Publié le 6 May 2026 - 09:31
AFFAIRE PAPE NGAGNE NDIAYE  

Le Procureur de la République demande un renseignement judiciaire

 

Comme annoncé hier dans nos colonnes, le journaliste Demba Seck Ndiaye, dit Pape Ngagne Ndiaye, a déféré à sa convocation hier en début de matinée. Après plusieurs heures face aux enquêteurs de la Sûreté urbaine du commissariat central de Dakar, il est rentré chez lui. Sauf que, renseignent nos sources, le Procureur de la République a demandé qu'on lui envoie son dossier en renseignement judiciaire.

Selon nos informations, dès le début de son audition, il a reconnu sans équivoque être l’auteur et le présentateur de l’émission « Faram Facce », diffusée en direct sur la TFM le 29 avril 2026. Il confirme avoir tenu, au cours de ladite émission, des propos attribuant au Premier Ministre Ousmane Sonko une implication dans l’arrestation et l’incarcération de Pape Malick Ndour. Visionnage à l’appui, poursuivent nos interlocuteurs, le journaliste n’a pas contesté être l’auteur de ces déclarations.

Toutefois, interrogé sur les fondements de telles affirmations, il s'est réfugié derrière une interprétation personnelle des déclarations publiques du Premier Ministre, notamment celles relatives à son implication dans la gestion des affaires judiciaires et son autorité supposée sur le Ministre de la Justice. Face aux questions précises visant à établir un lien concret entre ces déclarations et la décision judiciaire ayant conduit au placement sous mandat de dépôt de Pape Malick Ndour, selon nos interlocuteurs, M. Ndiaye a été évasif.

En effet, expliquent nos sources, il a reconnu expressément son incapacité à apporter des éléments probants.

Par ailleurs, il a admis avoir qualifié l’incarcération de certains acteurs politiques, dont Pape Malick Ndour, d’« abus d’autorité », tout en soutenant que ses propos relèvent du commentaire journalistique fondé sur le contexte politique et institutionnel. Cependant, confronté aux implications de ses déclarations, notamment leur caractère potentiellement attentatoire à la crédibilité de l’institution judiciaire, il a adopté une posture de retrait, se limitant à affirmer qu’il ne cherche ni à diffamer ni à diffuser de fausses nouvelles, avancent des sources proches du parquet.

Il faut aussi préciser que le renseignement judiciaire demandé par le Procureur de la République « est une information collectée et analysée par les services de police ou de gendarmerie pour prévenir, anticiper ou suivre une activité criminelle, puis transmise à l'autorité judiciaire. Il vise à aider les enquêteurs à identifier les auteurs d'infractions, à rassembler des preuves et à comprendre des phénomènes criminels (stratégique, tactique ou opérationnel) ».

Le journaliste et animateur de l’émission Faram Facce sur la TFM, Pape Ngagne Ndiaye, a déféré à la convocation de la Sûreté urbaine du commissariat central de Dakar pour avoir attribué au Premier ministre, Ousmane Sonko, la responsabilité de l’incarcération de l’ancien ministre Pape Malick Ndour, le présentant comme l’instigateur de cette décision judiciaire. Ainsi, les propos du journaliste ont été jugés « outrageants » et « de nature à jeter le discrédit sur l’institution judiciaire ». Il lui est notamment reproché d’avoir qualifié la condamnation de l’ancien ministre d’« abus d’autorité », imputé à la fois au Premier ministre et à certains magistrats, accusés de faire de la justice « un instrument arbitraire de privation de liberté ».

Cette convocation continue de provoquer des réactions de la société civile, en l’occurrence. Après le président de l’ONG 3D, Moundiaye Cissé, qui a dénoncé cette convocation, avant-hier, hier Seydi Gassama, directeur exécutif d’Amnesty International Sénégal, a aussi réagi publiquement. « Nous sommes préoccupés par la convocation du journaliste Pape Ngagne Ndiaye à la sûreté urbaine, convocation qui serait motivée par des propos qu’il a tenus lors d’une émission. Nous demandons l’abandon des poursuites à son encontre et le respect de la liberté de la presse. Nous réitérons notre demande pour la dépénalisation des délits de presse au Sénégal », a-t-il publié.

Section: 
SANTÉ PUBLIQUE – EAU EN SACHET : La mise au point des chercheurs
AFFAIRE BOURY BATHILY- BALLA GAYE 2 / VIOLENCES CONJUGALES PRÉSUMÉES : Des féministes interpellent le procureur
Accès à l’avortement médicalisé
DISTINCTION INTERNATIONALE : Pr Fatimata Ly honorée pour son leadership en dermatologie
CRÉDITS SPÉCIAUX : Le gouvernement saisit le Conseil constitutionnel
BANQUE RÉGIONALE DES MARCHÉS : La banquière de poigne, Germaine Diène aux commandes
PLAN DE REDRESSEMENT DE KAOLACK : L’Aprodel propose sept axes
SAINT-LOUIS : INAUGURATION DE KEUR AUTEUIL Un outil d’autonomisation des personnes handicapées
PRÉSUMÉE SURFACTURATION À LA CACO : Une information judiciaire ouverte pour un préjudice de 2,225 milliards de francs CFA
INDEMNISATION DES EX-CHEMINOTS : Le paiement des 5,3 milliards de francs CFA démarre à Thiès
ÉPIDÉMIE DE DIPHTÉRIE À KÉDOUGOU : Quatre cas confirmés, dont un décès
PROMOTION 13 DE L’ENO DE KAOLACK : Les conseils du parrain Dibcor Faye
AFFAIRE ASER–AEE POWER EPC : La justice passe à la vitesse supérieure
CONVENTION DES NATIONS UNIES SUR LA LUTTE CONTRE LA DÉSERTIFICATION : Pr Cheikh Mbow, Directeur Général du CSE élu Président du Comité SPI
NÉCROLOGIE : Mamadou Kassé, une vie au service du journalisme et de la transmission
Code de l’aviation civile
GAMOU 2026 – RENFORCEMENT DE LA SECURITE : La municipalité de Tivaouane durcit le contrôle des axes routiers
ITW - YUVAL WAKS (AMBASSADEUR D’ISRAËL AU SÉNÉGAL EN FIN DE MISSION) : “Il existe des divergences entre Israël et le Sénégal, mais...”
LA CONSTITUTION L’affaire de tous
RAPPORT OIM - ENTRE JANVIER ET JUIN 2026 : Les routes de la Méditerranée ont tué 1 065 personnes