Journée de la femme

"Faire progresser les droits, la justice et l'action pour toutes les femmes et filles dans le contexte du changement climatique et des transitions écologiques en Afrique de l'Ouest". Tel était le thème hier de la célébration de la Journée Internationale de la Femme par la CEDEAO au Sénégal. Venu présider cette rencontre, la commissaire en charge du développement humain et des affaires sociales de la commission de la CEDEAO, a confié qu'ujourd'hui, des progrès considérables ont été réalisés en renversant les barrières, en déconstruisant les stéréotypes et en montrant la voie du progrès vers un monde plus juste et plus égalitaire. Cependant, selon Fatou Sow Sarr, les femmes et les jeunes se heurtent toujours à d'immenses obstacles. Des millions de femmes et de jeunes sont marginalisées et font face à l'injustice et à la discrimination, mais particulièrement à la violence qui persiste encore de nos jours.
Selon elle,le thème, appelle à l'action pour démanteler les obstacles structurels à une justice équitable, comme les lois discriminatoires, les protections juridiques insuffisantes, les pratiques et normes sociales néfastes qui freinent l'avancée en matière de droits pour les femmes et les jeunes de notre région. C'est dans ce contexte que la Commission de la CEDEAO, s'inscrivant sur ce thème, a choisi de mettre l'accent sur un sous-thème portant sur "Faire progresser les droits, la justice et l'action pour toutes les femmes et filles dans le contexte du changement climatique et des transitions écologiques en Afrique de l'Ouest".
"Les femmes et les filles, en particulier celles des communautés vulnérables au climat et marginalisées, continuent de faire face à des barrières structurelles et juridiques qui restreignent leurs droits, leur accès à la justice et contraignent leur capacité à agir en tant que leaders locaux dans les secteurs de l'action climatique et de l'économie verte. En effet, l'Afrique de l'Ouest est une région particulièrement vulnérable aux effets du changement climatique et selon les prévisions climatiques actuelles, notre espace régional sera très affecté encore par les changements climatiques et les femmes et les jeunes resteront disproportionnellement touchés par ce phénomène notamment en termes de dégradation environnementale, de catastrophes et de déplacement. Au vu de toutes ces difficultés et malgré le rôle essentiel des femmes et des filles dans l'adaptation et l'atténuation au changement climatique, il a été constaté que les lois, les politiques et les cadres stratégiques nationaux pour la gouvernance du climat, de l'environnement et des risques de catastrophe continuent de ne pas reconnaître et intégrer leurs besoins de manière systémique" a-t-elle indiqué.
L'action climatique et les transitions écologiques selon elle, offrent à la fois des risques et des opportunités pour les femmes et les filles en Afrique de l'Ouest. Pour garantir que ces processus soient inclusifs et justes, il est essentiel de mettre l'accent sur des politiques climatiques et environnementales, des mécanismes de financement et des stratégies de transition qui prennent en compte les inégalités d'accès à la terre, aux ressources productives, à la technologie, aux compétences, à la prise de décision, ainsi qu'aux financements climatiques et verts et c'est dans cette perspective que la CEDEAO en collaboration avec ONU Femmes soutient les États membres de la CEDEAO à développer et mettre en œuvre des cadres et programmes juridiques et politiques sensibles au genre afin de promouvoir les droits des femmes et des jeunes et de renforcer leur accès à la justice climatique afin de leur permettre de participer pleinement aux transitions vertes et à l'action climatique.
Dans le cadre de ces efforts, le CCDG et ONU Femmes ont conjointement lancé en 2025 la Communauté de pratique ouest-africaine sur le genre et l'économie verte, en tant que plateforme régionale pour le dialogue, le renforcement des capacités, l'apprentissage par les pairs et le partage des meilleures pratiques entre les États membres et les parties prenantes. Des politiques hardies ont été mises en place par la CEDEAO en collaboration avec ses États membres et ses partenaires. Il s'agit de l'adoption en 2019 de la Stratégie et le Plan d'Action Genre 2020-2030 de la CEDEAO pour la Réduction des Risques de Catastrophe et l'adoption d'une Feuille de Route sur les Femmes et le Changement Climatique par les ministres de la Femme et du Genre des États membres de la CEDEAO. Cette feuille de route mise en œuvre conjointement avec ONU Femmes, a permis de mener une série d'activités visant à promouvoir une dimension genre plus forte dans la transition vers l'économie verte et les politiques de transition verte en Afrique de l'Ouest. Il s'agit selon elle, d'une cartographie des emplois verts, de l'organisation de dialogues virtuels sur femmes et emplois verts en Afrique avec les organisations de la société civile et d'un dialogue régional sur « Femmes et Transition vers l'économie Verte en Afrique de l'Ouest ».
De son côté, Zelma Yolande Nobre Fassinou, représentante de la CEDEAO au Sénégal a précisé qu'en Afrique de l'Ouest, les impacts du changement climatique et les transitions écologiques accentuent ces vulnérabilités, alors que les politiques climatiques restent trop souvent aveugles au genre et pourtant, les femmes sont au cœur de la résilience climatique, de la gestion des ressources naturelles et de la transformation économique. Il est donc essentiel de garantir leurs droits, de lever les obstacles juridiques et financiers, et de leur assurer un accès équitable à la justice, aux ressources productives et aux financements verts.







