Publié le 6 Jun 2015 - 02:23
SPOLIATION DE SES TERRES:

Pointe Sarène dit non à la SAPCO

 

Les habitants de Pointe Sarène, un village situé dans la commune rurale de Malikounda, ont organisé hier un sit-in. Ils accusent la Société d’aménagement de la Petite Côte (SAPCO) de vouloir les spolier de leurs champs pour revendre les terres à des privés. D’autres manifestations sont prévues pour pousser l’Etat à la table de négociation.

 

Le soleil de plomb n’a pas été un frein à la mobilisation des habitants de Pointe Sarène, dans la commune rurale de Malikounda, département de Mbour. Ils ont fait, hier, une démonstration de force pour dire «non à la SAPCO ». En effet, les populations sont très remontées contre la société dirigée par Bocar Ly. Elles lui reprochent de vouloir faire main basse sur leurs terres situées entre la mer et la route départementale Mbour-Joal, soit une superficie dépassant plus de 1 500 hectares. Elles y font des cultures maraîchères et agricoles. A en croire leur porte-parole Racidou Diallo, l’Etat veut les réduire « en mendiants ». « Nos enfants vont devenir des voleurs et des agresseurs de touristes ou pire encore, tenter, comme c’est à la mode, de faire l’émigration clandestine, en bravant les eaux de l’océan, avec tous les risques que cela comporte. »

Car, pour mettre la main sur ces terres, la SAPCO leur propose des indemnités de l’ordre de 2 000 à 6 000 F CFA le m², renseigne un manifestant. Ce montant est jugé dérisoire par les populations, parce que la commission d’évaluation des impenses qui est venue évaluer les champs de céréales entre le mois de janvier et le mois de juin n’a pas tenu compte des limites des propriétés. Les populations  flairent déjà un coup fourré de la SAPCO, parce que la société, selon elles, compte revendre le m² à 25 545 F CFA. Vêtus de rouge ou arborant des foulards de la même couleur, les villageois ont dit «non au forcing imposé par la SAPCO». Déjà, ils se plaignent du manque de communication des autorités. « Si la SAPCO réussit son coup, prévient le porte-parole, c’est sûr que les générations à venir vont continuer à habiter chez leurs parents. A moins de chercher d’autres cieux, en quittant le village. »

Désireux de préserver leurs terres et de sauvegarder leurs activités agricoles, les villageois comptent faire barrage au projet de la station balnéaire de Pointe Sarène et de Mbodiène. Ils tirent la sonnette d’alarme et refusent «d’être les sacrifiés du plan Sénégal émergent ». Dans quelques semaines, promettent-elles, si l’Etat ne réagit pas, ils vont passer à la vitesse supérieure.

André BAKHOUM (Mbour) 

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