Publié le 23 Sep 2020 - 23:00
IMPACT COVID SUR LES TPE, PME-PMI ET MPME

41 milliards F CFA de reports d’échéances accordés par les SFD

 

Le nombre de total des clients des systèmes financiers décentralisés (SFD) ayant bénéficié de reports d’échéances s’élève à 42 447 bénéficiaires pour un montant de 41,052 milliards F CFA, contre 7 000 clients environ pour les banques, en fin avril dernier. C’est ce qui ressort du rapport d’étude du mois d’août de l’Association des professionnels des SFD, sur les effets de la Covid-19 sur les activités de ces institutions de microfinance, transmis hier à ‘’EnQuête’’.

 

Comme tous les acteurs de l’économie, les institutions de microfinance n’ont pas été épargnées par la pandémie de Covid-19. Les résultats de l’étude de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) menée en juin dernier, ont montré de manière générale que les clients de la microfinance impactés par la pandémie de la Covid-19, sollicitant un report d’échéance, en ont bénéficié conformément à l’avis n°008-04-2020 du 27 avril 2020. D’après le rapport de l’Association des professionnels des systèmes financiers décentralisés (APSFD), cette étude vient corroborer leurs constats, dans le cadre de l’enquête qu’elle a menée auprès de ses membres.

‘’Le nombre total des clients ayant bénéficié de reports d’échéances s’élève à 42 447 bénéficiaires pour un montant de 41,052 milliards F CFA, contre 7 000 clients environ pour les banques. Ceci dénote de la portée et de l’impact de la contribution de la microfinance dans la résilience des micros petits et moyens entrepreneurs et le soutien de la consommation intérieure’’, informe le document transmis hier à ‘’EnQuête’’.

Par particuliers, l’APSFD indique qu’il faut entendre les particuliers entrepreneurs qui empruntent pour financer leurs activités productives. Concernant la répartition selon les secteurs d’activité, le rapport de l’Association sénégalaise des professionnels des SFD note que ‘’le commerce, réparation de véhicules automobiles et d'articles domestiques’’ a plus sollicité de reports d’échéances.

La même source signale cependant que les SFD sont également confrontés au ‘’non-respect’’ de leurs engagements auprès des bailleurs et banques commerciales, compte tenu de la baisse d’activités du secteur de la microfinance. ‘’Les ressources financières des SFD, constituées généralement des emprunts contractés auprès des fonds étatiques, des banques commerciales, des bailleurs sociaux et autres partenaires financiers, obéissent à des paiements périodiques que les SFD doivent impérativement respecter vis-à-vis des créanciers et bailleurs. La crise liée à la pandémie a engendré une réduction des produits financiers issus de la production de crédit et d’autres activités dérivées, mettant ainsi des SFD dans des situations d’incapacité d’honorer leurs engagements’’, renchérit le rapport.

Il convient de signaler qu’à part les fonds étatiques qui occupent moins de 4 % des refinancements, certains SFD n’ont pas bénéficié de report d’échéances auprès de leurs bailleurs. Et l’APSFD explique que ceci a accru d’autant le gap de liquidité.

Par ailleurs, les données recueillies auprès des membres de l’association ont révélé aussi que les SFD de moyenne et petite taille empruntent plus auprès des fonds étatiques, soit 38 % des fonds prêtés par l’Etat aux SFD. Quant aux SFD de grande taille, ils s’endettent en grande partie au niveau des bailleurs de fonds et banques commerciales.

Doter le secteur de ressources stables et longues

L’enquête s’est aussi intéressée à la relance de l’activité de la microfinance post-Covid-19. C’est dans ce contexte que les SFD ont procédé à une évaluation de leurs besoins en liquidité sur trois points clés. Il s’agit de l’exploitation, de la production de crédit et l’engagement pour relancer les activités génératrices de revenus au niveau des secteurs d’activité de l’économie nationale.

Par rapport aux besoins, en termes de ressources financières exprimées par les SFD, la production de crédit et les charges d’exploitation occupent une part importante, soit respectivement 74 % et 15 % de la totalité des besoins en liquidité.

‘’Compte tenu de ce qui précède, et au regard de l’importance du secteur de la microfinance dans l’économie réelle des populations sénégalaises, nous proposons de doter le secteur de ressources stables et longues permettant aux SFD de contribuer à la relance de leurs activités de production de crédit, la relance des activités économiques des acteurs du secteur dit informel, qui constituent essentiellement ses clients-membres et qui ne peuvent pas accéder au crédit bancaire, la relance des activités des petits producteurs ruraux dans l’agriculture, la pêche, l’élevage, etc.’’, lit-on dans le document.

L’APSFD estime que cette enveloppe servira également au maintien et à la consolidation des activités des toutes petites entreprises (TPE), des petites et moyennes entreprises/industries (PME/PMI) et des micro et petites et moyennes entreprises (MPME) dans des secteurs prioritaires de l’économie nationale.

Pour relever ‘’considérablement’’ le niveau d’inclusion financière des populations et renforcer le niveau de financement de l’économie nationale, l’association suggère la mise à leur disposition d’une ligne de refinancement d’au moins 90 milliards F CFA à des ‘’taux avantageux’’ ne dépassant pas 2 % au plus et la mise en place d’une ligne de garantie.  

Les professionnels des institutions de microfinance préconisent également, dans leur document, la mise en place et opérationnalisation du Fonds national de la microfinance (Fonamif) pour permettre une intervention directe de l’Etat en prêt sénior pour ligne de garantie par rapport à la levée de fonds auprès des banques locales et l’intervention directe de l’Etat en prêt subordonné. Ceci afin d’aider les acteurs à renforcer leur capitalisation et leur capacité à allouer des financements aux acteurs de l’économie sociale et solidaire. Mais aussi la prise en compte de la microfinance comme secteur prioritaire du Programme de relance économique et social du gouvernement leur permettant de relever le niveau d’attractivité des SFD en les modernisant et en les professionnalisant.

MARIAMA DIEME

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