Publié le 2 Mar 2026 - 16:02
MUSÉE DES CIVILISATIONS NOIRES  

Une situation bizarre

 

C’est une situation étrange qui secoue le Musée des civilisations noires. Sadibou Konaté dénonce un licenciement abusif au sein de ce lieu emblématique.

 

Une folle histoire au Musée des civilisations noires. On assiste à un licenciement qui s’apparente à un règlement de comptes. Sadibou Konaté, précédemment Responsable des Ressources humaines au sein du MCN, dénonce la rupture de son contrat, qui, selon lui, ne repose sur aucune cause réelle et sérieuse. Il explique avoir fait l’objet d’une série de mesures visant à modifier son statut et ses attributions, à la suite de l’installation du nouveau directeur général, Mouhamed Abdallah Ly, le 11 septembre 2024. Ce, malgré son profil de gestionnaire et contrôleur des services sociaux et son "expérience confirmée".

"Le 19 novembre 2024, l'employeur a décidé unilatéralement de m'affecter au Service de l'Éducation pour prendre en charge un volet social", explique Sadibou Konaté, par rapport à cette modification "unilatérale" de son contrat. Pour lui, cette décision ne se limitait pas à réorganiser ses conditions de travail; elle modifiait son contrat de façon substantielle ». Il décrit un changement de qualification : passage d'un poste de gestion administrative (RRH) à des tâches d'itinérance sociale (visites de prisons, hôpitaux, etc.). !!

Il s’agit aussi, selon lui, d’un déclenchement fonctionnel. "Mes nouvelles tâches ne correspondent ni à mon grade de recrutement, ni aux clauses de mon contrat de travail", explique-t-il. Contacté, il précise : "La direction a voulu faire du forcing en ne tenant pas compte du contrat qui stipule que l'employé occupera le poste de Responsable des Ressources humaines, et on m'affecte au service de l'éducation pour faire le tour des écoles. J'avais refusé de signer l'avenant pour la modification de mon contrat."

Ainsi, il souligne que, selon la jurisprudence constante du travail, "le refus par un salarié d'une modification substantielle de son contrat ne constitue pas une faute, encore moins une insubordination". C'est à l'employeur, s'il persiste, de prendre la responsabilité de la rupture. Nous avons des traces de la volonté de la direction de modifier les missions, qui apparaissent à travers une demande d'explication.

"Le licenciement prononcé par le Directeur Général est motivé par un prétendu ‘refus de coopération’ et une ‘insubordination’. Or, ces motifs ne sont que la conséquence directe de mon refus légitime de voir mon contrat modifié sans mon consentement", déplore Sadibou Konaté. Il dit vivre une situation désastreuse, d'autant plus qu'on lui demande de faire de l'itinérance pour quelqu'un qui a été recruté comme RH. "Désolant qu'on me traite d'insubordonné", dit-il.

Par ailleurs, il renseigne que l'employeur s'appuie sur des rapports d'audit (Cabinet Sorex S.A) non contradictoires, au cours desquels il n'a jamais été entendu, "violant" ainsi les principes élémentaires du droit à la défense.

Sur les activités du service de l’Éducation, M. Konaté renseigne que lors de la réunion du jeudi 12 février 2026, la situation a été clarifiée par le Chef de service lui-même : "Les démarches auprès de l’Administration pénitentiaire et de la Direction de l’Éducation surveillée sont avancées". Quant au blocage actuel, il estime qu’il ne lui est pas imputable : "Nous sommes dans l'attente du feu vert de la coordonnatrice des centres, à qui il incombe d'informer les directeurs et de coordonner les visites. Sans cette validation hiérarchique, aucune action de terrain ne peut être forcée."

À cet effet, M. Konaté a saisi l’inspecteur régional du Travail et de la sécurité sociale pour dénoncer, entre autres, le caractère abusif de la rupture de son contrat. Il sollicite son intervention pour : "constater l'abus de droit commis par la DG du MCN" et préciser le montant des indemnités dues (indemnité de licenciement, indemnité de préavis, dommages et intérêts pour rupture abusive).

Par ailleurs, il y a le cas d'Awa SAMB dont le salaire est suspendu. En position de stage au Canada, elle dispose d'un avenant à son contrat CDI en bonne et due forme. L’avenant, signé par Hamady Bocoum en 2023, l’autorise à suivre une formation doctorale en ethnologie et patrimoine à l'université de Laval, Québec, au Canada.

Nous avons tenté de joindre le DG pour recueillir sa position, en vain. Au-delà des appels téléphoniques, un message écrit lui a été adressé. À ce jour, nous n'avons obtenu aucune réponse.

BABACAR SY SEYE

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