Publié le 22 Nov 2012 - 12:32
CRISE AU MALI

Bazoum balance ATT, Konaré, Aqmi...

 

Devant la commission des affaires étrangères de l'Assemblée nationale, le 14 novembre à Paris, le ministre nigérien des Affaires étrangères, Mohamed Bazoum, s'est exprimé sur la situation au Mali. Et il n'a pas mâché ses mots.

 

Interrogé par les députés français sur la situation au Mali, le ministre nigérien des Affaires étrangères leur a expliqué que « [ses] frères maliens [avaient] toujours mal géré le problème touareg ». «Nous avons exactement le même type de revendications, portées par les mêmes acteurs, a-t-il développé, mais nous les avons gérées de façon totalement différente. [...] Eux, ils ont compté sur la corruption et les relations personnelles.»

 

Et d'ajouter : « Déjà, le président Alpha Oumar Konaré avait installé certaines habitudes nocives que le président Amadou Toumani Touré a parfaites par la suite. Elles consistent à concéder aux anciens rebelles certains territoires qu'ils contrôlent. [...] Ils les ont laissés se tailler des fiefs où ils se sont comportés comme des barons. Et quand ils les ont intégrés à l'armée, ils les ont autorisés à rester sur place, chez eux. » Dans des zones où, avec l'arrivée d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), « les trafics ont prospéré ».

 

"Il y avait un deal avec Aqmi"

 

Après l'installation des jihadistes, dès 2002, dans le nord du pays, le gouvernement malien se serait montré « particulièrement complaisant » avec eux. Il porte donc « une responsabilité énorme dans ce qui s'est passé ». Toujours selon Bazoum, « ATT était très fier de se montrer sur le perron de son palais en train de remettre d'anciens otages à leur pays.

 

Mais il y avait un deal avec Aqmi, qui enlevait des otages au Niger ou en Mauritanie avant de les emmener en territoire malien. Ces otages étaient ensuite libérés grâce à la médiation du président malien. Son émissaire était souvent Iyad Ag Ghali ». Autrement dit : le chef d'Ansar Eddine. À Dakar, où il vit depuis son renversement, en mars, les oreilles d'ATT ont dû siffler !

 

 

JeuneAfrique

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