Publié le 22 Jun 2018 - 17:11
INSTITUT AFRICAIN POUR L’ONCOLOGIE PEDIATRIQUE

Le salut pour les enfants atteints de cancer

 

L’Institut de formation en oncologie pédiatrique a été inauguré hier à Dakar. Premier en Afrique subsaharienne, il permettra de mieux prendre en charge les enfants atteints de cancer dans le continent.

 

Chaque année, au Sénégal, il est attendu entre 600 et 800 nouveaux cas de cancer chez l’enfant. Et beaucoup sont issus de familles très modestes. Face à ces défis, le Groupe franco-africain d’oncologie pédiatrique (Gfaop), en partenariat avec la Fondation Bms, a créé l’Institut de formation en oncologie pédiatrique à Dakar (Lafop). Cette structure formera, pour le continent, le personnel de soins nécessaire à la prise en charge des enfants et les spécialistes pluridisciplinaires prenant en charge les enfants atteints de cancer. Elle va œuvrer également à la sensibilisation du personnel de santé et le grand public sur le diagnostic précoce des cancers de l’enfant. Cette institution, indique un communiqué parvenu à ‘’EnQuête’’, aura une vocation sous-régionale, afin d’œuvrer au sein des 15 pays de l’Afrique subsaharienne, actuellement membres du Gfaop.

Selon un spécialiste, l’ensemble des pays d’Afrique subsaharienne font face à un certain nombre de défis. Il s’agit, entre autres, du manque de formation initiale, de perfectionnement et de formation certifiée, notamment en ce qui concerne le personnel infirmier, le peu de formation pour d'autres spécialistes impliqués dans les soins des enfants atteints de cancer (chirurgiens, pathologistes, anesthésistes, radiologues, radio-oncologues, pharmaciens...) pour une pluridisciplinarité efficace, le diagnostic tardif du cancer pour au moins 40 % des enfants qui atteignent une unité. Inauguré hier, cet institut va permettre de réduire la mortalité due à ces pathologies.

Selon le texte, l’Unité d’oncologie pédiatrique (Uop) de l’hôpital Aristide Le Dantec, créée en 2000 avec l’appui du Gfaop, avait comme principal objectif de développer des protocoles de traitement des cancers de l’enfant au Sénégal, d’organiser les soins, de former le personnel et de développer la recherche. Mais elle est actuellement la seule unité spécifique de prise en charge des enfants au Sénégal. ‘’En 2017, 221 enfants venant de différentes zones du Sénégal et d’autres pays de la sous-région ont été soignés au sein de l’Uop. Le taux de guérison varie de 51 à 74 %, selon le type de cancer. Ces résultats, certes encourageants, ne concernent encore que le quart des enfants atteints d’un cancer au Sénégal. La qualité de vie de l’enfant et de sa famille durant le traitement et la qualité de vie adulte de ces enfants guéris sont l’objectif premier de l’ensemble de l’équipe de soins de l’Uop de Le Dantec. Donc, l’institut vient à son heure’’, peut-on lire dans le communiqué. Cet institut de formation en oncologie pédiatrique est le premier en Afrique subsaharienne.

Selon le texte, dans le monde, plus de 400 000 enfants sont ainsi diagnostiqués de cancer chaque année. Quatre-vingts pour cent des enfants atteints vivent dans des pays à faible revenu. Cette maladie constitue une charge énorme pour les malades, les familles et les sociétés. Il s’agit de l’une des premières causes de mortalité dans le monde. La mortalité par cancer est proportionnellement plus élevée en Afrique qu’ailleurs dans le monde. Les cancers représentent déjà entre 10 et 20 % des pathologies sur le continent africain. Les cancers des enfants de moins de 15 ans représentent 4 à 6 % contre 0,5 % dans les pays occidentaux. Ainsi, près de 40 000 enfants atteints chaque année d’un cancer vivent en Afrique.

‘’Les infections causées par certains virus, bactéries ou parasites sont des facteurs de risque importants dans certains cancers. Ainsi, en Afrique, 26 % des cas de cancer ont une origine infectieuse’’. Si les taux de survie ont beaucoup augmenté dans les pays à revenu élevé, atteignant aujourd’hui en moyenne 80 % et jusqu’à 95 % pour certains cancers (Burkitt, rétinoblastome), dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, les taux de survie reste beaucoup plus bas, ne dépassant pas 10 % dans certains pays. Ce, en raison d’un diagnostic tardif, du peu de médecins formés à l’oncologie pédiatrique, de la méconnaissance des soignants et de la population des signes révélateurs des cancers de l’enfant, de l’insuffisance des possibilités de traitement et aussi de la fréquence des abandons de traitement, notamment pour des raisons économiques.

VIVIANE DIATTA

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