Publié le 2 Mar 2014 - 04:35
RUSSIE UKRAINE

Le Parlement russe approuve le recours à l'armée en Ukraine

 

Le Parlement russe a voté ce samedi 1er mars le recours aux forces armées en Crimée. À Kiev, Vitali Klitschko a lancé un appel à la «mobilisation générale». Le Conseil de sécurité de l'ONU a annoncé une réunion d'urgence. Selon le Kremlin, Vladimir Poutine n'a pas encore pris sa décision sur le recours à l'armée russe.

 

Le Conseil de la Fédération a approuvé à une très large majorité ce samedi le déploiement de forces armées dans la région ukrainienne de Crimée, en réponse à une demande du président Vladimir Poutine. La décision de recourir aux « forces armées de la Fédération de Russie sur le territoire de l'Ukraine jusqu'à la normalisation de la situation socio-politique dans ce pays » doit prendre effet immédiatement.

La formulé employée est assez ambigüe. Le texte que les parlementaires russes ont voté autorise la Russie à utiliser ou bien les forces de la flotte russe de la mer Noire, qui se trouvent déjà en Crimée et qui comptent environ 20 000 hommes, ou bien d'autres troupes, en provenance de la Russie.

Mais les diplomates russes, pour leur part, tempèrent la décision du Parlement. Le vice-ministre des Affaires étrangères a ainsi fait savoir que l'adoption du texte ne signifiait pas « forcément » qu'elle serait rapidement mise en pratique. Dans un communiqué, le Kremlin a précisé que Vladimir Poutine n'avait pas encore pris sa décision sur le recours à l'armée russe en Ukraine.

Selon des télévisions russes, la chambre haute a en outre demandé à Vladimir Poutine de rappeler à Moscou l'ambassadeur de Russie aux Etats-Unis, alors que le président Barack Obama a mis vendredi soir en garde sur les « coûts » de toute intervention militaire en Ukraine.

Le président ukrainien par intérim, Oleksander Tourchinov, a convoqué en urgence les principaux responsables de la sécurité du pays, pour évaluer les réponses à apporter à ce qui ressemble bien à une déclaration de guerre, vu de Kiev, rapporte notre envoyée spéciale dans la capitale ukrainienne, Anastasia Becchio.

Ce matin en ouvrant son premier Conseil des ministres, Arseni Iatseniuk avait semblé choisir la voie de la retenue. Le chef du gouvernement qui ne souhaitait pas entraîner le pays dans un conflit armé et appelait la Russie à cesser ses provocations, pensait encore pouvoir résoudre la crise par la négociation. Mais les dernières décisions de Moscou changent la donne.

Les responsables ukrainiens ont fait savoir que les unités militaires qui stationnent en Crimée avaient été mises en état d’alerte. De son côté, le député Vitali Klitschko, candidat à l’élection présidentielle, dénonce une agression russe et demande au Parlement de proclamer la « mobilisation générale ». Il plaide également pour une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU.

L’inquiétude est donc vive à Kiev et en particulier sur la place de l’Indépendance. « C’est un cauchemar », réagit une jeune femme, dont toute la famille vit en Crimée, qui dit redouter une partition de son pays. Sur la scène, les orateurs se succèdent pour évoquer la situation dans la région autonome, l’écran géant diffuse les dernières informations, la foule scande « la Crimée est Ukrainienne ».


Escalade de la tension

Plus tôt dans la journée, la Douma, la chambre basse du Parlement russe, avait demandé au président Vladimir Poutine de prendre « tous les moyens possibles » pour stabiliser la situation en Crimée et de « protéger sa population contre la tyrannie et la violence ». Selon le président de la Douma, Serguei Narychkine, des groupes armés auraient tenté de prendre d'assaut le bâtiment du ministère de l'Intérieur de Crimée.

Le ton entre les autorités de Kiev et de Moscou est monté d'un cran ce samedi matin. L'Ukraine a accusé la Russie d'avoir déployé des troupes supplémentaires dans la péninsule. Kiev parle de 6000 soldats et d'une trentaine de blindés envoyés en renfort au contingent de la flotte russe qui est déjà stationnée sur place.

La Russie dispose d'une force armée non négligeable en Crimée, avec la flotte russe de la mer Noire, qui compte quelque 20 000 hommes, est basée à Sébastopol, aux termes d'un accord entre Moscou et Kiev. Les nouvelles autorités ukrainiennes ont accusé la Russie d'avoir déjà déployé des milliers d'hommes supplémentaires dans la péninsule pro-russe de Crimée, depuis plusieurs jours en proie à de vives tensions séparatistes.

RFI.FR

 

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