Publié le 24 Jul 2026 - 13:06
THOMAS PESQUET À DAKAR  

L'envol de la filière spatiale !

 

Réunis ce jeudi au Théâtre national Daniel Sorano de Dakar, l’astronaute de l’ESA Thomas Pesquet et le directeur de l’Agence sénégalaise d’études spatiales (ASES), Maram Kairé, ont appelé à faire des technologies spatiales un moteur économique et un vivier de compétences pour l'Afrique de demain.

 

L’espace n’est plus une simple frontière d’exploration ou un luxe réservé aux grandes puissances. Ce jeudi, dans une enceinte du Théâtre national Daniel Sorano pleine, l’astronaute français de l’Agence spatiale européenne (ESA), Thomas Pesquet, a rejoint le directeur général de l’Agence sénégalaise d’études spatiales (ASES), Maram Kairé. Ensemble, ils ont porté un message fort auprès des élèves et étudiants venus en nombre : l’Afrique dispose des talents et de la détermination nécessaires pour devenir un acteur clé du secteur spatial.

Au contact d'une jeunesse passionnée, l’astronaute a salué une dynamique remarquable pour les disciplines scientifiques et techniques. « Je pense qu'il y a énormément d'énergie, il y a énormément de passion dans la jeunesse du Sénégal pour le spatial, j'espère aussi pour les métiers scientifiques et techniques. On a besoin de toutes les bonnes volontés, de tous les talents en Afrique, partout dans le monde, pour faire face aux challenges de demain », a affirmé Thomas Pesquet. Pour le spationaute, la construction d’une filière durable repose avant tout sur la formation locale et le renforcement des capacités : « C'est évidemment les filières scientifiques au lycée, c'est ensuite après le bac des filières soit de techniciens, d'ingénieurs, de chercheurs, de scientifiques, par des formations locales, par des échanges internationaux. Il faut aussi s'exposer à ce que font tous les autres pays et ensuite revenir ici développer cette filière-là. »

Cette vision est partagée par Maram Kairé, à la tête de l'ASES. Pour l’agence nationale, l’investissement dans les technologies de l'espace constitue une stratégie pour le développement du pays. « Quand vous faites du spatial, vous intégrez automatiquement beaucoup de secteurs techniques, que ce soit en termes d'ingénieurs ou de techniciens, mais qui sont nécessaires en fait pour porter le développement auquel nous aspirons », a expliqué Maram Kairé. Selon lui, l'utilisation des données et des compétences spatiales vient répondre directement aux priorités nationales. Dans le domaine agricole, elle permet l'optimisation des rendements, le suivi des sols et l'anticipation des aléas climatiques. Sur le plan de la santé et de l'éducation, elle facilite la télémédecine ainsi que le désenclavement numérique des zones rurales. Enfin, pour l'industrie nationale, ces technologies stimulent l'émergence d'experts locaux en robotique, en mécanique, en aérodynamique et en aérospatiale.

Au-delà des enjeux techniques, cet événement à Sorano visait à offrir des repères concrets aux jeunes générations pour leur prouver que les filières scientifiques leur sont ouvertes. « La science, elle est fondamentale et c’est le levier dont nous avons besoin pour notre développement. En utilisant le spatial, on a fait un tremplin pour pousser les jeunes au rêve. C'est extrêmement important. Cette activité s'inscrit dans cette dynamique : faire en sorte que les jeunes puissent se dire "c'est possible", donc je garde espoir », a insisté le directeur général de l'ASES.

Alors que les partenariats internationaux s'intensifient illustrés par l'implication du Sénégal dans les échanges autour des grands programmes mondiaux comme Artemis, l'ambition nationale demeure claire et assumée. « Nous sommes en train de travailler à ce que toutes les infrastructures soient nécessairement disponibles quand ces jeunes vont arriver après le bac. [...] La volonté politique est soutenue au plus haut niveau, et nous ne désespérons pas de voir notre pays devenir une nation spatiale très bientôt », a conclu Maram Kairé.

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