Publié le 22 Aug 2026 - 21:57
ÉLECTION À LA FSF

Le TAS renvoie le dossier Mady Touré devant l’instance fédérale

 

Saisi pour contester le scrutin d'août 2025, le Tribunal arbitral du sport juge la décision de la Commission de recours de la FSF non fondée en droit. Toutefois, faute d'instruction préalable, le TAS s'abstient de statuer sur l'annulation directe de l'élection et maintient temporairement Abdoulaye Fall à la tête de l'instance fédérale.

 

Le feuilleton juridique entourant l'élection présidentielle de la Fédération Sénégalaise de Football (FSF) vient de connaître un rebondissement majeur. Saisi par le candidat Mady Touré suite au déroulement controversé du scrutin tenu un an plus tôt, le Tribunal Arbitral du Sport (TAS) a rendu sa décision ce vendredi 21 août 2026.

Tout en sanctionnant sévèrement les vices de procédure de la commission électorale locale qui avait rejeté le recours sans l'analyser, la juridiction de Lausanne a décidé de renvoyer l'intégralité du dossier à la FSF pour un réexamen sur le fond, laissant le président Abdoulaye Fall en fonction jusqu'à nouvel ordre.

Dans son communiqué officiel, le TAS souligne de manière très claire que "la décision d'irrecevabilité de la Commission de recours à l'encontre du recours de M. Touré n'était pas fondée en droit et violait le Code électoral". Les arbitres internationaux ont ainsi conclu sans ambiguïté que "la Commission de recours aurait dû examiner le recours en annulation formé par M. Touré et prendre une décision sur le fond".

Si Mady Touré obtient gain de cause sur le volet procédural, le TAS n'a cependant pas prononcé l'annulation immédiate de l'élection du 3 août 2025. La haute juridiction lausannoise s'est trouvée confrontée à un obstacle juridique : l'absence totale de travail d'enquête mené par les instances sénégalaises lors de la première saisine.

Le communiqué explicite précisément cette contrainte : "Faute de toute mesure d'instruction de la Commission de recours, la Formation du TAS a constaté qu'elle ne disposait pas d'éléments suffisants pour examiner les arguments de fond de M. Touré, y compris sa demande d'annulation de l'élection présidentielle". En clair, le tribunal suisse ne pouvait pas se substituer aux organes de la FSF pour effectuer une première instruction sur les griefs avancés (contrôle des votants, dépouillement, convocations).

En conséquence, le TAS "a décidé de renvoyer la cause à la Commission de recours en matière électorale de la FSF, pour une instruction complémentaire dans le sens des considérants et une nouvelle décision sur le fond". Il appartiendra désormais aux juges électoraux de la FSF de réinstruire l'affaire en profondeur et de répondre aux arguments formulés par le requérant.

Pour le football sénégalais, la portée immédiate de cette sentence réside dans le maintien des structures actuelles. Le TAS a veillé à clarifier la situation institutionnelle pour éviter tout vide juridique ou confusion au sommet de la fédération.

Le communiqué précise formellement que "ce renvoi n'a aucune incidence sur les résultats de l'élection présidentielle d'août 2025". Abdoulaye Fall conserve donc son titre et ses prérogatives de président de la FSF. Il demeure en poste pendant que la Commission électorale interne rouvre le dossier pour mener à bien l'instruction ordonnée depuis Lausanne. La balle revient désormais dans le camp des instances fédérales sénégalaises, qui devront rendre un jugement de fond conforme aux exigences du Code électoral et aux directives énoncées par le TAS.

Pour comprendre les enjeux de cet arbitrage, il convient de remonter aux 2 et 3 août 2025, dates de la tenue de l'Assemblée générale élective de l'instance dirigeante du football sénégalais. Candidat déclaré et figure majeure du football national, Mady Touré avait fait le choix d'interrompre brusquement sa participation aux alentours de deux heures du matin le 3 août 2025, informant le président de la commission électorale de son retrait juste avant le lancement du second tour.

Ce retrait n'était pas une simple renonciation, mais un acte de protestation formel. Mady Touré avait en effet dénoncé un processus entaché d'irrégularités majeures, pointant du doigt « des irrégularités dans les convocations et la tenue des débats », ainsi qu'un « défaut de transparence dans le contrôle des votants et le dépouillement ». Dans la foulée de cette Assemblée générale, Abdoulaye Fall était proclamé vainqueur et élu président de la FSF pour un mandat de quatre ans.

Déterminé à contester la légitimité de ce scrutin, le président de Génération Foot avait promptement introduit un recours auprès de la Commission de recours en matière électorale de la FSF afin d'obtenir l'annulation pure et simple de l'élection et l'organisation d'une nouvelle Assemblée générale. Mais le 25 août 2025, l'instance électorale interne de la fédération déclarait son recours irrecevable, refusant ainsi d'entrer dans le détail des accusations portées contre le processus électoral.

Refusant d'en rester là, Mady Touré avait porté le litige devant le Tribunal Arbitral du Sport le 11 septembre 2025, dirigé contre la FSF, Abdoulaye Fall ainsi que les autres candidats au poste de président. Après une audience formelle menée par visioconférence le 10 mars 2026, la Formation Arbitrale du TAS a finalement tranché sur la forme, infligeant un désaveu cinglant aux organes juridictionnels de la FSF.

Toujours est-il que l'histoire entre le TAS et le football sénégalais est loin de vivre son épilogue. L'instance est attendue sur un dossier encore beaucoup plus important, la finale de la dernière CAN, Sénégal vs Maroc, dont une audience devrait se tenir en octobre prochain.

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