Publié le 14 Jan 2026 - 19:43
LUTTE CONTRE LES VBG

La CNDH et l’Institut des inégalités de Catalogne misent sur le partage des bonnes pratiques

 

La Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) et l’Institut des inégalités de la Catalogne, une des 17 communautés autonomes d’Espagne ont souligné, mardi, l’importance de la coopération bilatérale dans la lutte contre les violences basées sur le genre (VBG), à travers l’échange des bonnes pratiques, a constaté l’APS. Les deux parties se sont rencontrées, à Dakar, lors d’un atelier de partage d’expériences, qui a enregistré la participation de magistrats, d’avocats, de greffiers, de travailleurs sociaux, d’experts juridiques et de représentants institutionnels du Sénégal et de la Catalogne.   Soulignant le sens de la rencontre dont l’objectif est de proposer des solutions concrètes à la problématique des VBG, la présidente de la CNDH, Amsatou Sow Sidibé a indiqué que ‘’ce partage d’expériences permet [également] de reconnaitre les limites et d’apporter des réponses plus humaines’’.

Selon elle, la lutte contre les violences basées sur le genre est une responsabilité à la fois ‘’individuelle’’ et ‘’collective’’, et que la coopération ne peut être ‘’bénéfique pour nos deux institutions’, la CNDH et l’Institut des inégalités de la Catalogne. Elle a ainsi invité les participants à l’atelier à une ‘’justice centrée sur les survivantes, qui protège avant de sanctionner ’’par méthodes de prise en charge coordonnées”, plaidant également pour un ‘’investissement accru’’ dans le renforcement de capacités de tous les acteurs intervenant dans la prise en charge des victimes de VBG.   ‘’Aucune survivante ne doit se sentir seule par rapport à la justice. Les VBG ne sont pas des faits divers qu’on a tendance à banaliser. Elles détruisent des vies, fragilisent des familles et compromettent la cohésion sociale’’, a affirmé le professeur de droit.

Si dans la pratique, la question : ”le système judiciaire protège-t-il les femmes?”  est souvent posée, c’est parce qu’elle est corrélée à ‘’l’existence d’obstacles majeurs persistants comme des lois inconnues et des procédures judiciaires complexes, et une insuffisante de concertation entre les acteurs’’, a-t-elle estimé. Pour Lauren El Vira, membre de la délégation de l’Institut des inégalités de Catalogne, les VBG, qui peuvent toucher toutes les femmes, constituent un phénomène provenant des inégalités. ‘’Cent cinquante féminicides ont été recensés par l’Institut des inégalités de la Catalogne. Les connotations des violences sont passées de type familial, conjugal à machiste’’, a-t-elle souligné, prônant des partenariats solides et une politique soudée afin de renforcer les structures d’accueil des victimes.

De son coté, le directeur des droits humains, Julien Ngane Ndour, a relevé que ‘’dans un monde en constante mutation, nos institutions judiciaires sont appelées à s’adapter, à innover et à se renforcer’’. Il a ainsi affirmé que la coopération bilatérale entre le Sénégal et la Catalogne, bien qu’encore émergente, ouvre des perspectives prometteuses. Les défis, selon lui, sont nombreux et portent l’accès à la justice pour les plus vulnérables, la lutte contre les inégalités, l’indépendance des magistrats, l’efficacité des procédures, la protection des droits humains, etc. ‘’Ne connaissant pas de frontières, ces défis nous concernent tous et c’est ensemble que nous devons les relever’’, a lancé le directeur des droits humains.

APS

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