Publié le 13 Mar 2026 - 10:22

La coalition Diomaye saisit le procureur et interpelle le président de l’Assemblée

 

La polémique suscitée par les propos tenus à l’Assemblée nationale par le député Cheikh Bara Ndiaye continue de provoquer des réactions. La Conférence des leaders de la coalition Diomaye Président, à travers plusieurs de ses composantes, a décidé de porter l’affaire sur les plans institutionnel et judiciaire.

Dans deux correspondances datées du 12 mars 2026, l’Organisation nationale citoyenne (ONC) et la coalition Ñun Ñepp ont respectivement interpellé le président de l’Assemblée nationale et saisi le procureur de la République pour dénoncer les propos jugés “scandaleux” et “outrageants” du député.

Dans sa lettre adressée au président de l’Assemblée nationale, l’Organisation nationale citoyenne rappelle que l’hémicycle doit demeurer un espace d’expression politique respectueux des institutions. Selon l’ONC, les déclarations du député Bara Ndiaye, tenues le 11 mars 2026 lors des débats parlementaires, constituent une atteinte grave à la dignité de la fonction présidentielle. L’organisation demande ainsi l’application d’une sanction exemplaire conformément aux dispositions de l’article 88 du règlement intérieur de l’Assemblée nationale.

De son côté, la coalition Ñun Ñepp a décidé de saisir directement le parquet. Dans un courrier adressé au procureur de la République près le Tribunal de grande instance hors classe de Dakar, la coalition estime que les propos tenus à l’Assemblée nationale sont susceptibles de constituer un outrage au chef de l’État et une atteinte à l’honneur des institutions de la République.

Le document rappelle notamment que le Code pénal sénégalais réprime plusieurs infractions liées à l’outrage envers le chef de l’État, notamment à travers l’article 254 relatif aux offenses publiques par parole, écrit ou tout autre moyen de diffusion.

Au regard du caractère public des propos et de leur portée institutionnelle, la coalition demande au parquet d’apprécier la qualification juridique des faits et d’engager, le cas échéant, les poursuites appropriées.

Ces deux démarches sont endossées par les membres de la Conférence des leaders de la coalition Diomaye Président, notamment Mimi 2024, l’Organisation nationale citoyenne, le Mouvement pour la révolution citoyenne ainsi que Awalé.

Pour les signataires, la préservation du respect dû aux institutions de la République et à la fonction présidentielle constitue un impératif pour la stabilité de l’État de droit.

Cette affaire intervient dans un climat politique particulièrement tendu, marqué par de vifs échanges à l’Assemblée nationale lors de l’examen de la loi visant à renforcer les sanctions contre les relations homosexuelles.

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