M. Cissé Lô ait mis fin à son bras de fer, mais vraisemblablement pas de gaieté de cœur. Jugeons-en par le fait qu’il a récemment déclaré dans les ondes d’une radio que la présidence de l’Assemblée n’est pas le seul poste important pour les députés, et de continuer, il a fait référence à la toute puissance dont y jouirait Doudou Wade, en sa qualité de président du groupe parlementaire majoritaire. N’a t-il pas ainsi vidé son sac ? A bon entendeur salut !

 

(À suivre... 10h)

Maître Wagane Faye

 

 

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