Publié le 12 May 2026 - 22:39
DÉCÈS LIÉS AUX RISQUES PSYCHOSOCIAUX AU TRAVAIL  

Dans le monde, ils sont estimés à 840 000

 

Plus de 840 000 personnes meurent chaque année de pathologies liées à des risques psychosociaux, tels que les longues heures de travail, l’insécurité de l’emploi et le harcèlement sur le lieu de travail, renseigne l’Organisation internationale du Travail (OIT).

Le nouveau rapport de l’Organisation internationale du Travail (OIT) montre comment un travail mal conçu ou mal géré, notamment des exigences élevées, de longues heures de travail et l’insécurité de l’emploi, nuit à la santé des travailleurs et à l’économie.

Ces risques psychosociaux, selon le document, liés au travail, sont principalement associés aux maladies cardiovasculaires et aux troubles mentaux, y compris le suicide. "Les risques psychosociaux deviennent l’un des défis les plus importants pour la sécurité et la santé au travail dans le monde du travail contemporain", indique Manal Azzi, responsable de l’équipe de sécurité et santé au travail à l’OIT.

Le chiffre de plus de 840 000 décès par an repose d’abord sur la prévalence mondiale de cinq grands facteurs de risques psychosociaux au travail : la tension professionnelle (fortes exigences associées à un faible contrôle), le déséquilibre efforts-récompenses, l’insécurité de l’emploi, les longues heures de travail, ainsi que le harcèlement et les violences au travail.

1,37 % du PIB mondial perdu

La seconde source est constituée de travaux scientifiques démontrant comment ces risques augmentent la probabilité de pathologies graves telles que les maladies cardiaques, les accidents vasculaires cérébraux et les troubles mentaux, y compris le suicide. Ces résultats issus de la recherche scientifique trouvent un prolongement dans l’évaluation plus large de leurs impacts sanitaires et économiques.

Le rapport constate que les risques psychosociaux sont responsables de près de 45 millions d’années de vie ajustées sur l’incapacité perdues chaque année, reflétant les années de vie en bonne santé perdues en raison de maladies, de handicaps ou de décès prématurés.

Ils entraîneraient en outre des pertes économiques équivalentes à 1,37 % du produit intérieur brut (PIB) mondial chaque année. "De longues heures de travail, l’insécurité de l’emploi, des exigences élevées associées à un faible contrôle, ainsi que les violences et le harcèlement au travail peuvent créer des environnements de travail nocifs, s’ils ne sont pas correctement pris en compte", avertit l’OIT.

Une exposition généralisée

Le rapport définit l’environnement psychosocial de travail comme l’ensemble des éléments liés à l’organisation du travail et aux interactions professionnelles. Pris individuellement ou combinés, ces éléments influencent la santé et le bien-être des travailleurs, ainsi que la performance des organisations.

Si de nombreux risques psychosociaux ne sont pas nouveaux, les transformations majeures du monde du travail, notamment la numérisation, l’intelligence artificielle, le télétravail et les nouvelles formes d’emploi, redéfinissent l’environnement psychosocial de travail. Ces évolutions peuvent intensifier les risques existants ou en créer de nouveaux, si elles ne sont pas correctement encadrées. "Améliorer l’environnement psychosocial de travail est essentiel non seulement pour protéger la santé mentale et physique des travailleurs, mais aussi pour renforcer la productivité, la performance des organisations et le développement économique durable", insiste Mme Azzi.

En agissant de manière proactive pour traiter ces risques, conclut le rapport, les pays et les entreprises peuvent créer des environnements de travail plus sains, bénéfiques à la fois pour les travailleurs et les organisations, tout en renforçant la productivité et la résilience économique.

CHEIKH THIAM

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