Renforcer la cohésion sociale

Depuis longtemps, en termes de paix et de cohésion sociale, l'exception sénégalaise est saluée de tous. En cette période de Carême et de jeûne, une journée sur la cohésion nationale a été organisée pour célébrer la fraternité, rappeler la nécessité de préserver la paix, et demander aux jeunes de refuser que la politique soit source de division.
Une journée sur la cohésion nationale réunissant chrétiens et musulmans a été organisée ce week-end par Témoins. À l'occasion de cette célébration de la foi et de la fraternité, un panel a été organisé sur le thème de : ''La foi : premier pont et dernier rempart''.
Le journaliste Charles Faye fait partie de ceux qui ont animé le sujet. ''Notre histoire n'a pas été écrite par la haine. Elle a été façonnée par des Hommes de Dieu'', déclare-t-il, citant nos aïeux. Poursuivant, il rappelle que lorsque Jean-Paul II était au Sénégal, il a salué le fait qu'au Sénégal, le dialogue est une culture. La foi n'est pas que verticale, selon Charles Faye. Il invite les populations à être des artisans de paix et pas seulement des consommateurs.
''La paix se construit. Si ma religion me rend violent, ce n'est plus de la spiritualité. L'unité nationale n'est pas un miracle, elle est un salut. Elle commence dans la manière dont je regarde l'autre'', soutient le journaliste. Pour lui, un croyant qui propage la haine contredit ses propres textes sacrés. Il invite les jeunes à ne laisser personne utiliser leur foi pour alimenter leur colère.
Pour beaucoup, c'est la politique qui divise. ''Nous traversons des temps difficiles, des tensions, des incompréhensions, des divisions qui parfois nous éloignent les uns des autres. Mais ce soir, notre unité est plus forte que tout ce qui tente de nous diviser'', note Abdoulaye Ciss, initiateur de cet événement. ''La journée sur la cohésion nationale est un appel à se regarder à nouveau comme des frères et des sœurs ; un appel à se rappeler que lorsque l'essentiel est en jeu (la paix, la stabilité, l'avenir de notre jeunesse...), nous devons marcher ensemble'', ajoute-t-il.
Il souligne que le Sénégal mérite des moments comme cette période de jeûne et de Carême. Des moments où l'on met de côté les appartenances politiques, les rivalités et les calculs. Des moments où l'on se rappelle simplement que nous sommes un seul peuple. ''En cette période hautement symbolique — qui ne se produit que tous les 33 ans — où musulmans et chrétiens jeûnent le même jour, notre nation reçoit un message fort : celui de l'unité, du respect et du vivre-ensemble'', déclare Abdoulaye Ciss. C'est dans cet esprit qu'il a initié la journée de la cohésion nationale, un moment de communion et d'engagement collectif pour le pays.
Pour M. Ciss, cette convergence spirituelle, ce croisement du calendrier n'est pas seulement une coïncidence, mais plutôt un signe : ''Un appel silencieux à la vérité. Un rappel puissant que, malgré nos différences, nous partageons la même quête de sens et la même espérance pour notre nation''. Il note que le Sénégal est une terre particulière où chrétiens et musulmans vivent en harmonie dans la paix et la sérénité. Dans ce pays, selon Abdoulaye Ciss, la foi n'est pas un mur, mais un pont.
Le programme ''Sakhal Jam''
Moundiaye Cissé de l'ONG 3D soutient cette initiative. ''Nous n'avons pas hésité un seul instant à accompagner cette activité. Je peux dire que c'est un début de collaboration'', dit-il. L'ONG 3D a d'ailleurs un programme qui s'appelle ''Sakhal Jam''. Dans le cadre du programme, des personnalités du pays ont été identifiées pour en faire des ambassadeurs de la lettre. ''C'est un programme qui essaie de contribuer à construire notre cohésion sociale. Pour nous, la paix n'a pas de prix'', souligne Moundiaye Cissé.
Les Témoins invitent les jeunes à avoir la responsabilité de refuser la violence et la résignation, et la responsabilité surtout de préparer l'avenir. ''Aujourd'hui, au Sénégal, comme dans beaucoup de nations, une réalité s'impose à nous. La jeunesse représente l'immense majorité de notre population. Elle est notre énergie, elle est notre créativité, elle est notre espérance. Mais trop souvent, cette jeunesse est aussi confrontée aux doutes. Doutes sur son avenir. Doutes sur ses opportunités. Doutes sur sa place dans la construction nationale. C'est précisément pour cela qu'elle est le think tank Témoins'', déclarent les initiateurs, invitant les jeunes à être des témoins de leur époque, témoins des défis économiques, des fractures sociales, des inquiétudes et des aspirations de la jeunesse.
L'on précise qu'être témoin ne signifie pas regarder passer l'histoire. ''Être témoin signifie prendre la responsabilité de la transformer. Mais être témoin est aussi tout un espace de réflexion et d'action dédié à la jeunesse...'', dit-on.
L'ambition des Témoins est de créer une plateforme où la jeunesse intellectuelle, entreprenante, artistique, chercheuse et actrice de la société civile peuvent contribuer activement au débat national. Il s'agit aussi de transformer les préoccupations de la jeunesse en propositions concrètes ; transformer les idées en projets et en impacts réels. Parce que la jeunesse ne demande pas seulement des discours. Elle demande des perspectives.
BABACAR SY SEYE







