Publié le 4 Aug 2026 - 15:26
132e ÉDITION DU MAGAL DE TOUBA- ACCIDENTS ET INDISCIPLINE

Makhtar Cissé sonne la fin du laisser-aller

 

Face aux drames des accidents, à l’anarchie et à l’indiscipline grandissantes, le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique bat le rappel des troupes et engage les forces de l’ordre à veiller au respect scrupuleux des règles et de l’espace public. Mouhamadou Makhtar Cissé présidait, hier, la cérémonie officielle de clôture du Grand Magal de Touba.

 

Les rideaux sont tombés sur la 132e édition du Magal de Touba. La cérémonie de clôture, qui s’est tenue hier sous la présidence du ministre de l’Intérieur, Mouhamadou Makhtar Cissé, a été marquée par les nombreux accidents qui ont émaillé cette édition 2026. Pour Makhtar Cissé, il est urgent de prendre en charge cette problématique afin de mettre un terme à ce carnage sur les routes.

« Il y a trop d’accidents dans ce pays et ce n’est pas une fatalité. Il n’est pas du tout normal qu’à chaque grand événement, il y ait autant d’accidents, avec leur lot de morts et de blessés », s’est-il désolé. De l’avis du ministre, l’heure n’est plus aux grandes réflexions, parce qu’il y en a eu beaucoup, avec notamment les assises, les états généraux, entre autres initiatives. « Tout a été fait, tout a été dit. Il ne reste qu’à mettre en œuvre les nombreuses recommandations issues des différents diagnostics.

Nous n’avons plus besoin ni de grands discours ni de réflexions, il nous faut maintenant des actes », a poursuivi Mouhamadou Makhtar Cissé, qui n’a pas essayé de se débiner : « Le président de la République a fait ce qu’il avait à faire, le Premier ministre également. Nous assumons pleinement nos responsabilités pour tous les impairs survenus dans l’organisation de ce Magal, y compris pour les accidents. »

La volonté de Cissé, c’est d’aller en croisade contre ces accidents qui reviennent chaque année lors des grands événements. Mais pour atteindre les objectifs fixés par le gouvernement, il faut aussi tenir un langage de vérité, a asséné le ministre. À son avis, le désordre et l’indiscipline sont deux maux qu’il faudrait absolument combattre pour se prémunir contre de tels drames : « On n’a même pas besoin d’être un expert pour savoir que ce qui se passe dans la circulation n’est pas normal. Il y a trop de laisser-aller et il faut que ça cesse. » Au-delà des accidents, il s’agit de lutter contre l’indiscipline sous toutes ses formes.

Le ministre engage les forces de l’ordre à se déployer pour changer le visage de nos villes et restaurer l’ordre. « Les Sénégalais, soutient-il, doivent pouvoir dormir en toute quiétude, vaquer à leurs occupations en toute tranquillité. Ce sont les forces de défense et de sécurité qui ne doivent pas dormir. Elles doivent veiller de jour comme de nuit pour assurer la sécurité des populations. L’insécurité a pris des proportions inquiétantes et ce n’est pas bon pour le pays. Nous devons tous nous mobiliser pour y mettre un terme. »

L’État, à en croire le ministre de l’Intérieur, a déjà donné des moyens dans ce sens. Non seulement il donne des moyens, mais il ne compte pas lâcher ses éléments qui s’inscriront dans cette démarche. « Nous leur demandons d’y aller et de nous faire confiance. Nous ne sommes pas des chefs de famille qui donnons des ordres et qui n’assumons pas quand il y a des problèmes. Il faut que vous fassiez ce qui est nécessaire pour remettre de l’ordre dans ce pays », fulmine-t-il avec force, avant de s’engager à échanger avec son homologue en charge de la Justice pour essayer d’harmoniser les conduites en matière de politique pénale.

L’État prêt à donner les moyens et à protéger ses hommes

Dans son intervention, le porte-parole du khalife général des mourides, Serigne Bassirou Abdou Khadre, a insisté sur la nécessité de faire régner l’ordre et la discipline pour lutter contre les accidents de la route. S’inclinant devant la mémoire des disparus, il déclare : « Nous exhortons les hommes de loi à veiller à la discipline et au respect des règles. Les gens ne se redresseront pas d’eux-mêmes, il faut qu’il y ait des dirigeants pour le faire.

Comme c’est de leur ressort, nous les exhortons à tout faire pour prévenir ces accidents, qui coûtent énormément en termes de vies humaines. Nous le disons également au ministre Mouhamadou Makhtar Cissé, puisque c’est sous sa responsabilité. » Ce dernier s’est aussi prononcé sur l’occupation anarchique de la voie publique et a donné des instructions fermes à ses hommes.

« Nous ne pouvons pas continuer dans ce désordre. La route, c’est pour les voitures, les trottoirs pour les piétons. Si on occupe les trottoirs, où vont passer les piétons ? Il faut plus d’organisation pour remettre de l’ordre dans ce pays. J’exhorte les forces de défense et de sécurité à ne ménager aucun effort dans ce sens », a-t-il souligné, leur promettant la garantie et la protection de l’autorité politique. Pour rappel, dans son dernier point de la situation établi dimanche à 18 heures, la Brigade nationale des sapeurs-pompiers estimait à 389 le nombre d’interventions impliquant 554 victimes, dont 533 assistées et 21 corps sans vie. « Parmi ces interventions, 239 sont relatives à des accidents de la circulation routière, occasionnant 495 victimes, dont 474 assistées et 21 corps sans vie », indique le bilan.

PAIX – PARDON – ENGAGEMENT

Le Président est un homme de parole

Le représentant du gouvernement est, par ailleurs, revenu sur l’appel à l’unité nationale du président de la République pour promouvoir la paix, la stabilité et le développement. Malgré la diversité des opinions, il a estimé qu’il est bien possible de travailler ensemble dans l’intérêt supérieur de la Nation. « Aujourd’hui, c’est le Sénégal en miniature qui s’est retrouvé ici, à Touba. Pourquoi ne pouvons-nous pas faire la même chose pour le développement de notre pays ? Cheikh Ahmadou Bamba, qui nous réunit ici, a enduré toutes sortes d’épreuves, notamment sur le chemin de l’exil. Et quand il en est ressorti avec tous les honneurs, il a pardonné à tout le monde et a rendu grâce à Dieu. »

Le Prophète (PSL) avait aussi fait de même après avoir subi toutes sortes d’épreuves. « Ce pays, nous ne pouvons le construire que dans l’unité et la concorde, malgré nos diversités. Et le moment venu, chacun peut avoir ses ambitions, aller briguer le suffrage des Sénégalais », a relevé le ministre.

Pour lui, le chef de l’État est profondément attaché à cette unité qu’il ne cesse de prôner. Parce que non seulement il a juré de veiller à la paix et à l’unité nationale, mais aussi parce qu’il sait que ce pouvoir qu’il a pris des mains d’un régime, un jour viendra où il le transmettra à d’autres mains.

Bassirou Diomaye Faye a rassuré le khalife qu’il ne comptait ménager aucun effort pour la matérialisation de tous ses engagements. « C’est quelqu’un qui tient beaucoup à ses engagements. Quand il prend un engagement, c’est parce qu’il a l’intention de le respecter, même s’il peut avoir des contraintes », a rassuré le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique.

MOR AMAR

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