Diomaye Faye alerte contre la banalisation du recours unilatéral à la force

Diomaye Faye exprime des doutes sur l’efficacité des mécanismes actuels de prévention et de gestion des crises, en invoquant la récurrence des conflits armés et les tensions entre puissances nucléaires. Le président sénégalais condamne fermement toute approche sélective de la valeur de la vie humaine.
Le président Diomaye Faye a présidé ce samedi la Conférence générale des ambassadeurs, consuls généraux et consulats du Sénégal. Il a souligné que le monde est marqué par de grandes turbulences géopolitiques et des défis inédits, y compris dans "notre voisinage immédiat, avec des risques sérieux de fragmentation de notre espace communautaire". À cela s’ajoutent, selon lui, les effets multiples du dérèglement climatique, une crise économique profonde et un multilatéralisme mis à rude épreuve.
Ainsi, à ses yeux, la recrudescence des conflits armés et les tensions récurrentes entre puissances nucléaires doivent pousser à s’interroger sur l’efficacité des mécanismes actuels de prévention et de gestion des crises. "Nous assistons à une banalisation du recours unilatéral à la force, en contradiction flagrante avec les principes de la charte des Nations Unies", regrette Diomaye Faye. Il estime qu’une telle évolution met en péril l’équilibre du monde et heurte profondément notre conception de la dignité humaine. "Le Sénégal condamne toute approche sélective de la valeur de la vie humaine et continuera de s’opposer, avec constance, à toute forme de 'deux poids, deux mesures'", dit-il.
Ainsi, le chef de l’Etat plaide pour un ordre international plus juste, où l’humain demeure au cœur des préoccupations, et où chacun pourra vivre dans la paix, la dignité et la sécurité. Dans cette perspective, Diomaye Faye indique que "la voix du Sénégal continuera de porter, avec clarté et détermination, sur les causes d’essence universelle, tout en s’inscrivant dans une dynamique d’action unitaire aux niveaux sous-régional et continental". Il ajoute : "Je suis convaincu que, forts de notre unité, de notre solidarité et de notre confiance en nous-mêmes, nous sommes en mesure de jouer un rôle de premier plan dans la construction de l’avenir de notre continent".
Cela implique, pour lui, un engagement renforcé en faveur de l’intégration africaine, tant dans la conception que dans la mise en œuvre des politiques communautaires, ainsi qu’une mobilisation accrue pour faire entendre la voix de l’Afrique sur la scène internationale.
Le président Faye estime que le multilatéralisme doit rester le cadre privilégié de l’action internationale. Mais, dit-il, il doit impérativement se réinventer. "Il doit être rénové et revitalisé pour sortir du statu quo post-guerre mondiale", déclare le président du Sénégal. Qui considère que cela passe par une réforme ambitieuse de la gouvernance mondiale afin de la rendre plus équitable, plus représentative et mieux adaptée aux réalités contemporaines.
"L'Afrique, indique le chef de l’Etat, doit y occuper la place qui lui revient et ses priorités doivent être pleinement prises en compte". De plus, assure Diomaye Faye, le Sénégal continuera également de promouvoir l’égale dignité des cultures et des civilisations. Pour lui, le respect de la diversité constitue un fondement essentiel de la coexistence pacifique entre les peuples. "Aucune civilisation ne saurait prétendre ériger ses valeurs en normes universelles au détriment des autres", dit-il.
Diplomatie sénégalaise et renouveau de la coopération internationale
La Conférence générale des ambassadeurs, consuls généraux et consulats du Sénégal avait pour thème : la diplomatie sénégalaise et le renouveau de la coopération internationale : principes et modes d’action. En présidant la cérémonie, Diomaye Faye a déclaré : "Le Sénégal s’honore d’une tradition diplomatique ancienne, active, profondément ancrée en Afrique et résolument ouverte sur le monde".
Le chef de l’État de souligner que le monde évolue, et qu’avec lui émergent des défis inédits dans un environnement international de plus en plus instable et incertain. "Voilà, dit-il, pourquoi il nous appartient, tout en nous appuyant sur nos ressorts traditionnels, d’adapter notre diplomatie et de moderniser ses instruments pour la rendre plus efficace.".
Ce renouveau traduit, selon lui, "une inflexion assumée" : le passage d’une diplomatie de présence à une diplomatie de souveraineté, de résultats et d’anticipation au service des intérêts stratégiques du Sénégal. Pour Diomaye Faye, il ne s’agit nullement d’un repli, mais de "l'affirmation lucide de notre capacité à définir et à conduire, en toute indépendance, nos choix et nos priorités".
Le président Faye affirme que l’ambition du pays est de bâtir un État engagé sur la voie du développement durable, fondé sur des partenariats équilibrés, respectueux et mutuellement bénéfiques.
BABACAR DY SEYE







