La communauté chrétienne se mobilise pour l’ouverture du nouveau cimetière de Falokh

En prélude à la fête de la Toussaint, célébrée le 1er novembre, la communauté chrétienne de Mbour a organisé, ce dimanche 26 octobre, une grande journée d’investissement humain au cimetière catholique de Mbour Sérère. Une action marquée par une forte mobilisation interconfessionnelle, mais aussi par un appel urgent à s’investir pour rendre opérationnel le nouveau cimetière de Falokh.
C'est devenu une tradition à Mbour. À quelques jours de la Toussaint, fidèles chrétiens, jeunes et moins jeunes, se sont retrouvés tôt le matin au cimetière catholique du quartier Mbour Sérère pour désherber, nettoyer, déblayer et assainir les allées et les tombes. Cette année encore, ils n'étaient pas seuls. Une importante frange de jeunes musulmans de la ville s'est jointe à l'initiative, pelles et râteaux à la main, dans un élan de solidarité qui force l'admiration et illustre parfaitement le modèle sénégalais de cohabitation religieuse.
Représentant les trois paroisses de la ville — Sainte-Marthe, Saint-André et Sainte-Élisabeth, dont les curés étaient empêchés pour des raisons pastorales —, le Père Alfred Gomis, missionnaire du Sacré-Cœur en mission à Gandigal et dépendant de la paroisse Saint-André de Mbour, a magnifié le geste : « C’est un geste à magnifier, parce que la mort est le pourquoi de la vie. Il ne faut pas attendre le dernier souffle pour faire le bien, il faut faire le bien à chaque moment. Le bien n’a pas de couleur, n’a pas de religion. On le constate bien ici avec la présence de nos frères musulmans venus prêter main-forte aux fidèles chrétiens mobilisés pour nettoyer tous les coins et recoins de ce lieu de sépulture. Dans la vie, ce qui importe le plus, c’est d’être humain. »
L'urgence de Falokh
L'occasion a également été saisie par les autorités ecclésiastiques locales pour lancer un cri du cœur : celui de l'érection urgente d'un mur de clôture pour le nouveau cimetière catholique de Falokh. Situé dans la commune de Malicounda, ce nouveau site d’une superficie de 1,2 hectare est censé supplanter celui de Mbour Sérère qui, aujourd'hui, a largement dépassé sa capacité d'accueil. Mais faute de moyens pour sa sécurisation, il reste inutilisable. Au-delà du nettoyage, l'urgence est désormais à Falokh.
Le Père Gomis a lancé un appel solennel à la mobilisation générale : « Faute de moyens, nous ne sommes pas encore en mesure d’enterrer nos morts dans le nouveau cimetière aménagé à Falokh, dans la commune de Malicounda. C’est pourquoi nous en appelons à la générosité de toutes les bonnes volontés, mais surtout à nos gouvernants, pour nous aider à clôturer ce cimetière. C’est devenu une urgence pour nous, car ce cimetière du quartier Mbour Sérère est déjà plein et nous n’osons pas encore enterrer quelqu’un dans le nouveau cimetière sans pour autant mettre les lieux en sécurité. »
Et de conclure : « Notre appel est donc lancé à l’endroit de tous pour mettre la main à la pâte afin que le cimetière soit clôturé et qu’on enterre nos morts dignement. » À Mbour, où le cimetière de Mbour Sérère ne peut plus contenir les sépultures, les fidèles espèrent que cet appel sera entendu avant que la situation ne devienne intenable.
Pape Mbar Faye






