Publié le 17 Oct 2013 - 14:30
COUPS ET BLESSURES VOLONTAIRES

Pour 45 000 F, la commerçante fracture la jambe de son amie

 

 

 «L’argent peut tuer des relations», dit-on souvent. Seynabou Mbathie et Fatou Mbodj semblent donner raison à cet adage. Amies depuis 15 ans, elles se regardent désormais en chiens de faïence, à cause de l’argent. Pour 45 000 francs Cfa, Seynabou Mbathie est en prison depuis plusieurs jours tandis que Fatou Mbodj traîne une fracture à la jambe droite.

A l'approche de la Tabaski, des vendeuses établies au marché de Boune avait initié une tontine avec une cotisation journalière de 750 francs Cfa. Seynabou Mbathie est chargée de la gérance. Les adhérentes avaient convenu de faire un tirage le 10 octobre courant. Seulement entre-temps, la dame Fatou Mbodj a eu un besoin pressant d’argent parce qu’un de ses enfants était malade. Elle en formule le besoin à la fille de Seynabou Mbathie. Selon ses dires, cela n’a pas plu à la gérante qui a refusé de lui donner les 45 000 francs. Alors, les deux dames se sont affrontées comme deux adolescentes...

Revenant sur la bagarre à l’origine de sa fracture, la partie civile a expliqué que la prévenue l’a insultée. C’est pourquoi «je l’ai giflée». En réplique à la gifle, Seynabou Mbathie lui a donné un coup sur la tête à l’aide d’un bâton avant de déchirer ses habits. A en croire toujours la victime, lorsqu’elle s’est retrouvée à terre, la prévenue s'est assise sur sa jambe. Entendue, Seynabou Mbathie nie avoir injurié la partie civile. Elle reconnaît juste s’être bagarrée avec elle. Et contrairement aux propos de la victime, elle déclare que celle-ci ne lui a pas confié l’argent mais il s’agit plutôt de l’argent de la tontine.

La représentante du parquet a jugé, elle, les faits constants avant de requérir six mois ferme. La défense a plaidé coupable en invoquant l’excuse de provocation. Le tribunal a mis l’affaire en délibéré au lundi prochain, 21 octobre. Une situation qui a plongé dans le désarroi les proches de Seynabou Mbathie mais également de nombreuses commerçantes, déçues de ne pas pouvoir entrer dans leurs fonds à cause de l’emprisonnement de la gérante de leur tontine.

 

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