Publié le 23 Feb 2017 - 22:40
IBRAHIMA DIEME (CHERCHEUR) SUR LA RESOLUTION DU CONFLIT CASAMANCAIS

‘’Les alternances créent l’euphorie mais ne règlent pas les problèmes’’

 

En marge de sa tribune trimestrielle, l’Ong Wanep Sénégal a invité hier à examiner les perspectives définitives pour la paix en Casamance que peut offrir la nouvelle alternance politique en Gambie. Celle-ci, selon  le  conférencier Ibrahima Diémé, marque une étape, mais pas une fin en soi.

 

‘’Les alternances suscitent l’euphorie, mais ne règlent pas tous les problèmes. On a vu Abdoulaye Wade qui avait promis de résoudre la crise en Casamance dans les 100 jours qui devaient suivre son accession au pouvoir en 2000. C’est plutôt sous son règne que les choses  ont empiré’’, a déclaré Ibrahima Diémé, membre du Groupe de réflexion et de recherche de la paix en Casamance (GRRPC). Cette invite à la prudence a été lancée par le chercheur, à la Fondation Konrad Adenauer (FKA), lors de la tribune du Wanep Sénégal sur le thème  ‘’alternance politique en Gambie : quelles perspectives définitives pour la paix en Casamance ?’’.

Une discussion à laquelle beaucoup de chercheurs ont pris part, notamment l’historien Bouba Diop de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar et le Pr Ibrahima Sall, secrétaire exécutif du Codesria. Selon le conférencier, même si l’alternance gambienne donne des signaux positifs, actuellement, il ne faudrait pas trop attendre de ce pays pour la résolution définitive du plus vieux conflit (35 ans) en Afrique au sud du Sahara. Qu’il appartient au Sénégal de le régler. ‘’Cette crise est née de préoccupations des populations vivant au sud du Sénégal, lesquelles devraient être prises en compte à travers des réponses qui proviennent de l’Etat du Sénégal’’.

Toutefois, cette alternance politique en Gambie intervient dans un contexte plus favorable, en ce sens qu’elle coïncide avec une accalmie ‘’encourageante’’ sur le terrain. ‘’Avant même les élections en Gambie, les différentes branches armées du MFDC étaient dans une prédisposition d’aller vers la reconstruction de leur unité, en vue de se préparer pour aller à la table des négociations. Il y a eu une coïncidence qui a fait que le dernier contact que le GRRPC a eu  était le 27 novembre 2016, et l’élection en Gambie le 1er décembre’’, s’est-il félicité, avant d’inviter l’Etat du Sénégal à s’attaquer à l’épineuse équation du ‘’désenclavement’’ de la région. Selon le chercheur, il faut envisager une continuité territoriale pour les Sénégalais qui doivent pouvoir se mouvoir tranquillement du Sud vers le Nord et inversement. Ce qui passe par la construction des infrastructures adéquates (chemin de fer, autoroute, renforcement de la navigation maritime et aérienne).

Abordant la gestion du conflit par les différents régimes, le membre du Collectif des cadres de Casamance n’a pas manqué de saluer la démarche de l’actuel président. ‘’La différence entre Macky Sall et ses prédécesseurs, c’est que lui, il a accepté de discuter de la question sur tous les points. Les deux premiers étaient disposés à discuter de tout, sauf de la question de l’indépendance. Le Président Macky Sall a dit, depuis 2012, qu’il est prêt à discuter avec le MFDC de toutes les questions y compris de celle de l’indépendance et partout. Ce qui impliquait qu’il n’excluait pas d’engager des discussions dans un pays autre que le Sénégal’’, a-t-il loué.

A cela s’ajoutent les engagements politiques et sociaux qu’il a pris et matérialisés, comme celui relatif à la réduction du prix du billet de l’avion et du coût du billet du bateau le Joola.  Sur le terrain, note M. Diémé, les  braquages sont de plus en plus rares. Les membres du MFDC, dans une prédisposition à dialoguer, travaillent à unir leurs factions, condition sine qua non exigée par les acteurs avant d’aller à la table de négociations. Toute chose qui fait dire à M. Diémé que le Sénégal vit la dernière accalmie qui annonce la paix totale. Par contre, il met un bémol à la thèse selon laquelle la construction du pont en Gambie réglera tous les problèmes entre les deux pays. ‘’Le pont ne va pas régler tous les problèmes, car cela n’empêchera pas de passer par un territoire étranger qui est la Gambie’’, objecte-t-il.

MAMADOU YAYA BALDE

 

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