Le Bâtonnier saisi par l’ancien ministre

Interpellant le Bâtonnier, l’ex-ministre et avocat Me Moussa Bocar Thiam invoque un vice de procédure constitutionnel et dénonce une « absence de base légale » pour sa traduction devant la Haute Cour de Justice.
Malgré sa mise en accusation récente, le maire de Ourossogui entend continuer le combat en se plaignant auprès de ses pairs. Me Moussa Bocar Thiam, ancien ministre de la Communication, a officiellement saisi le Bâtonnier de l’Ordre des avocats ce mardi pour obtenir un avis défavorable qu'il qualifie de « veto » contre les poursuites engagées par l’Assemblée nationale. En sa qualité d’avocat inscrit au barreau, Me Thiam rappelle une règle d'or de la profession selon laquelle aucun conseil ne peut être inquiété sans la consultation préalable de son pair en chef. « J’ai demandé au Bâtonnier de veiller au respect strict de cette formalité dirimante et de décerner un avis défavorable », martèle-t-il dans sa saisine, invoquant une violation directe des droits de la défense et de la Constitution.
Le cœur de l'argumentation repose sur un imbroglio législatif majeur, puisque selon lui, l’Assemblée nationale aurait agi dans un vide total suite à une décision du Conseil constitutionnel en juillet 2025. « Le Règlement Intérieur en vigueur [...] a manifestement omis de légiférer sur la Haute Cour de Justice. Aucune disposition ne prévoit ni la procédure de saisine, ni la composition, ni le renouvellement », précise le document transmis au Bâtonnier pour démontrer que la mise en accusation est de fait « irrégulière ».
L’autre point de friction concerne la présence de membres de la Haute Cour lors des débats parlementaires, car Me Thiam pointe du doigt la participation du député Abdou Mbow, en dépit de l’article 18 de la loi organique de 2002. « En omettant délibérément d’empêcher les membres de la Haute Cour de prendre part aux débats, l’Assemblée nationale ne saurait légalement délibérer », assène-t-il pour invalider la délibération de l'hémicycle.
Sur le fond du dossier, Me Moussa Bocar Thiam rejette en bloc les soupçons de malversations financières liés au Sénégal Connect Park avec des arguments catégoriques. « Tous les acteurs ont contesté fermement que le ministre ait bénéficié de quelconques fonds. Aucune trace d’opération n’a été recensée dans mon compte », conclut-il pour balayer les accusations de détournement de deniers publics.
Désormais, les yeux sont rivés sur la Maison de l'Avocat, car la décision du Bâtonnier pourrait soit valider la procédure parlementaire, soit créer un précédent juridique inédit en bloquant la machine déjà enclenchée.
M. DIOP







