Le gouvernement mise sur la digitalisation, la lutte contre la fraude et l’inclusion

À quelques jours du démarrage des examens scolaires, le gouvernement a arrêté une série de mesures destinées à sécuriser les épreuves, renforcer la lutte contre la fraude et améliorer la prise en charge des candidats, notamment ceux en situation de handicap.
Réuni en Conseil interministériel consacré à la préparation des examens scolaires, le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Mouhamed Lo a également dévoilé plusieurs réformes appelées à transformer durablement l’organisation des évaluations nationales. Parmi les principales innovations de la session 2026 figurent la gestion du Certificat de fin d’études élémentaires (CFEE) avec délibération dans un délai de moins de dix jours, la suppression du concours d’entrée en Sixième, la digitalisation intégrale des procédures via la plateforme Anadole ainsi que le renforcement du dispositif de lutte contre la fraude. Ces réformes interviennent dans un contexte marqué par des résultats globalement en hausse lors de la session précédente. En 2025, le taux de réussite au CFEE a progressé de 5,2 points pour atteindre 70,73 %. Le BFEM a enregistré un taux de 78,59 %, en hausse de 4,65 points, tandis que les examens de la formation professionnelle et technique ont atteint 70,52 %, soit une progression de 2,49 points. Le baccalauréat demeure toutefois le principal sujet de préoccupation avec un taux de réussite de 47,62 %.
Pour la session 2026, l’État prévoit un renforcement de la sécurisation de l’ensemble de la chaîne d’organisation des examens, depuis la conception et le stockage des épreuves jusqu’à leur acheminement vers les centres. Une attention particulière sera accordée à l’environnement des centres d’examen. Les autorités entendent garantir l’approvisionnement en eau, la disponibilité de la connexion internet, la continuité de l’électricité ainsi que la prévention des inondations. La lutte contre la fraude constitue également un axe majeur. Les candidats seront davantage sensibilisés à l’interdiction des téléphones portables et autres appareils connectés dans les centres d’examen. Un dispositif de récupération sécurisée de ces équipements sera mis en place à l’entrée des centres.
Le gouvernement a également décidé d’autoriser certains candidats au baccalauréat, empêchés de composer en raison de difficultés liées à leur état civil et dont ils ne sont pas responsables, à participer à la session de remplacement prévue cette année. La question de l’état civil reste d’ailleurs au cœur des préoccupations des autorités. Plusieurs mesures sont envisagées pour accélérer les procédures d’obtention des documents administratifs nécessaires aux inscriptions et améliorer l’interconnexion entre les systèmes d’information de la justice, des collectivités territoriales et de l’éducation nationale. Des dispositions spécifiques ont été annoncées en faveur des candidats en situation de handicap. Les épreuves devront être adaptées selon les besoins : transcription en braille pour les non-voyants, agrandissement des caractères pour les malvoyants et application du tiers temps pédagogique. Les centres d’examen devront également mettre en place des dispositifs d’accueil et d’accompagnement adaptés afin de garantir l’accessibilité des épreuves.
Le gouvernement entend poursuivre la digitalisation du paiement des indemnités dues aux différents intervenants des examens, notamment les surveillants, correcteurs, examinateurs, secrétaires et superviseurs. L’objectif affiché est de permettre le versement des avances et le règlement intégral des indemnités dès la fin des examens. Au-delà de la session 2026, plusieurs réformes structurelles sont annoncées pour 2027. Parmi elles figure la révision du statut juridique de l’Office du Baccalauréat afin de lui accorder une autonomie administrative et financière. Les autorités prévoient également de poursuivre les travaux de réforme du baccalauréat dans le cadre de la refondation du système éducatif.
D’autres chantiers concernent la mise en place d’un dispositif d’évaluation de la qualité des examens professionnels, la suppression de certaines notes éliminatoires dans l’enseignement technique, la création d’un CFEE et d’un BFEM arabes ainsi que l’académisation du BFEM. Le gouvernement envisage aussi de revoir les conditions d’âge d’accès aux examens scolaires afin de mieux concilier inclusion des apprenants et valorisation des parcours d’excellence. Enfin, une augmentation et une sécurisation des ressources financières destinées à l’organisation des examens nationaux ont été annoncées, avec notamment l’ambition d’assurer l’impression des épreuves par les structures publiques spécialisées.
Mamadou DIOP






