Publié le 10 Feb 2014 - 05:29
PARTI SOCIALISTE

Khalifa Sall déterre la hache de guerre

 

Rien ne va plus entre Ousmane Tanor Dieng et Khalifa Sall, maire de Dakar. Leurs relations sont à ce point exécrables que le maire de Dakar a déclaré, lors de rencontres du Bureau politique de la formation politique, qu'il a fini de reprendre sa liberté sur la question de l'Acte 3 de la Décentralisation ; la goutte d'eau qui a fait déborder le vase.

''J'ai repris ma liberté'',  a confié Khalifa Sall à ses camarades, selon plusieurs sources concordantes. Le maire socialiste de Dakar, installé sous la bannière Benno Siggil Senegaal (BSS) reproche à certains cercles de sa formation de ''ne pas instaurer un dialogue de fond sur le texte'' et d'accepter de ce fait de faire le jeu de l'Alliance pour la République (APR).

Pour lui, le fait qu'aucune démarche consensuelle n'ait été mise en œuvre, le mode qu'il juge non démocratique des futurs délégués de ville, la non-prise en compte de la problématique de la gestion de la terre, l'ocultation des problèmes de ficalité que cela implique, tout cela participe à invalider les réformes de l'Acte 3 de la Décentratlisation. Ces différentes mises en garde contre la direction prise par son parti ont trouvé l'oreille d'un sourd. Le maire de Dakar (qui a aussi  briefé ses proches sur le fait qu'il est ''même préparé à quitter la Mairie de Dakar depuis le jour où il a été installé), a réellement déterré la hache de guerre.

Senghor, Diout et Tanor

En fait, le malaise est bien plus profond qu'on ne le croit. Selon les informations qui remontent des dernières réunions du parti, Khalifa ne comprend pas, ''aussi bien sur la forme que le fond, que le Ps accepte que Macky Sall mette une croix sur les réformes instaurées par Léopold Sédar Senghor et Abdou Diouf''. Car, la réforme instituant les communautés rurales date de 1972, sur l'initiative de Senghor.

Tandis que la réforme de 1996, sous Diouf, a institué les 10 régions du Sénégal d'avant Abdoulaye Wade qui les a portées à 14. Raison pour laquelle, au sein des ''Verts'', la faille est d'autant plus béante que ''les doctrinaires du parti, dit-on, sont mal à l'aise'', du fait que cette réforme entre en contradiction avec la ligne directrice instaurée par le parti.

Nos interlocuteurs citent un problème de ''cohérence dans la démarche'' et parlent de motivation politique. Visiblement, Khalifa Sall s'est fait une religion, rapporte-t-on. ''Il sait que c'est pour des raisons politques que l'Acte 3 a été lancé et c'est  précisément pour le neutraliser à la Mairie de Dakar, contenir Abdoulaye Baldé et Idrissa Seck qui ont une base politique dans les villes qu'il dirige'', confie un de ses proches.    

Il s'y ajoute que les maires des villes n'ont pas été associés à la réforme annoncée. Khalifa Sall n'est  pas non plus d'accord avec Ousmane Tanor sur des questions telles que la ''gestion des terres'' et ''les contraintes fiscales'' que cela implique. Aujourd'hui, on craint pour le Ps le ''syndrome AJ''. La dualité au sommet entre Landing Savané et Mamadou Diop ''Decroix'' avait conduit à l'implosion de And Jëf. Les mêmes causes conduisant aux mêmes effets, le plus dur reste à venir pour la formation socialiste.

 

 

Section: 
RÉVISION CONSTITUTIONNELLE-AMANDEMENTS DE LA MAJORITÉ PARLEMENTAIRE : Le gouvernement pour une concertation avec les acteurs politiques et de la société civile
RENVOI CODES DU TRAVAIL, CONDITIONS POUR LA RÉVISION DE LA CONSTITUTION : L’Assemblée déclenche la guerre
RÉVISION DE LA CONSTITUTION : Pastef dans un engrenage
THIES - REFORMES INSTITUTIONNELLES L’APR dénonce une « dérive »
POLITIQUE : Juan Branco, l’allié encombrant du Pastef
RECONFIGURATION POLITIQUE : Une drôle d'opposition
APRÈS LA DÉCISION DU CONSEIL CONSTITUTIONNEL SUR OUSMANE SONKO Le FDR appelle à la constitution d’un large front contre le pouvoir
RÉINTÉGRATION OUSMANE SONKO Le Conseil Constitutionnel clôt le débat
CANDIDATURE À L'ONU : Macky Sall poursuit sa campagne diplomatique en Europe
POUVOIRS DE L’ASSEMBLÉE NATIONALE Entre fantasmes et réalité
TENSIONS EXPLOSIVES AU PARTI SOCIALISTES : Une motion de confiance sur fond de violents affrontements
CRISE AU PARTI SOCIALISTE Des lendemains incertains dans la maison de Senghor
NOMINATION DE SUPERVISEURS ADJOINTS : Diomaye Faye muscle son appareil politique
POLITIQUE : Suspicions généralisées au sommet de l’État
L'AFFAIRE ASER OCCUPE LE DEVANT DE LA SCÈNE Du livre de Bachir Fofana à la conférence de Thierno Alassane Sall
ASSEMBLEE GÉNÉRALE PS DEMAIN : L’Union régionale de Dakar dénonce des appels à la violence
Alain Diouf remplace Aminou Lo…
Pastef-Les Patriotes
RÉINTÉGRATION D’OUSMANE SONKO : La compétence du Conseil constitutionnel à l’épreuve
DAKAR ARENA : Ousmane Sonko scelle sa rupture avec Diomaye Faye