Publié le 22 Aug 2026 - 23:06
RÉGULARISATION ET REPRISE DE LEUR FORMATION

800 enseignants d’EPS interpellent l’État

 

Réunis devant l’Inspection d’Académie de Thiès, plus de 800 enseignants d’Éducation physique et sportive (EPS) ont dénoncé l’interruption de leur formation complémentaire et exigé la reprise rapide des cours. En attente de régularisation statutaire et d’intégration dans le corps des Professeurs de collège d’enseignement moyen (PCEM), option EPS, ces agents disent vivre une situation injuste après plusieurs années d’attente.

 

Face à la presse, Ibrahima Guèye, coordonnateur national des Chargés de cours en EPS et coordonnateur régional de l’EPS au SAEMSS, a indiqué, hier, que leur mobilisation devant l’Inspection d’Académie de Thiès avait pour objectif de « prendre à témoin l’opinion nationale et internationale » sur les difficultés auxquelles sont confrontés les Maîtres d’Éducation physique et sportive (MEPS) et les Chargés de cours d’EPS.

Au cœur de leurs revendications figure une demande principale : leur intégration dans le corps des Professeurs de collège d’enseignement moyen (PCEM), option Éducation physique et sportive. En effet, Ibrahima Guèye explique que les MEPS mènent depuis 1999 des démarches pour obtenir une régularisation statutaire qu’ils estiment conforme à leur ancienneté, à leur expérience et à leur engagement au service de l’Éducation nationale.

Une première cohorte, composée principalement des agents les plus anciens de la catégorie, a achevé sa formation en mars 2025. La situation de la deuxième et dernière cohorte demeure toutefois en suspens, suscitant l’inquiétude et l’indignation des enseignants concernés.

Cette deuxième cohorte, forte de plus de 803 agents, avait entamé une formation complémentaire diplômante de quatorze mois au Centre national d’éducation populaire et sportive (CNEPS) de Thiès, le 1er juin 2026.

Mais à peine deux mois après le démarrage des enseignements, la formation a été interrompue le 6 août dernier.

Pour les enseignants concernés, cette suspension ne serait nullement liée à leur assiduité ou à leur engagement dans la formation. Ils pointent plutôt des difficultés financières opposant leur tutelle au centre de formation.

« Le centre formateur réclame aujourd’hui, en plus des paiements liés à notre cohorte actuelle, le règlement des arriérés concernant la première cohorte », explique Ibrahima Guèye.

Une situation qui, selon les représentants des enseignants, pénalise directement plus de 800 agents, alors qu’ils n’auraient aucune responsabilité dans les éventuels engagements financiers non encore honorés.

Les protestataires refusent ainsi de faire les frais de ce qu’ils considèrent comme des dysfonctionnements administratifs et financiers entre les différentes parties prenantes.

Ils demandent, par conséquent, aux autorités de prendre les dispositions nécessaires afin de permettre la reprise sans délai de leur formation et de trouver une solution définitive aux difficultés financières qui affectent le processus.

Les enseignants d’EPS ont également profité de leur mobilisation pour interpeller les organisations syndicales du secteur de l’éducation.

Ibrahima Guèye a notamment salué la présence et le soutien de plusieurs organisations membres du G7, parmi lesquelles le CUSEMS, le CUSEMS Authentique et le SAEMSS. Il les a toutefois invitées à renforcer leur engagement en portant cette revendication au niveau de l’ensemble de la plateforme syndicale.

Pour les protestataires, leur combat dépasse désormais la seule question de leur statut professionnel. Il pose, selon eux, des enjeux liés à la justice administrative, au respect des engagements pris par l’État et à la reconnaissance des droits des personnels de l’éducation.

NDEYE DIALLO (THIES)  

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